Paris : QAG au Senat
Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA/2401172134

Budget 2025 : « Ça suffit ! » La commission des finances du Sénat veut le respect du calendrier

Sur fonds de révélation de la poursuite du dérapage des comptes publics, le président de la commission des finances du Sénat, et le rapporteur général, se montrent opposés à tout retard dans la transmission du projet de loi de finances.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Voilà cinquante jours que la France n’a plus de gouvernement de plein exercice. La quête interminable de l’Élysée pour trouver un remplaçant à Gabriel Attal commence à sérieusement à mettre en péril la bonne préparation du projet de loi de finances, soumis à des délais contraints. En l’absence d’un nouveau Premier ministre, les services de Bercy ont préparé une ébauche de budget, « réversible », en attente d’arbitrages politiques. Le temps est compté, car les éléments du projet de loi doivent être communiqués pour avis au Conseil d’État puis au Haut Conseil des finances publiques.

Le gouvernement démissionnaire assure que tout est fait pour tenir les différentes échéances, et notamment le dépôt du texte au Parlement le premier mardi d’octobre, fixé dans la loi organique. « Notre responsabilité avec Gabriel Attal et Bruno Le Maire, c’est de tout faire pour respecter les délais et qu’on ait un budget », assurait le ministre démissionnaire des Comptes publics, Thomas Cazenave, au Parisien le week-end dernier. Cela n’a pas empêché de Matignon de se renseigner sur ses marges de manœuvre en cas de difficultés, comme le révélait en début de semaine Le Monde. Les juristes rattachés au Premier ministre considèrent qu’un retard d’une à deux semaines permettrait encore de garantir l’obligation de laisser 70 jours d’examen au Parlement.

« À force de procrastination, le président de la République fait n’importe quoi »

Charge au prochain gouvernement d’activer cet éventuel délai supplémentaire. Au Parlement, certains ne l’entendent pas de cette oreille. Les deux premiers sénateurs de la commission des finances du Sénat ne veulent pas en entendre parler, d’autant plus que l’urgence est à freiner la nouvelle dégradation des finances publiques. « Arrive maintenant une petite musique : on va regarder si on peut retarder le budget. Non, non, non, ça suffit, la situation est trop grave », désapprouvait fermement Jean-François Husson (ex-LR), ce 3 septembre. Même inflexibilité de la part du président de la commission des finances, Claude Raynal (PS), attaché au respect de la loi organique sur les finances publiques (Lolf), bien malmenée ces dernières années. « C’est hallucinant, c’est inacceptable sur le principe. À force de procrastination, le président de la République fait n’importe quoi », s’indignait le sénateur de Haute-Garonne.

Après avoir dénoncé en juin « l’imprudence et l’inaction » du gouvernement dans la construction du budget 2024, ainsi qu’une « rétention d’informations problématique », le duo va reprendre la parole publiquement ce 4 septembre, lors d’une conférence de presse à 16 heures qui s’annonce suivie.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Budget 2025 : « Ça suffit ! » La commission des finances du Sénat veut le respect du calendrier
5min

Économie

« Notre conviction : prix bas, exigence sociale et responsabilité environnementale », revendique le président d’Action France

Auditionné ce mercredi par la commission d’enquête du Sénat sur les marges dans la grande distribution, le président d’Action France est revenu sur le succès de son entreprise spécialisée dans les prix bas, permis par un fonctionnement ultra-centralisé, « clairement basé sur les volumes ». Interpellé sur les conditions de travail dans ses enseignes, il s’est défendu en assurant que les employés étaient « au cœur de la stratégie d’entreprise ».

Le

La hausse du prix de l’essence est redoutée dans les stations-services
6min

Économie

Guerre au Moyen-Orient : l’inquiétude monte face à l’augmentation du prix des carburants

Sous l’effet des tensions d’approvisionnement en pétrole depuis les pays du Golfe, plusieurs experts anticipent une hausse significative des prix à la pompe, pouvant atteindre 2 euros par litre d’essence. Alors que l’opposition monte au créneau, le gouvernement se veut vigilant face aux potentielles tentatives de spéculation des distributeurs et des raffineurs.

Le

Budget 2025 : « Ça suffit ! » La commission des finances du Sénat veut le respect du calendrier
7min

Économie

« Les hausses de prix ne reflètent pas un enrichissement des industriels », assure au Sénat Mondelez, propriétaire des biscuits LU

Face à la commission d’enquête du Sénat sur la construction des prix dans la distribution et l’industrie, la multinationale spécialiste du goûter a insisté sur la dégradation de ses marges au fil des dernières années. « Nos coûts liés au marché français ont augmenté deux fois plus vite que nos prix de cession négociés avec nos clients », a exposé sa présidente.

Le

Budget 2025 : « Ça suffit ! » La commission des finances du Sénat veut le respect du calendrier
5min

Économie

« Vous êtes sous serment ! » : accroc durant l’audition de la centrale d’achat internationale de Carrefour et de Coopérative U, au Sénat

L’une des réponses apportées devant la commission d’enquête du Sénat sur les marges dans la grande distribution et ses fournisseurs, ce 4 mars, était manifestement contradictoire avec les éléments dont disposait la rapporteure. Eureca, la centrale d’achat européenne, de plusieurs enseignes dont Carrefour et Coopérative U, était interrogée sur ses pratiques en matière de négociations commerciales.

Le