EN VIDEO – Vol au Louvre : il y a 7 mois, l’administrateur général alertait le Sénat sur « le délabrement des équipements »

Sûreté, électricité, fuite d’eau, chauffage… Auditionné par le Sénat en février 2025, Kim Pham, administrateur général de l'Établissement public du musée du Louvre, dressait à l’époque un tableau inquiétant sur l’état de « délabrement » du plus grand musée du monde. Emmanuel Macron venait alors d’annoncer un plan de « Renaissance » du Louvre pour 800 millions d’euros.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le musée du Louvre restera fermé ce lundi, 24 heures après un spectaculaire cambriolage dans la galerie d’Apollon, qui a vu quatre malfaiteurs s’enfuir avec huit des « joyaux de la couronne de France ». Très vite, les réactions à ce vol ont pris une tournure politique, ciblant l’immobilisme de l’exécutif et du ministère de la Culture, malgré les alertes récurrentes des employés sur la vétusté des installations et les failles de sécurité.

En janvier 2025, Laurence des Cars, la présidente-directrice du musée du Louvre avait interpellé Rachida Dati sur les travaux de restauration nécessaires pour maintenir à niveau le plus grand musée du monde. Le 28 janvier, Emmanuel Macron annonçait la « Nouvelle Renaissance du Louvre », un ambitieux plan de restructuration prévoyant notamment la création d’une nouvelle entrée, une augmentation du prix des billets d’entrées des visiteurs étrangers (hors UE) et le déplacement de la Joconde dans une nouvelle salle d’exposition. Quelques jours plus tard, le 5 février, la commission de la culture du Sénat auditionnait plusieurs directeurs administratifs de plusieurs grands musées nationaux : l’occasion de revenir sur la situation de leurs institutions, notamment financière.

« Il ne se passe pas une quinzaine de jours sans que nous ayons des incidents en termes de fuites d’eau »

Parmi eux, Kim Pham, administrateur général de l’Établissement public du musée du Louvre, qui avait alors dressé un tableau pour le moins inquiétant des infrastructures, alertant les élus sur l’urgence de la situation. « Un diagnostic réalisé ces derniers mois révèle à quel point le Palais est en difficulté quant à ses bâtiments et ses équipements », avait-il expliqué, ciblant notamment « l’obsolescence » des équipements installés au début des années 1990, à l’occasion des travaux du Grand Louvre lancés par François Mitterrand. « Ce qui fait qu’il ne se passe pas une quinzaine de jours sans que nous ayons des incidents en termes de fuites d’eau, de difficultés quant à la maintenance. Tout cela est lié à cet état défectueux, parfois délabré de nos équipements », avait-il rapporté.

« Nous ne pouvons pas considérer que réparer l’existant suffise »

À l’époque, l’administrateur appelait à la mise en œuvre d’une planification stratégique, sur la remise à niveau des différents systèmes de maintenance et de sécurité du musée. « Il nous semble absolument nécessaire de lancer des schémas directeurs thématiques, qui pourront être fédérés dans un schéma général. Ces thèmes peuvent être la sûreté, l’électricité, le chauffage et la climatisation, les huisseries, etc. ». Des travaux d’ampleur, et pas seulement des réparations ponctuelles : « Nous ne pouvons pas considérer que réparer l’existant suffise. Si nous optons pour cette solution, nous serons confrontés aux mêmes problèmes à peu près tous les quinze ans », avait encore alerté Kim Pham.

Le projet « Louvre-Renaissance » annoncé il y a près d’un an par Emmanuel Macron a été évalué à environ 800 millions d’euros, financés notamment par la course au mécénat et la hausse du prix de certains billets. À titre de comparaison, la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris touchée par l’incendie de 2015 a coûté 552 millions.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris: Questions au gouvernement Senat
5min

Culture

Grasset : les parlementaires travaillent à une loi sur une clause de conscience des auteurs 

Après l’éviction d’Olivier Nora par Vincent Bolloré et le départ de plus de 200 auteurs des éditions Grasset, le monde de l’édition réclame la création d’une clause de conscience facilitant le départ des auteurs en cas de changement de ligne éditoriale de leur éditeur. La sénatrice socialiste, Sylvie Robert, s’est emparé du sujet et travaille sur un texte de loi en lien avec des députés de gauche, mais aussi du centre.

Le

EN VIDEO – Vol au Louvre : il y a 7 mois, l’administrateur général alertait le Sénat sur « le délabrement des équipements »
3min

Culture

 Avec Guillaume Diop et Hugo Marchand « On finit par se connaitre par cœur comme un vieux couple » reconnaît la danseuse étoile Dorothée Gilbert

Elle le dit elle-même : le corps s’use, l’opéra est exigeant et il faut être à la hauteur des ballets que l’on joue. À 42 ans la danseuse étoile Dorothée Gilbert prendra sa retraite à la fin de l’année dans un ultime récital de l’Histoire de Manon à l’Opéra Garnier. Comment se réinvente-t-on vie après 35 ans passés dans l’institution ? Quels liens a-t-on noué avec ses partenaires, Dorothée Gilbert se livre au micro de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.

Le

EN VIDEO – Vol au Louvre : il y a 7 mois, l’administrateur général alertait le Sénat sur « le délabrement des équipements »
3min

Culture

« C’était la première fois que je voyais des êtres humains devenir des bourreaux » Ginette Kolinka, centenaire survivante du camp d’Auschwitz-Birkenau.

Celle qui est devenue commandeur de la Légion d’Honneur à cent ans au titre d’intervenante en milieu scolaire du devoir de mémoire, n’avait que 19 ans lorsque la Gestapo l’a arrêtée en mars 1944. Désormais, elle n’a de cesse de témoigner et de rappeler aux jeunes générations ce qu’a été la Shoah : le massacre délibérément planifié de près des deux tiers des Juifs d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, environ six millions de personnes. Ginette Kolinka était l’invitée de Rebecca Fitoussi dans « un monde, un regard ».

Le

EN VIDEO – Vol au Louvre : il y a 7 mois, l’administrateur général alertait le Sénat sur « le délabrement des équipements »
3min

Culture

« La dictature est un one-man show qui a mal tourné ! », Jonathan Lambert revient sur l’époque burlesque que nous traversons

C’est la liberté qui dicte ses choix artistiques. L’auteur de Qui a volé mes jambes ? (éd. du Seuil) revient sur le devant de la scène avec un roman-photo où il déroule une enquête policière absurde. Une fois n’est pas coutume, il renouvelle la forme. Comme pour ne pas s’enfermer dans un style, comme pour éviter de se répéter ou de ne plus être drôle. Sans cesse, Jonathan Lambert s’applique à faire ce pas de côté avec l’époque pour mieux saisir ce qui résiste au temps. Le comédien-humoriste révèle à Rebecca Fitoussi comment il fait pour rester au goût du jour dans Un monde, un regard. 

Le