jbaker8

Joséphine Baker, première star noire d’origine américaine, « prête à donner sa vie » pour la France 

Joséphine Baker, première femme noire à être entrée au Panthéon, n’hésita pas durant la seconde guerre mondiale à lutter contre l’occupant nazi. La star des années folles mit sa célébrité au service de la Résistance.
Marie Bremeau

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Nous connaissons tous Joséphine Baker, danseuse, chanteuse, femme noire américaine, exilée en France. La femme libre avait conquis le tout Paris dans les années folles, faisant salle comble dès 1925 au théâtre des Champs-Elysées. 

jbaker7

Mais derrière l’artiste s’est toujours cachée la combattante. Engagée depuis longtemps dans la lutte contre le racisme, dont elle fut victime tout au long de sa vie, Joséphine Baker, dès 1939, s’engagea au service de la France Libre, deux ans après avoir acquis la nationalité française. « Je ne demandais qu’une chose, servir le pays à l’égard duquel j’ai toujours eu une dette de reconnaissance. La France a fait de moi ce que je suis, en marge de tous les préjugés. J’étais prête à lui donner ma vie. » 

« Le combat pour les droits civiques amenait à l’antifascisme » 

Ainsi, la vedette de 34 ans passe des mots aux actes. Un engagement qui sonne comme une revanche pour celle qui est revenue traumatisée d’un séjour dans son pays d’origine. « Cette guerre représente un tel tournant, probablement le voyage en Amérique quelques années auparavant y est pour quelque chose. Elle avait été politiquement attaquée par des leaders noirs qui l’avaient mise au défi. On lui avait demandé : « Et toi, que vas-tu faire pour les droits civiques ? Es-tu toujours une star superficielle, futile et égocentrique, ou bien as-tu plus à proposer ? Tu as une dette à payer ! »
« Lors de sa visite en Amérique, la question se posait en termes de race. Mais le combat pour les droits civiques amenait à l’antifascisme. Si bien que quand elle est rentrée en France, il a fallu qu’elle repense son rôle là-bas aussi », raconte Margo Jefferson du New York Times. 

Derrière la vedette, une combattante 

Et la Seconde Guerre mondiale donne l’occasion à Joséphine de franchir le pas, et de s’engager encore plus dans le combat. Elle devient espionne pour la France libre. A plusieurs reprises, elle se met en danger, voyage dans des pays hostiles en cachant dans ses partitions des plans d’installations allemandes dessinés à l’encre invisible. 

jbaker9

Espiègle et courageuse, l’artiste joue de sa notoriété pour tromper l’ennemi. « Ça peut aider d’être Joséphine Baker. Les douaniers m’ont fait de grands sourires et m’ont réclamé des papiers mais c’était des autographes. Et voilà, j’avais transmis les plans comme une lettre à la poste. » 

L’action clandestine révèle Joséphine à elle -même. Derrière la vedette, se cache une combattante au service d’idéaux. Après la guerre, elle se retirera dans sa propriété dans le sud de la France en Dordogne. Un château où elle accueillera douze enfants de toutes origines, qu’elle adoptera et qu’elle appellera sa « tribu arc-en-ciel ».
 
Retrouvez le documentaire « Joséphine Baker, première icone noire » vendredi 18 août à 22h puis en replay sur notre site internet ici.  

Partager cet article

Dans la même thématique

Joséphine Baker, première star noire d’origine américaine, « prête à donner sa vie » pour la France 
3min

Culture

« Il faut être un peu ‘maso’ pour faire rire, surtout dans notre époque très plombante », estime Bertrand Chameroy

Même s’il sait mieux que personne à quel point ce métier est dur, il n’en a jamais envisagé un autre. Chaque jour dans ses chroniques aiguisées, il se brocarde l’actualité, et raille les politiques. Une forme de mise à distance nécessaire pour ne pas être accablé, avoue-t-il. Cette semaine, Bertrand Chameroy, raconte les coulisses de son métier au micro de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Joséphine Baker, première star noire d’origine américaine, « prête à donner sa vie » pour la France 
3min

Culture

Affaire Dreyfus : « Ce n’est pas une erreur judiciaire, il est victime d’un complot antisémite », rappelle Philippe Collin

Dans son dernier ouvrage, Philippe Collin compile documents et archives pour éclairer d’un nouveau jour l’affaire Dreyfus. Pour le journaliste, passionné d’Histoire, l’officier a sciemment fait l’objet d’un complot. Dans son ouvrage Alfred Dreyfus, le combat de la République (éditions Albin Michel), il décrit une société française où règne un « acmé d’antisémitisme », profondément ancré à l’extrême droite mais qui n’épargne pas non plus une partie de la gauche. Il était l’invité de l’émission Un monde, un regard présentée par Rebecca Fitoussi.

Le

Liffre: Matthieu Pigasse at Le Souffle Breton
6min

Culture

Matthieu Pigasse relance au Sénat le débat sur les interférences politiques sur la programmation des festivals en France  

La santé des festivals en France a largement occupé l’audition jeudi 11 juin, au Sénat, de l’homme d’affaire Matthieu Pigasse, par la commission d’enquête sur le financement privé des politiques publiques. Selon l’entrepreneur, propriétaire depuis 2017 du festival Rock en Seine, ou encore depuis 2025 de We Love Green, ces événements sont aujourd’hui au cœur de la bataille culturelle.

Le