« J’ai besoin de trouver de l’inspiration, sinon j’ai l’impression de m’éteindre », confie Alain Chamfort

Plus encore qu’un titre de disque, il a veillé à appliquer le principe de l’impermanence tout au long de sa vie d’artiste. Sans cesse, il s’est renouvelé puisque tout a changé autour de lui. Et ça lui réussit, en témoigne son dernier concert à La Cigale. Un demi-siècle de carrière, un demi-siècle de rencontres, un demi-siècle de musique. Rebecca Fitoussi reçoit Alain Chamfort pour retracer son parcours dans Un monde, un regard.
Simon Nicolle

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Écrire et trouver de l’inspiration, « c’est comme un exercice salutaire pour se maintenir en vie », reconnait-il. « J’ai toujours fait ça, je n’ai jamais eu d’autres activités, même si j’aime bien profiter d’un coin de jardin, j’ai besoin de cela, sinon j’ai l’impression de m’éteindre. » Pourtant Alain Chamfort le sait mieux que quiconque, ce n’est ni une science exacte, ni une recette écrite d’avance… Toujours, il doit se confronter à l’exercice de la création sans savoir s’il aura le bonheur de rencontrer l’inspiration.

Pour clore sa tournée, Alain Chamfort s’est produit sur la scène mythique de La Cigale à Paris. « Faire de la scène, c’est organiser une rencontre avec le public et essayer de retrouver un vrai contact. » S’il privilégie désormais les petites salles, c’est, reconnaît-il avec sourire, parce qu’il ne « remplit pas Bercy », mais au fond ces lieux lui permettent de rencontrer un public plus jeune et de créer une proximité.

La musique à l’ère du streaming

« Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on est un peu décalé par rapport à la façon dont les gens écoutent de la musique. » Alain Chamfort le reconnait, de plus en plus la musique s’écoute sur des plateformes et les chansons se mettent davantage en playlist qu’elles ne s’apprécient sur un album. Parfois même les plus jeunes les découvrent sur TikTok en accéléré, ironise-t-il. Pour le chanteur, « le support album est un support figé qui semble déconnecté de la réalité ».

D’ailleurs Amain Chamfort préfère ne plus s’obliger à faire un 12 titres. Pour sortir sa musique plus librement, il opte pour des EP (« extended play », un format entre le single et l’album). « C’est moins engageant et ça permet d’aborder la création avec plus de légèreté », confie-t-il, lui qui n’est pas un nostalgique des années ‘vinyle’. « Je revois le passé avec douceur mais je ne reste pas accroché à mon rétroviseur », admet l’artiste. En 50 ans de carrière, s’il a vu les supports se succéder, il garde intacte sa passion pour la musique.

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

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