Maud Bregeon plaide pour un « audiovisuel public fort », après la publication du rapport de la commission d’enquête de Charles Alloncle

Interrogée au Sénat au sujet du rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public, la porte-parole du gouvernement a fait savoir que la position de l’exécutif était « bien loin du démantèlement ».
Rédaction Public Sénat

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« Les insinuations, les calomnies, les accusations mensongères n’ont pas leur place dans une commission d’enquête, car elles portent atteinte à sa crédibilité. Et nous regrettons tous ce choix de l’hypermédiatisation, qui discrédite plus largement tout le travail parlementaire. » Le sénateur radical Bernard Fialaire (groupe RDSE), à l’instar d’autres groupes politiques du socle commun, n’a que peu goûté les conclusions du député Charles Alloncle (Union des droites pour la République), à l’issue des travaux de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public.

Le rapport a été rendu public ce mardi, après avoir été adopté avec une courte majorité. Le parlementaire du Rhône a rappelé « l’attachement » de son groupe, le plus ancien du Sénat, à un audiovisuel public « de qualité et vertueux, ce qui n’interdit pas de l’interroger et d’appeler à une gestion rigoureuse », a-t-il précisé. Inquiet « d’une forme d’entrisme et d’ingérence de groupes financiers dans le contrôle vertical de l’information » ou encore de « réseaux sociaux complaisants », il a demandé au gouvernement ce qu’il comptait faire pour « garantir cet espace de liberté », qu’est l’audiovisuel public, aujourd’hui « menacé ».

« Un double principe de confiance et d’exigence »

La réponse, sur les bancs du gouvernement, est venu de la porte-parole, en l’absence de la ministre de la Culture Catherine Pégard. Maud Bregeon a affirmé qu’elle partageait la position du sénateur sur « la nécessité d’avoir un audiovisuel public fort, bien loin du démantèlement dont certains ont voulu mettre en avant ces dernières semaines ». Pour la ministre, ceci n’empêche pas « le contrôle parlementaire », ni un « certain nombre de questionnements ».

Paraphrasant le Premier ministre Sébastien Lecornu, l’ancienne députée a indiqué que le rapport de la commission passait « à côté de l’essentiel », en matière de défis numériques par exemple. « Or, précisément, le gouvernement n’a pas attendu cette commission ni son rapport pour y réfléchir. Pour avancer, nous suivons un double principe de confiance et d’exigence », a-t-elle insisté.

Elle a rappelé qu’un « cadre pluriannuel exigeant » avait été défini en fin d’année dernière, et que des travaux sur des nouveaux contrats d’objectifs et de moyens, attendus depuis 2024, ont été engagés en début d’année. « Comme l’a indiqué la ministre de la Culture, ils seront présentés à l’été au Parlement », a-t-elle relayé. Elle a ajouté que le gouvernement serait également « aussi attentif aux propositions qui seront formulées par le rapport de Bruno Lasserre [l’ancien vice-président du Conseil d’État, ndlr] sur la question de l’impartialité ».

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