« Redonner le goût de la vie aux plus d’enfants et adolescents possible », le combat d’Isabelle Carré 

Actrice emblématique du théâtre et du cinéma français, Isabelle Carré s’est imposée par sa sensibilité et son engagement auprès de la jeunesse. Récompensée en 2003 par le César de la meilleure actrice pour son rôle dans Se Souvenir des belles choses, la comédienne poursuit une carrière exigeante entre écriture et représentations. Invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard, elle revient sur son parcours et ses combats personnels.
Robin Jeangerard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Il ne lui manquait plus qu’un rôle : celui de réalisatrice. Comédienne et autrice, Isabelle Carré sortira en novembre son premier long métrage Les rêveurs, adaptation de son ouvrage du même titre qui n’est autre que le récit de son adolescence tourmentée et sa découverte salvatrice du théâtre.

Après sa tentative de suicide à l’âge de 14 ans, c’est une phrase de Romy Schneider dans une Femme à sa fenêtre, entendue à l’hôpital qui la sauve : « Préférer les risques de la vie, aux fausses certitudes de la mort ». Cette « phrase bijou » comme elle aime à dire, lui a permis de se relever et de se lancer sur scène quelques années plus tard. Aujourd’hui, elle revendique d’aider à son tour ceux qui sont dans le doute ou la peine. « J’ai envie de parler des jeunes. Le fait qu’on ne les écoute si peu, et qu’on ne les prépare si peu à l’avenir […] c’est regrettable ».

La santé mentale comme priorité

Si elle a longtemps hésité avant de se lancer dans l’adaptation de son livre au cinéma, « je ne voulais pas faire ça », confie-t-elle, c’est parce que le chantier de l’adaptation d’une œuvre littéraire aussi délicate lui semblait difficile sur grand écran.

Mais le confinement l’a persuadé de faire autrement. « C’est à cause du confinement, quand j’ai vu ces chiffres effrayants sur le désespoir, la fragilité psychologique et la fragilité des jeunes, que je me suis dit au fond, mettre mon expérience d’internement psychiatrique en 1980, en perspective avec ce que vivent les jeunes aujourd’hui, ça a du sens. Donc je l’ai réécrit en fonction de ça ».

Le duo Carré-Campan devenu inséparable

Sur scène comme au cinéma, c’est avec Bernard Campan qu’elle partage aujourd’hui le plus de temps. Cette année, les deux comédiens sont à l’affiche du théâtre de la Renaissance dans la pièce Un pas de côté. Ce nouveau spectacle est le cinquième pour le couple Carré-Campan. Un duo qui n’est pas près de s’épuiser puisque l’ancien humoriste des Inconnus fait également partie du casting du film Les Rêveurs.

« C’est un grand ami, un partenaire en or », confie-t-elle. « On ne voit pas forcément quand les acteurs ne s’entendent pas plus que ça en tant que spectateur, mais quand il y a la petite étincelle en plus, quand il y a cette complicité, quand il y a l’électricité, le plaisir de jouer ensemble et de se retrouver comme c’est le cas avec Campan tous les soirs […], je vous assure je sais, je sens que ça se voit ».

L’émission à retrouver en intégralité ici.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Redonner le goût de la vie aux plus d’enfants et adolescents possible », le combat d’Isabelle Carré 
3min

Culture

Pour le chef Paul Pairet « l’Occident en général a tendance à caricaturer la Chine depuis toujours »

Sa casquette et son style le distinguent de tous les autres chefs étoilés. Amoureux de l’Asie et de ses saveurs, le télégénique chef Paul Pairet a su traduire son goût de la découverte dans les assiettes comme nul autre avec une simplicité déconcertante en dépit d’un succès mondial. Invité de Rebecca Fitoussi dans Un monde, Un regard, il revient sur son parcours marqué par une passion dévorante.

Le

Sous nos yeux
3min

Culture

Entre résistance et vie quotidienne, ils ont filmé l’occupation en super 8

C’est un film sur la Seconde Guerre mondiale, sans images du conflit ou presque. Portrait d’une France sous l’occupation racontée à partir d’images amateurs, celles des Normands, photographes ou simple amateurs fortunés qui dès les années 30 s’étaient équipés de caméras super 8. Un film rare qui documente la vie qui continue malgré les bombes et les privations.

Le

Documentaire Le Luron en campagne de Jacques Pessis
4min

Culture

Thierry Le Luron, un pionnier de l’humour politique ?

« C’était un petit surdoué, une sale gosse d’une impertinence rare » se souvient Michel Drucker… Chanteur lyrique de formation, devenu imitateur et comique, Thierry Le Luron a marqué par sa brève carrière le paysage culturel et médiatique des années 70 et 80. Tissé d'interviews de ceux qui l’ont connu ou admiré et de larges extraits de sketchs, le documentaire de Jacques Pessis « Le Luron en campagne » diffusé sur Public Sénat montre combien Thierry Le Luron était insolent à une époque où l'humour n’était pas aussi libre qu’on pourrait le penser aujourd’hui.

Le

« Redonner le goût de la vie aux plus d’enfants et adolescents possible », le combat d’Isabelle Carré 
3min

Culture

Guy Savoy : « On nous annonçait qu’en l’an 2000 on ne mangerait que des pilules ! On s’est bien planté »

« Ce n’est plus de la passion, c’est de l’addiction », voilà comment Guy Savoy décrit son quotidien au travail. Installé dans le somptueux hôtel de la Monnaie à Paris, le chef est devenu un monument de la gastronomie française. En dehors des cuisines, pas question de se reposer, il publie un nouvel ouvrage Guy Savoy cuisine les écrivains : XIXe, dans lequel est sublimé l’appétit des auteurs du siècle romantique. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, le maître queux revient sur sa carrière et la place de la gastronomie dans l’hexagone.

Le