Entrée payante à Notre Dame : « On n’a pas besoin de remettre en cause la loi de 1905 », assure Rachida Dati

Auditionnée sur son budget en 2025, la ministre de la Culture est revenue sur son idée qu’elle juge « innovante », à savoir pratiquer des tarifs différenciés à l’entrée de Notre-Dame de Paris.
Simon Barbarit

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Le patrimoine aura occupé une part importante de l’audition de Rachida Dati devant la commission de la culture et de l’éducation du Sénat. Elle y détaillait son budget stabilisé à 4,45 milliards d’euros, malgré la période d’effort budgétaire. Après avoir annoncé une rallonge de 300 millions d’euros, via le dépôt d’un amendement du gouvernement vers le patrimoine déjà doté de 1,2 milliard d’euros dans le projet de loi de finances (lire notre article), la ministre est revenue sur le cas spécifique de Notre Dame. Il y a quelques jours, Rachida Dati avait suggéré dans une interview au Figaro de rendre payante l’entrée du célèbre édifice, pour « toutes les visites touristiques ». Rappelant que ce cas de figure est courant dans de nombreux monuments religieux en Europe, la ministre imaginait un prix « symbolique » de 5 euros par visiteur. Un amendement du député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) au projet de loi de finances instaure un droit d’entrée pour les visiteurs de la cathédrale.

« Il faut être innovant, sinon, on met des impôts partout et on ferme la boutique »

Devant les élus de la chambre haute, la ministre a estimé que « la tarification de l’entrée de notre Dame pourrait dégager 75 millions d’euros pour financer la restauration de l’ensemble du patrimoine religieux en région » […] Ce sont des pratiques qui existent ailleurs et nous nous devons de  les examiner avec lucidité pour faire face au besoin de notre patrimoine ». Rachida Dati ajoute : « On n’a pas besoin de remettre en cause la loi de 1905 pour pouvoir récupérer des fonds ». « Il faut être innovant, sinon, on met des impôts partout et on ferme la boutique », a-t-elle ajouté, un peu plus tard.

Pourtant, l’article 17 de cette loi précise, au sujet des églises et cathédrales classées aux monuments historiques : « La visite des édifices et l’exposition des objets mobiliers classés seront publiques : elles ne pourront donner lieu à aucune taxe ni redevance. » Si le franchissement des portes est donc gratuit, cette disposition de la loi de 1905 n’empêche toutefois pas la fixation de tarifs pour certaines parties dans des édifices religieux, en particulier des tours, des cryptes ou les trésors. L’ascension des 330 marches conduisant à la plateforme de la cathédrale de Strasbourg est, par exemple, accessible pour huit euros, pour les adultes (lire notre article).

Rachida Dati a confessé vouloir à l’origine pratiquer des tarifs différenciés entre Français et étrangers « mais on ne peut faire de discriminations entre citoyens européens, donc ce sera plutôt avec les pays tiers ».

Dans le détail, les fonds seront collectés par le Centre des monuments nationaux (CMN) et les redistribuerait sur les territoires. Et une partie serait reversée au diocèse parisien. « Ça veut dire que des projets qui ne seraient pas gérés par le CMN ne pourraient pas en bénéficier ? », a demandé Laurent Lafon, le président centriste de la commission de la culture et de l’éducation. La ministre a répondu que des précisions seront apportées et précise avoir également pensé au diocèse de Paris pour collecter.

 

 

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