Voyage des sportifs à Auschwitz : « j’ai plongé dans l’horreur » raconte Richard Dacoury

Accompagné de plusieurs sportifs de haut niveau, l’ancien basketteur Richard Dacoury s’est rendu le 14 janvier dernier au camp de concentration d’Auschwitz en Pologne. Un voyage au cœur du système d’extermination des juifs mis en place par le régime nazi, dont il avoue être revenu transformé. Mais surtout l’occasion pour ce grand champion de rappeler l’urgence de la lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de racismes. Invité dans l’émission « Sport etc. » présentée par Anne-Laure Bonnet, il revient sur le rôle que les sportifs renommés peuvent jouer auprès des plus jeunes.
Pierre Bonte-Joseph

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Sur les images les visages sont fermés. L’air est grave. Le froid du mois de janvier fouette les silhouettes qui marchent dans les baraquements du camp blanchis par la neige. « Nous avions pensé à ce déplacement bien avant les évènements terribles du 7 octobre » rappelle en préambule Richard Dacoury avant de préciser que ce voyage pour eux devait se faire « en hiver pour nous rendre compte de l’atrocité, de ce qui a été vécu là-bas ».

Outre Richard Dacoury, le boxeur Jean-Marc Mormeck, le tennisman Fabrice Santoro, ou le nageur Camille Lacourt ont fait le déplacement. Un voyage important pour ces sportifs au moment où les actes antisémites ont été multiplié par quatre en France en 2023 d’après le décompte établi par le Conseil représentatif des institutions juives de France.

Un voyage pour lutter contre tous les racismes

Mais pour Richard Dacoury ce serait une erreur de limiter à la lutte contre l’antisémitisme « c’est vraiment la lutte contre tous les racismes et toutes les discriminations et les violences » qui a justifié ce déplacement selon lui. « C’était un voyage humaniste, un message humaniste, parce qu’on doit lutter contre ce qu’on voit dans notre société. Nous sommes des citoyens comme tout le monde. On a l’oreille des plus jeunes et on se doit de dépasser notre fonction de sportifs et de porter des convictions. C’est toute une société qui doit se mettre debout et dire non » ajoute-t-il.

« Il y avait un Richard Dacoury avant et un après. »

Pour celui qui remporta ses plus beaux trophées avec le CSP Limoges dans les années 1990 « on ne peut plus se diriger comme on est en train de le faire inexorablement vers ces extrémismes, ces atrocités ». Et pourtant alerte-t-il « on y va droit ! Il y a deux semaines dans une place à ciel ouvert des milliers d’italiens ont fait le salut nazi sans se cacher ».

Une visite qui a marqué le basketteur « Il y avait un Richard Dacoury avant et un après » avoue t-il, avant de continuer « je me sens encore plus concerné par ces combats. J’ai plongé dans l’horreur, lorsque l’on voit ce qui s’est passé sur place, et lorsque les témoins qui l’ont vécu vous explique ! Ce que vous voyez autour de vous ça vous glace le sang et vous dites je ne veux pas que ça se reproduise. On doit se battre tous ensemble » conclue-t-il.

 

Retrouvez l’intégralité de l’émission ici.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au gouvernement Senat
5min

Culture

Grasset : les parlementaires travaillent à une loi sur une clause de conscience des auteurs 

Après l’éviction d’Olivier Nora par Vincent Bolloré et le départ de plus de 200 auteurs des éditions Grasset, le monde de l’édition réclame la création d’une clause de conscience facilitant le départ des auteurs en cas de changement de ligne éditoriale de leur éditeur. La sénatrice socialiste, Sylvie Robert, s’est emparé du sujet et travaille sur un texte de loi en lien avec des députés de gauche, mais aussi du centre.

Le

Voyage des sportifs à Auschwitz : « j’ai plongé dans l’horreur » raconte Richard Dacoury
3min

Culture

 Avec Guillaume Diop et Hugo Marchand « On finit par se connaitre par cœur comme un vieux couple » reconnaît la danseuse étoile Dorothée Gilbert

Elle le dit elle-même : le corps s’use, l’opéra est exigeant et il faut être à la hauteur des ballets que l’on joue. À 42 ans la danseuse étoile Dorothée Gilbert prendra sa retraite à la fin de l’année dans un ultime récital de l’Histoire de Manon à l’Opéra Garnier. Comment se réinvente-t-on vie après 35 ans passés dans l’institution ? Quels liens a-t-on noué avec ses partenaires, Dorothée Gilbert se livre au micro de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Voyage des sportifs à Auschwitz : « j’ai plongé dans l’horreur » raconte Richard Dacoury
3min

Culture

« C’était la première fois que je voyais des êtres humains devenir des bourreaux » Ginette Kolinka, centenaire survivante du camp d’Auschwitz-Birkenau.

Celle qui est devenue commandeur de la Légion d’Honneur à cent ans au titre d’intervenante en milieu scolaire du devoir de mémoire, n’avait que 19 ans lorsque la Gestapo l’a arrêtée en mars 1944. Désormais, elle n’a de cesse de témoigner et de rappeler aux jeunes générations ce qu’a été la Shoah : le massacre délibérément planifié de près des deux tiers des Juifs d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, environ six millions de personnes. Ginette Kolinka était l’invitée de Rebecca Fitoussi dans « un monde, un regard ».

Le

Voyage des sportifs à Auschwitz : « j’ai plongé dans l’horreur » raconte Richard Dacoury
3min

Culture

« La dictature est un one-man show qui a mal tourné ! », Jonathan Lambert revient sur l’époque burlesque que nous traversons

C’est la liberté qui dicte ses choix artistiques. L’auteur de Qui a volé mes jambes ? (éd. du Seuil) revient sur le devant de la scène avec un roman-photo où il déroule une enquête policière absurde. Une fois n’est pas coutume, il renouvelle la forme. Comme pour ne pas s’enfermer dans un style, comme pour éviter de se répéter ou de ne plus être drôle. Sans cesse, Jonathan Lambert s’applique à faire ce pas de côté avec l’époque pour mieux saisir ce qui résiste au temps. Le comédien-humoriste révèle à Rebecca Fitoussi comment il fait pour rester au goût du jour dans Un monde, un regard. 

Le