Budget 2025 : les communistes « restent leur faim », après la consultation au ministère de l’Économie
Credit:Thomas Hubert/SIPA/2501081649

Budget 2025 : les communistes « restent sur leur faim », après la consultation au ministère de l’Économie

Les parlementaires communistes se sont entretenus ce 8 janvier avec le ministre de l’Economie et la ministre du Budget. Ils constatent qu’il n’y « pas de fin de non recevoir » sur leurs demandes. Comme les socialistes lundi, ils demandent de « véritables négociations ».
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Nous avons passé une heure et demie à discuter. Quand on passe une heure et demie, c’est qu’il y a matière à discuter. » À la sortie du ministère de l’Economie et des Finances ce 8 janvier, le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel, aux côtés de ses deux présidents de groupe, résume l’attitude des ministres avec une image, celle d’une « porte qui s’entrebâille ». « Nous voulons mettre notre pied dedans », résume l’ancien député du Nord, qui appelle à entamer de « réelles négociations » avec l’exécutif sur le budget 2025. La même demande a été formulée par leurs alliés socialistes, le premier groupe de gauche reçu lundi, dans le cadre des consultations budgétaires. « Il semblerait qu’il y a une volonté d’écoute, et de notre part, une volonté d’être constructif pour répondre aux urgences et avancer. Nous avons rappelé nos exigences », relaye également Cécile Cukierman, la présidente du groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste – Kanaky (CRCE-K).

« Ce n’est pas encore clair »

De la suspension de la réforme des retraites, et de l’âge légal de départ à 62 ans, aux mesures fiscales sur « le patrimoine des plus riches », le numéro un du PCF note qu’il n’y a pour le moment aucune « fin de non-recevoir ». Ni de réponse positive non plus. « On reste un peu sur notre faim, dans la mesure où ce n’est pas encore clair. » La délégation demande d’autres échanges dans les prochains jours, y compris avec d’autres membres du gouvernement.

Les parlementaires communistes se réservent pour le moment le droit d’appuyer une nouvelle fois sur le bouton de la motion de censure. « Si nous avons le même budget que celui présenté par M. Barnier, il y aura le même vote, et donc la censure. Les mêmes causes produisent les mêmes effets », prévient Fabien Roussel.

La sénatrice Cécile Cukierman dénonce le choix de reprendre le projet de loi de finances interrompu en décembre

Dans ce climat d’écoute, les élus communistes se montrent cependant inquiets sur la volonté du gouvernement de reprendre les textes budgétaires, là où ils s’étaient arrêtés en décembre. Le projet de loi de finances, stoppé au Sénat le 4 décembre en pleine partie des dépenses, pourrait être réinscrit à l’ordre du jour parlementaire le 15 janvier. Ce choix, justifié par la nécessité de doter la France d’un budget au plus vite, ne réjouit pas Cécile Cukierman par exemple, qui redoute des difficultés dans le droit d’amendement, à ce stade de la navette parlementaire. « Si on veut passer des bonnes idées à la pratique, il nous faut les outils nécessaires pour cela. On ne veut pas repartir d’une page blanche par plaisir, mais avoir un texte qui nous permette de rééquilibrer les choses. »

D’autant que la première partie, relative aux recettes fiscales, une partie clé pour les groupes de gauche, a été réécrite dans la douleur. « Une première partie rejetée à l’Assemblée nationale, et qui connaît une deuxième délibération au Sénat, permettez-moi de douter de l’intelligence d’une telle partie », épingle la sénatrice de la Loire. « On ne peut pas entamer l’année 2025 en poursuivant le débat budgétaire comme si de rien n’était, sauf à avoir des ministres qui deviennent porte-parole d’un gouvernement censuré ! »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Budget 2025 : les communistes « restent sur leur faim », après la consultation au ministère de l’Économie
7min

Économie

« Ne faisons pas le procès du prix le plus bas, s’il vous plaît », demande Michel-Édouard Leclerc devant la commission d’enquête du Sénat

L’incarnation de la stratégie des centres E. Leclerc a défendu son modèle tout en assurant rémunérer la matière agricole au juste prix, face à la commission d’enquête du Sénat sur les marges de la grande distribution et de ses fournisseurs. « C’est notre affaire que d’être moins cher que Carrefour et Auchan », a-t-il insisté.

Le

Budget 2025 : les communistes « restent sur leur faim », après la consultation au ministère de l’Économie
8min

Économie

« On cherche trop souvent à diaboliser la grande distribution », s’indigne Alexandre Bompard devant la commission d’enquête du Sénat

Interrogé par la commission d’enquête sénatoriale sur les marges de la grande distribution et de ses fournisseurs, le président directeur général du groupe Carrefour a fait part de son agacement face au climat de suspicion visant son secteur. Alexandre Bompard est également revenu sur ses ambitions à horizon 2030, entre conquête de nouvelles parts de marché et amélioration de son résultat.

Le

European Union – Politics – Brussels
5min

Économie

Le Sénat tire la sonnette d’alarme face à un projet de budget européen « désastreux pour les Outre-mer »

Alors que la Commission européenne revoit les modalités de son cadre budgétaire pour l’exercice 2028-2034, le Sénat français dénonce les effets de bords de cette réforme pour les Outre-mer. Dans un rapport publié ce mercredi 25 février, les élus estiment que la fusion de différents fonds alloués aux « régions ultrapériphériques » risque de s’accompagner d’une perte de visibilité budgétaire. Ils dénoncent aussi un déséquilibre dans la répartition de certaines enveloppes entre les territoires ultramarins.

Le

Budget 2025 : les communistes « restent sur leur faim », après la consultation au ministère de l’Économie
7min

Économie

« Lactalis est extrêmement agressif » : la centrale d’achat d’Intermarché et Auchan réfute devant le Sénat les accusations de « menaces »

Gianliugi Ferrari, président d’Everest, le bras armé commercial d’Intermarché, d’Auchan en alliance avec d’autres partenaires européens, a été longuement questionné au Sénat sur le bras de fer commercial qui l’oppose au géant Lactalis, au sujet des tarifs. Face à la commission d’enquête sur les marges des différents acteurs, le patron de la centrale refuse de parler de déréférencement mais d’une baisse « temporaire » des volumes dans les enseignes concernées.

Le