Vol au Louvre : « La sûreté, la sécurité de notre patrimoine sont une priorité », assure Rachida Dati devant les sénateurs

La ministre de la Culture a tenu à répondre ce mercredi aux critiques, après le vol d’une partie des joyaux de la couronne de France au Louvre. Elle assure que l’ensemble des dispositifs de sécurité existant ont correctement fonctionné dimanche matin lors du cambriolage. « Est-ce un succès ? Non, sinon les joyaux seraient encore là », a-t-elle toutefois reconnu devant le Sénat.
Romain David

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Quels dysfonctionnements ont pu conduire au vol spectaculaire des joyaux de la couronne de France au Louvre ? Alors que les sénateurs doivent auditionner ce mercredi en fin de journée Laurence des Cars, la présidente-directrice du musée du Louvre, la ministre de la Cuture, Rachida Dati, a été interpellée un peu plus tôt à ce sujet, lors de la séance des questions d’actualités au gouvernement. « La sûreté, la sécurité de notre patrimoine sont une priorité », a assuré la locataire de la rue de Valois, sous le feu des critiques de la gauche alors que le personnel du Louvre a multiplié les alertes ces dernières années sur la vétusté des équipements. « Depuis 2017, le budget du patrimoine a augmenté de plus de 27%, dans cette augmentation il y a une part consacrée à la sûreté et à la sécurité de nos musées », a défendu la ministre.

Dimanche matin, quatre malfaiteurs ont réussi à s’introduire dans la galerie d’Apollon et à en ressortir quelques minutes plus tard après avoir dérobé huit pièces de joaillerie d’une valeur inestimable, datant du Premier et du Second empire.

 « Est-ce que les alarmes ont fonctionné ? Oui ! »

« Je veux rappeler aussi quelques faits. Est-ce que les dispositifs de sécurité internes au musée du Louvre ont fonctionnée ? Oui ! », a souligné Rachida Dati. « Est-ce que les alarmes ont fonctionné ? Oui ! Est-ce que dès l’effraction de la fenêtre les alarmes ont fonctionné ? Oui ! Est-ce que l’alarme des vitrines a fonctionné ? Oui, c’est une réalité. Est-ce que les agents ont respecté le protocole de sécurité et de sûreté, notamment la mise à l’abris des visiteurs ? Oui ! », a énuméré Rachida Dati

« Est-ce un succès ? Non, sinon les joyaux seraient encore là », a conclu la ministre, laissant ainsi entendre que les failles seraient moins à aller chercher du côté d’un manque de moyens, que de celui des protocoles en place. Raison pour laquelle elle a lancé « une enquête administrative », dont l’objectif est de proposer une « amélioration des dispositifs ».

La ministre accusée de mensonge

Dans un communiqué publié dans la foulée de l’intervention de la ministre, le sénateur communiste de Paris Ian Brossat l’a accusé « de mentir devant la représentation nationale ». « France Inter a révélé ce matin que le système RAMSES ne s’est déclenché qu’après la deuxième alarme, lors de la destruction de la vitrine des bijoux, et non lors de la découpe de la fenêtre, comme cela aurait dû être le cas. Ce dysfonctionnement a permis aux malfrats de s’enfuir avec leur butin », explique l’élu, candidat à la mairie de Paris. « Dans n’importe quelle démocratie digne de ce nom, une ministre prise en flagrant déni des alertes répétées des salariés et de la direction concernant les failles de sécurité d’un des plus grands musées du monde aurait démissionné séance tenante », tacle encore Ian Brossat.

Rachida Dati était interrogée par le centriste Laurent Lafon, président de la commission de la Culture. Le sénateur s’est notamment ému du fait que l’appel d’offre relatif au schéma directeur de sécurité élaboré en 2019 n’a été lancé que cette année. « Pourquoi un délai si long ? Est-ce que des arbitrages en interne ont été rendus au détriment de la sécurité ? », a-t-il notamment lancé. Autant de questions qui seront à nouveau posées à Laurence des Cars.

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