« Le gouvernement Barnier pourrait m’inspirer un prochain spectacle » lâche Stéphane Guillon

On l’a connu acide, moqueur, dur parfois à l’excès. Aujourd’hui il se raconte dans un livre et incarne sur scène l’un des protagonistes du roman Inconnu à cet adresse. Mais chez Stéphane Guillon, la flèche et le bon mot ne sont jamais loin. Au micro de Rebecca Fitoussi dans l’émission "Un monde, un regard", il revient sur la dissolution, le gouvernement Barnier et les soles meunières du président de la République à la Rotonde.
Agathe Alabouvette

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Tel un boxeur, il a raccroché les gants. Fini les sketches cinglants sur les plateaux de télé. Il déclame désormais des répliques sur scène. Au théâtre Antoine, Stéphane Guillon partage l’affiche d’Inconnu à cette adresse, avec Jean-Pierre Daroussin, dans un rôle dramatique.
Stéphane Guillon a fini de rire, et il le revendique dans un ouvrage qui porte le même nom. Il y raconte sa renaissance, après une rupture amoureuse compliquée. Elle a fait voler en éclat ses certitudes et amené à prendre du recul sur tout, y compris sa carrière.

Ce rôle de boxeur, de sniper qui lui colle à la peau ? Il n’en a jamais vraiment voulu, en a été le pionnier involontaire. « En 2003, quand j’ai commencé à étriller les invités, personne ne l’avait fait avant moi », argue-t-il. « Un jour, j’ai fait un sketch sur Sylvie Vartan en plateau. Il y avait ses deux attachées de presse, son fan club, tout le monde était sidéré. Ils se disaient : c’est qui ce con qui n’a jamais rien fait et qui se permet de dire que l’autobiographie de Vartan est nulle ? J’ai mis le ver dans le fruit. Ça a ouvert la porte au buzz pour le buzz. » lâche-t-il mi amusé, mi repenti.

Aujourd’hui, Stéphane Guillon présente ses excuses. Pas aux politiques, « ils peuvent se défendre », mais aux artistes comme Vincent Delerm ou Michel Delpech. « Je l’ai épinglé dans un moment de sa carrière où il était au creux de la vague », reconnaît aujourd’hui Stéphane Guillon. « Une carrière c’est fluctuant, il y a des traversées du désert. Ça m’est arrivé à moi aussi, je le comprends maintenant. »

Le gouvernement Barnier ? « C’est possible que ça m’inspire un prochain spectacle. »

Officiellement Stéphane Guillon vit donc retiré de la vie humoristique. Mais il reste un fin observateur de notre époque. Le gouvernement Barnier ? « C’est possible que ça m’inspire un prochain spectacle », reconnait-il. Mais pas tout de suite. « Pour le moment je suis encore abasourdi, dans une forme de désespérance depuis la dissolution. On désespère les gens, on leur a promis des lendemains qui chantent. Quand Macron s’est présenté, on pensait que ce serait la fin des partis, des combines, que la politique serait faite autrement. Nos politiques doivent montrer l’exemple. », avant d’ajouter « je passe très souvent devant la Rotonde, où le président dîne régulièrement. L’ambiance est crépusculaire. Il y a une centaine d’agents de sécurité qui attendent devant. On ne peut pas dire : il y a un déficit, on va ponctionner les retraites, les petits revenus et commander une sole meunière, entouré d’un cordon de sécurité, alors que l’on mange déjà à la cantine de l’Elysée. »

Indigné

Rangé de l’humour mais pas de l’indignation. « J’ai un problème avec ça. Mon père, mon oncle étaient comme ça aussi. On bout en permanence. J’ai un peu progressé parce que maintenant j’arrive à me réfréner. Quand j’ai envie de dissoudre l’Assemblée Nationale, je me dis, dors d’abord, passe la nuit dessus. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

« Le gouvernement Barnier pourrait m’inspirer un prochain spectacle » lâche Stéphane Guillon
3min

Culture

Pour Bruno Patino, « les IA nous isolent en nous accompagnant tout le temps »

Que reste-t-il de la promesse initiale d’un monde connecté où la connaissance serait partagée par tous ? Les GAFAM sont-elles des entreprises à trop forte capacité de nous nuire ? De l’espoir originel d’un monde plus égalitaire à l’inquiétude actuelle de notre possible obsolescence, Bruno Patino pense notre époque et nous alerte. Mais la responsabilité de ces évolutions n’incombe-t-elle qu’aux entreprises de la tech ? Ne sommes-nous pas nous-mêmes responsables de notre asservissement progressif ? L’essayiste et patron d’Arte répond à toutes ces questions de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.

Le

« Le gouvernement Barnier pourrait m’inspirer un prochain spectacle » lâche Stéphane Guillon
3min

Culture

Pour le chef Paul Pairet « l’Occident en général a tendance à caricaturer la Chine depuis toujours »

Sa casquette et son style le distinguent de tous les autres chefs étoilés. Amoureux de l’Asie et de ses saveurs, le télégénique chef Paul Pairet a su traduire son goût de la découverte dans les assiettes comme nul autre avec une simplicité déconcertante en dépit d’un succès mondial. Invité de Rebecca Fitoussi dans Un monde, Un regard, il revient sur son parcours marqué par une passion dévorante.

Le

« Le gouvernement Barnier pourrait m’inspirer un prochain spectacle » lâche Stéphane Guillon
3min

Culture

« Il faut être un peu ‘maso’ pour faire rire, surtout dans notre époque très plombante », estime Bertrand Chameroy

Même s’il sait mieux que personne à quel point ce métier est dur, il n’en a jamais envisagé un autre. Chaque jour dans ses chroniques aiguisées, il se brocarde l’actualité, et raille les politiques. Une forme de mise à distance nécessaire pour ne pas être accablé, avoue-t-il. Cette semaine, Bertrand Chameroy, raconte les coulisses de son métier au micro de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.

Le