Budget 2026 : le Sénat retire 1 milliard d’euros à France 2030

La droite sénatoriale a annulé le financement de France 2 030 pour l’année 2026, pour environ 1 milliard d’euros d’économies. Ces crédits devaient servir à financer l’innovation et la réindustrialisation, ce qui a provoqué les protestations de la gauche et de certains groupes de la droite et du centre.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Lors de l’examen du budget des investissements de l’Etat, la majorité sénatoriale a adopté un amendement du rapporteur général Jean-François Husson (LR) annulant les crédits destinés à la structure « France 2 030 » pour 2026, pour environ 1 milliard d’euros d’économies. Les autres crédits de la mission – 4,3 milliards restants – devraient d’après lui permettre de verser les aides aux entreprises sur lesquelles le gouvernement s’est déjà engagé.

« Est-ce que c’est sur l’innovation que nous devons faire des économies ? »

Structure née de la pérennisation de France Relance après la pandémie de covid-19, France 2 030 a pour but de financer des investissements stratégiques dans la réindustrialisation, la recherche et l’innovation. Les protestations ont donc largement dépassé la gauche de l’hémicycle. Les sénateurs Les Indépendants (où siège Horizons), qui n’ont eu de cesse de défendre des mesures d’économies au cours de l’examen du budget 2026, se sont par exemple opposés – une fois n’est pas coutume – à ce coup de rabot.

« Est-ce que c’est sur l’innovation que nous devons faire des économies ? Au moment où nous sommes totalement décrochés par la Chine et les Etats-Unis, ça n’est pas possible », a notamment argumenté Emmanuel Capus. Signe de la division de la majorité sénatoriale sur la question, le scrutin public demandé par le groupe Les Républicains a été plus serré qu’à l’accoutumée dans un hémicycle acquis à la droite et au centre, avec 185 voix pour l’amendement à 1 milliard de Jean-François Husson et 155 contre.

« Vous cherchez à compenser les baisses de recettes que vous avez votées »

Le rapporteur général du budget, ainsi que le rapporteur spécial Laurent Somon, ont défendu une mesure d’équilibre budgétaire censée – en partie – compenser la suppression de la contribution exceptionnelle des grandes entreprises votée par le Sénat dans la première partie du budget 2026, pour un coût de 4 milliards d’euros (voire notre article). Jean-François Husson a notamment mis en avant que lors des exercices budgétaires précédents, le gouvernement avait finalement annulé en fin de gestion plus d’1 milliard de crédits du budget de France 2 030.

La droite sénatoriale a aussi insisté sur l’opacité de la structure France 2030, directement contrôlée par Matignon et qui entérine une sorte de « contournement de la procédure budgétaire. » « Je ne peux pas accepter le comportement de nombreux acteurs sur ce dossier. C’est le Parlement qui décide », a ainsi conclu Jean-François Husson. « Vous avez voté 8 milliards de baisses de recettes et pour les compenser, vous cherchez là où il y a de la masse budgétaire », lui a répondu le président socialiste de la commission des Finances, Claude Raynal. Le vote solennel sur le budget 2026 aura lieu lundi 15 décembre au Sénat.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Commerces dans un village
7min

Économie

« 62% des communes ne comptent plus aucun commerce » : les propositions du Sénat pour enrayer le déclin des commerces de proximité

Lutte contre la concurrence chinoise, soutien aux commerçants locataires, dynamisation des centres-villes… Dans un rapport rendu ce mercredi, plusieurs sénateurs formulent des propositions pour enrayer le déclin des commerces physiques. Bien que spectaculaire, cette « décommercialisation » n’est pas une fatalité, assurent-ils.

Le

Budget 2026 : le Sénat retire 1 milliard d’euros à France 2030
2min

Économie

Tourisme : « 65 000 emplois saisonniers n’ont pas été pourvus en 2025 », alerte Nathalie Delattre

Non, il ne faut pas ralentir la fréquentation ; À l’heure où certaines destinations sont saturées par la fréquentation touristique, notamment Paris et sur la Côte d’Azur, d’autres régions voient à travers le tourisme une chance de développement. Comme dans la petite commune de Cabrerets dans le Lot, où l’Hôtel des Grottes reste l’une des seules activités de la commune. À l’heure où l’on parle des dégâts du « surtourisme » sa gérante témoigne de l’importance de ne pas sacrifier la filière et de ses difficultés de recrutement dans l’émission Dialogue citoyen présentée par Quentin Calmet.

Le

FRANCE PONTPIERRE HYDROGEN
6min

Économie

Hydrogène naturel : « La France pourrait devenir un leader mondial de cette ressource »

Dans une note, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) appelle la France à ne pas laisser passer l’opportunité de devenir « un leader mondial » de l’hydrogène naturel. Les auteurs, le sénateur Michaël Weber et le député Gérard Leseul, demandent à l’Etat de financer des opérations de prospection, d’aider les entreprises à exploiter la ressource et de sensibiliser la population sur ces sujets.

Le