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Casse du Louvre : retrouvez l’essentiel de l’audition de Jean-Luc Martinez, l’ancien président, devant le Sénat

Casse du Louvre : retrouvez l’essentiel de l’audition de Jean-Luc Martinez, l’ancien président, devant le Sénat

Les sénateurs auditionnaient, ce mardi 16 décembre, plusieurs responsables de la précédente direction du musée, parmi lesquels Jean-Luc Martinez, qui a piloté le Louvre de 2013 à 2021. Les élus cherchent à faire la lumière sur les conditions de sécurisation du musée et de ses collections, deux mois après le vol d’une partie des bijoux de la couronne. Selon l'ancien président du Louvre, la prévention du vol n'a pas été négligée.
Romain David

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La mission de contrôle du Sénat autour du cambriolage du Louvre poursuit ses travaux.  Ce mardi 16 décembre, la commission de la culture a auditionné les principaux membres de la précédente direction du musée, parmi lesquels Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre de 2013 à 2021.

Le vol rocambolesque d’une partie des bijoux de la couronne de France, le 19 octobre, a soulevé de vives interrogations sur la sécurisation du plus grand musée du monde et de ses collections. Ce cambriolage intervient alors que le personnel a multiplié les alertes ces dernières année sur la vétusté des bâtiments et des installations techniques. Ce lundi, le Louvre est resté fermé du fait d’une grève reconductible de ses agents contre la dégradation de leurs conditions de travail, votée à l’unanimité après l’appel de l’intersyndicale.

Les sénateurs ont déjà entendu Laurence des Cars, actuelle président-directrice du Louvre, le 22 octobre, et l’auditionneront à nouveau le mercredi 17 décembre. La semaine dernière, c’était au tour des responsables de l’enquête administrative diligentée par Rachida Dati, la ministre de la Culture, enquête qui a mis au jour de nombreux dysfonctionnements.

Outre Jean-Luc Martinez, ont également été entendus ce mardi :

  • Denis Fousse, ancien directeur de l’accueil du public et de la surveillance du musée du Louvre
  • Maxence Langlois-Berthelot, ancien administrateur général du musée du Louvre
  • Laurent Le Guédart, ancien directeur du patrimoine architectural et des jardins du musée du Louvre
18h23

 L’ancienne direction du Louvre est interrogée sur la sécurisation de la galerie d’Apollon

Le président de la commission Laurent Lafon interroge l’ancienne direction du musée, au sujet de la fragilité de la fenêtre, élément de vulnérabilité identifié dans l’audit mené en 2018 par le joaillier Van Cleef et Arpels.
« On a considéré que si on mettait en place toutes les préconisations sur les vitrines et si on mettait en place toutes les préconisations – ce qui a été fait c’est un renforcement des alarmes sur la vitre et sur la grille intérieure – on arrivait à un niveau de sûreté satisfaisant », réagit l’ancien président-directeur, Jean-Luc Martinez.
Denis Fousse, ancien directeur de l’accueil du public et de la surveillance du musée du Louvre, complète en indiquant que cette galerie est particulièrement à risque sur le plan incendie, par ailleurs. « C’est certainement l’endroit où il y a une charge calorique la plus importante du musée, ce n’est que du bois ancien verni doré. Donc il y a un risque d’incendie avec un embrasement généralisé extrêmement rapide ». Pour cet ancien responsable, il faut « garantir que les pompiers n’ont aucune gêne pouvoir intervenir ». Et d’ajouter que ces types d’accès pensés pour les soldats du feu « sont des points de vulnérabilité de tous les établissements recevant du public ».
17h19

« Il y a bien un schéma directeur de sûreté qui est engagé » en 2021

Denis Fousse, l’ancien directeur de l’accueil du public et de la surveillance du musée du Louvre, a pris ses fonctions en septembre 2018 et est parti à la retraite en septembre 2024 après les Jeux Olympiques. « On a organisé un tuilage qui a duré plus de 6 mois », a-t-il tenu à préciser. Puis il indique que lorsque Laurence des Cars prend ses fonctions en septembre 2021 « il y a bien un schéma directeur de sûreté qui est engagé. Il répond à des recommandations de l’audit de 2017 », assure-t-il. Il s’agit ici d’un audit de l’institut national des hautes études de la sécurité et de la justice qui recommandait notamment la création d’un poste de responsable de la sécurité, un poste finalement créé il y a quelques semaines après le cambriolage.

Lorsqu’il était en poste, « c’était l’administrateur adjoint qui pilotait le cercle de sécurité », a-t-il indiqué justifiant le retard notamment par la crise sanitaire du Covid 19. »

17h13

« Aucun d’entre nous n’avait conservé le rapport Van Cleef & Arpels »

Laurent Lafon, le président de la commission de la culture, s’interroge sur les lacunes de l’avant-projet de sûreté, tel que laissé par les équipes de Jean-Luc Martinez à ses successeurs. En effet, lors de son audition devant le Sénat et l’Assemblée nationale, Laurence des Cars a indiqué que les travaux entamés par ses prédécesseurs pour la mise en place d’un nouveau schéma-directeur de sûreté lui avait semblé insuffisants sur deux points : la création d’un nouveau PC central et le développement du système « d’hypervision », au point de relancer des études au printemps 2022.

« ‘Relancer des études’ n’est peut-être pas le terme adapté », a voulu nuancer Laurent Le Guédart, ancien directeur du patrimoine architectural et des jardins du musée du Louvre. « Je l’utilise car c’est celui utilisé par la présidente du Louvre », a tenu a précisé Laurent Lafon. Devant les élus, Laurent Le Guédart a reconnu un certain nombre « d’ajustements », notamment le déplacement du poste de commandement qui devait initialement être installé dans le pavillon de Flore, le long des quais, une zone particulièrement sensible. « Nous avons réétudiés cinq scenarii ». Par ailleurs, le coût estimé du déploiement de ce schéma-directeur aurait également poussé la nouvelle direction « à faire intervenir un prestataire supplémentaire, afin de questionner ce coût ».

Également interrogé sur le devenir de l’audit privé sur la sécurité réalisé en 2018 par le joaillier Van Cleef & Arpels, dans lequel il est notamment question de la galerie d’Apollon où ont été volés les bijoux de la couronne, et dont la direction actuelle du Louvre a indiqué n’avoir jamais eu connaissance jusqu’au vol du 19 octobre, Jean-Luc Martinez répond : « Aucun d’entre nous [les membre de la précédente direction] ne l’avait conservé ». « C’est Jannic Durand [l’ancien directeur du département des Objets d’art] qui a commandé cet audit avec la volonté d’avoir un cahier des charges pour les vitrines. C’était un mécénat de compétence, le groupe propriétaire des maisons Cartier et Van Cleef & Arpels avait offert ses services au Louvre », précise encore l’ancien patron du Louvre.

17h05

« Nous avons maintenu le schéma directeur sûreté en priorité numéro un »

Jean-Luc Martinez rappelle que le musée a dû fermer à deux reprises, dans le contexte de la crise sanitaire de 2020-2021. Malgré « l’effondrement des ressources du musée du Louvre », l’ancien président-directeur en poste à cette époque souligne que le schéma directeur sûreté a été « maintenu » en « priorité numéro un ».
Il rappelle que le Pavillon de Flore (côté Seine) avait été identifié comme « le meilleur endroit pour implanter un PC centralisé » et que « la fragilité du quai, donc des intrusions », était un risque qui « avait été parfaitement identifié ».
Jean-Luc Martinez précise aussi s’être « inscrit dans la continuité » de son prédécesseur Henri Loyrette (2001-2013), « avec comme objectif d’être prêt pour les Jeux olympiques de 2024 », en particulier s’agissant de la sécurisation du domaine.
16h50

« Il y a bien eu continuité de service », assure l’ancien directeur

 

C’est l’un des points que les sénateurs cherchent à éclaircir. Auditionnés la semaine dernière, les responsables d’une enquête administrative sur les failles de la sécurité au musée du Louvre ont relevé des failles dans « la transmission réellement officielle d’un certain nombre de documents et d’éléments indispensables à la continuité de la conservation de la mission de service public », entre l’ancien directeur et sa successeure Laurence Des Cars qui a pris ses fonctions en 2021.

En poste de 2013 à 2021, Jean-Luc Martinez s’est défendu de tout manquement sur ce point. Dès l’annonce de la nomination de Laurence des Cars, le 27 mai 2021, j’ai demandé à l’ensemble des directions de préparer un bilan car nous étions dans la phase de préparation du budget 2022. Chacune des 15 directions de l’époque a préparé une note sur l’état des projets en cours avec les questions qui restaient à arbitrer pour 2022 », a-t-il exposé.

Il indique par ailleurs avoir rencontré plusieurs fois Laurence des Cars, entre mai et août 2021 pour lui transmettre ces documents. « Il y a eu continuité de service entre mon dernier mandat et l’action de Laurence. Bien entendu, Je n’ai conservé aucune de mes archives et j’ai tout laissé sur place », a-t-il assuré.

16h40

Jean-Luc Martinez, ancien président-directeur du Louvre, revient sur sa stratégie lors de son audition au Sénat

16h30

L’audition commence avec le discours introductif du Président de la commission de la Culture, Laurent Lafon.

 

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