Merwane Benlazar : « L’apparence ne doit pas disqualifier sans aucun fondement », pour Rachida Dati

Aux questions d’actualité au gouvernement, la ministre de la Culture, Rachida Dati a été interpellée sur la première apparition dans l’émission de C à Vous de l’humoriste Merwane Benlazar, ciblé sur les réseaux sociaux pour sa tenue vestimentaire, mais aussi d’anciens tweets que certains ont estimé être proches du salafisme. La ministre a annoncé que l’humoriste ne serait plus à l’antenne.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Pour conclure les questions d’actualité au gouvernement, la sénatrice centriste, Nathalie Goulet est revenue sur la polémique de cette semaine dans le milieu audiovisuel. Vendredi, Merwane Benlazar faisait sa première chronique dans l’émission « C à vous » sur France 5. Arborant bonnet et barbe longue, son look a choqué certains internautes, notamment la députée européenne Renaissance, Nathalie Loiseau, y voyant l’arrivée sur le service public d’un salafiste.

« Coutumier d’exégèse de la charia sur son compte Twitter et de recommandations de sites ouvertement salafistes […] si l’habit ne fait pas le moine, reconnaissons que le propos fait le salafiste », a estimé la sénatrice citant certains tweets de l’artiste qui a fermé ses comptes depuis. « Comment peut-on participer, avec l’argent du contribuable, à normaliser les idées que véhicule ce personnage ? », a interrogé Nathalie Goulet qui dénonce de surcroît « le silence assourdissant de l’Arcom ». « Au nom de toutes les femmes, de leur liberté, de leurs droits chèrement gagnés ici et bafoués par les islamistes partout à travers le monde, une seule question : Pourquoi ? », avait-elle tweeté.

Merwane Benlazar a depuis reçu le soutien de nombreux humoristes.

« Est-ce qu’il y avait quelque chose de répréhensible ? »

La ministre de la Culture, Rachida Dati a d’abord rappelé que le recrutement des chroniqueurs relevait du libre choix de l’antenne et des producteurs. « Sur la chronique que vous citez, est-ce qu’il y avait quelque chose de répréhensible ? Non. Donc, il n’avait pas lieu de saisir l’Arcom ».

« Je travaille depuis trop longtemps sur la laïcité et le respect de la République pour qu’on me traite de raciste »

La ministre estime, en outre, « que des propos scandaleux », ont été tenus par Merwane Benlazar sur ses réseaux. « Suite à ces propos, France Télévisions en a tiré les conséquences, il ne sera plus à l’antenne », a-t-elle confirmé avant de dénoncer « les dérives et les dérapages » visant l’artiste. « L’apparence, le physique, la tenue vestimentaire ne doivent pas disqualifier sans aucun fondement ».

De quoi passablement agacer Nathalie Goulet. « C’est un peu difficile d’expliquer qu’on ne peut pas mettre d’abayas à l’école et en même promouvoir une tenue manifestement salafiste sur le service public ». « Je travaille depuis trop longtemps sur la laïcité et le respect de la République pour qu’on me traite de raciste ».

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

France
2min

Culture

Journées du patrimoine : que pourra-t-on voir au Palais du Luxembourg, siège du Sénat ?

À l’occasion des 43ᵉ Journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre prochains, le Palais du Luxembourg ouvre ses portes aux visiteurs sans réservation préalable. De l'hémicycle à la chapelle de la reine, en passant par la majestueuse Salle des Conférences et les serres du jardin du Luxembourg, découvrez les coulisses de la Haute assemblée.

Le

Merwane Benlazar : « L’apparence ne doit pas disqualifier sans aucun fondement », pour Rachida Dati
3min

Culture

Pour Bruno Patino, « les IA nous isolent en nous accompagnant tout le temps »

Que reste-t-il de la promesse initiale d’un monde connecté où la connaissance serait partagée par tous ? Les GAFAM sont-elles des entreprises à trop forte capacité de nous nuire ? De l’espoir originel d’un monde plus égalitaire à l’inquiétude actuelle de notre possible obsolescence, Bruno Patino pense notre époque et nous alerte. Mais la responsabilité de ces évolutions n’incombe-t-elle qu’aux entreprises de la tech ? Ne sommes-nous pas nous-mêmes responsables de notre asservissement progressif ? L’essayiste et patron d’Arte répond à toutes ces questions de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Merwane Benlazar : « L’apparence ne doit pas disqualifier sans aucun fondement », pour Rachida Dati
3min

Culture

Pour le chef Paul Pairet « l’Occident en général a tendance à caricaturer la Chine depuis toujours »

Sa casquette et son style le distinguent de tous les autres chefs étoilés. Amoureux de l’Asie et de ses saveurs, le télégénique chef Paul Pairet a su traduire son goût de la découverte dans les assiettes comme nul autre avec une simplicité déconcertante en dépit d’un succès mondial. Invité de Rebecca Fitoussi dans Un monde, Un regard, il revient sur son parcours marqué par une passion dévorante.

Le

Merwane Benlazar : « L’apparence ne doit pas disqualifier sans aucun fondement », pour Rachida Dati
3min

Culture

« Il faut être un peu ‘maso’ pour faire rire, surtout dans notre époque très plombante », estime Bertrand Chameroy

Même s’il sait mieux que personne à quel point ce métier est dur, il n’en a jamais envisagé un autre. Chaque jour dans ses chroniques aiguisées, il se brocarde l’actualité, et raille les politiques. Une forme de mise à distance nécessaire pour ne pas être accablé, avoue-t-il. Cette semaine, Bertrand Chameroy, raconte les coulisses de son métier au micro de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.

Le