Bruno Le Maire veut engager 10 milliards d’euros d’économies supplémentaires pour 2024
Credit:Jacques Witt/SIPA/2406261229

Bruno Le Maire maintient l’objectif de 25 milliards d’euros d’économies en 2024

Le ministre de l’Économie et des Finances va adresser ce 11 juillet un « courrier de notification à tous les ministères de leur plafond de dépenses ». Il invite à nouveau les collectivités territoriales à réaliser deux milliards d’économies.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Je suis encore ministre de l’Économie et des Finances. Ma responsabilité, c’est de garantir la continuité de l’État de garantir l’équilibre des finances publiques. » Bruno Le Maire veut rester jusqu’au bout aux manettes du pilotage des dépenses publiques, alors que plusieurs risques budgétaires se profilent pour les prochains mois. Ce 11 juillet, il annonce prendre de nouvelles décisions pour tenir l’objectif d’un déficit public à 5,1 % du PIB. Mais leur mise en œuvre n’est pas garantie.

En février, le gouvernement a déjà annulé 10 milliards d’euros par décret, conséquence de rentrées fiscales bien moins bonnes qu’espéré fin 2023, et récolté 5 milliards de recettes supplémentaires avec le rehaussement de la fiscalité sur l’électricité en début d’année. Il reste 10 milliards d’euros de mesures à appliquer pour respecter sa trajectoire budgétaire détaillée dans le programme de stabilité du printemps.

Il va envoyer un « courrier de notification à tous les ministères de leur plafond de dépenses », lequel « va marquer une réduction de dépenses pour tous les ministères de 5 milliards d’euros par rapport à la loi de finances initiale », a-t-il précisé ce jeudi. « Si un prochain gouvernement, dans 15 jours, ou dans un mois, veut dégeler les crédits, il a tout le loisir de les dégeler », a précisé le locataire de Bercy. « Je tiens les objections qui sont les nôtres, tant que le gouvernement est en fonction ».

« Plus la période d’incertitude politique dure, plus l’impact économique est lourd »

Le ministre demande toujours deux milliards d’euros d’effort aux collectivités locales, face au constat d’une « forte augmentation » de leurs dépenses. Sans aucune garantie de succès, étant donné le principe de libre administration des collectivités. « Je veux mettre chacun devant ses responsabilités. Chacun doit contribuer au rétablissement des finances publiques », a-t-il indiqué.

Troisième élément visant à redonner un peu de marge pour l’exercice 2024 : une taxation des profits des énergéticiens, pour un montant attendu 3 milliards d’euros. Là aussi, le produit reste purement virtuel pour l’instant. La nouvelle version de la contribution sur les rentes inframarginales (CRIM) ne peut s’appliquer rétroactivement sur 2024, qu’après avoir été adoptée dans le budget 2025. « Je prépare la décision. À charge pour la prochaine majorité de la voter ».

Pour le ministre, cette série de mesures sont « indispensables » pour tenir la trajectoire fixée au printemps dans le cadre du programme de stabilité. Bercy identifie des « risques » dans les mois à venir, en particulier « l’immobilisme économique » lié à l’incertitude politique actuelle. Le ministre de l’Économie et des Finances redoute également un « risque de dérapage sur les dépenses de la Sécurité sociale » et des recettes fiscales moins élevées que prévu au second semestre. « Plus la période d’incertitude politique dure, plus l’impact économique est lourd. On est sur quelques milliards d’euros », a affirmé le ministre.

Alors que chaque bloc poursuit ses négociations pour tenter de faire émerger une coalition au Parlement, Bruno Le Maire a profité de l’occasion pour dénoncer à nouveau le programme du Nouveau Front populaire. « Le projet économique du Nouveau Front populaire représente un danger vital pour la France », a-t-il assené, le qualifiant d’ « irréaliste » et de « spoliateur ».

Partager cet article

Dans la même thématique

« On ne peut pas rester comme ça dans ce flou artistique » : des sénateurs font monter la pression pour obtenir un budget 2026 rectificatif
6min

Économie

« On ne peut pas rester dans ce flou artistique ! » : des sénateurs font monter la pression pour obtenir un budget 2026 rectificatif

Le gouvernement a détaillé de nouvelles mesures d’accompagnement pour faire face à la flambée des carburants, mais n’a toujours pas révélé ses choix en matière d’économies, pour tenir la trajectoire des comptes publics. Au Sénat, le rapporteur général de la commission des finances exige par courrier à Bercy la communication des arbitrages. La demande pour un projet de loi de finances rectificative monte également.

Le

Le rapporteur général de la commission des finances du Sénat réclame un projet de loi de finances rectificative, « sans délai »
2min

Économie

Le rapporteur général de la commission des finances du Sénat réclame un projet de loi de finances rectificative, « sans délai »

Dans un communiqué, le sénateur LR Jean-François Husson appelle le gouvernement à agir, estimant que le cadre budgétaire voté en début d’année « n’est plus crédible ». Il considère que cela doit passer par un budget rectificatif, seul capable de redonner de la « visibilité à la Nation face aux incertitudes économiques et géopolitiques ».

Le

Bruno Le Maire maintient l’objectif de 25 milliards d’euros d’économies en 2024
7min

Économie

Banque de France : Emmanuel Moulin assure les sénateurs de son « indépendance » vis-à-vis « du pouvoir exécutif » et « des intérêts privés »

Nommé par Emmanuel Macron pour prendre la tête de la Banque de France, Emmanuel Moulin a assuré les sénateurs qui l’ont auditionné de sa totale « indépendance », s’il est bien confirmé à ce poste. « Homme libre », il juge que le « quoi qu’il en coûte », lors du covid, « aurait pu être désactivé plus tôt » et que les mesures de soutiens face au coût de l’énergie ont été « beaucoup trop élevées ».

Le

France Cannes 2026 Minotaur Red Carpet
9min

Économie

Tribune anti-Bolloré : le cinéma Français peut-il se passer de Canal + ?

La menace du patron de Canal+ d’écarter les signataires d’une tribune contre l’influence de Vincent Bolloré a provoqué une onde de choc à Cannes. Au-delà de la polémique politique, l’affaire met en lumière la place devenue incontournable du groupe dans le cinéma français. Premier financeur privé du secteur, diffuseur historique et désormais présent dans une partie de l’exploitation des salles via UGC, Canal+ s’impose à tous les niveaux de la chaîne de valeur d’une filière fragilisée et fortement dépendante de ses investissements.

Le