Budget de la Sécu : le Sénat renforce l’encadrement tarifaire des transports de malades

Les sénateurs ont adopté, ce vendredi 22 novembre, un amendement du gouvernement qui permet à l’Assurance maladie de baisser unilatéralement les tarifs de transport de patients en taxis conventionnés. Le gouvernement cherche à freiner la progression des dépenses dans ce domaine, les remboursements de transports ayant couté 6,3 milliards d’euros à la Sécu en 2023.
Romain David

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Le Sénat renforce les prérogatives de l’Assurance maladie en matière de contrôle des tarifs de transports de patients. Vendredi 22 novembre, dans le cadre de l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2025, les sénateurs ont adopté un amendement du gouvernement qui permet à l’Assurance maladie de conclure « des accords de maîtrise des dépenses » avec le secteur des transports sanitaires, notamment en ce qui concerne le transport de patients en taxis conventionnés.

Faute d’accord, le texte voté donne à l’Assurance maladie le pouvoir de procéder à des baisses de tarifs pour atteindre un objectif déterminé d’économies. Le gouvernement attend de cette mesure une économie de 300 millions d’euros sur trois ans.

6,3 milliards d’euros dépensés en 2023

La hausse des coûts de transports de patients est régulièrement pointée du doigt par Bercy comme une piste d’économies. Les dépenses ont grimpé de 9 % entre 2022 et 2023, pour atteindre « un niveau historique en 2023, avec 6,3 milliards d’euros remboursés par l’Assurance maladie », souligne le gouvernement.

Durant les débats, les sénateurs ont toutefois obtenu de décaler du 30 avril au 30 juin 2025 la date butoir au-delà de laquelle l’Assurance maladie, faute d’accord avec le secteur, pourra décider d’une baisse des prix. « Retarder ce calendrier conduira à concentrer l’effort sur un temps plus court, et peut-être à demander des baisses de tarifs supérieures, ce que je ne souhaite pas », a tenté d’opposer la ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq.

Partager cet article

Dans la même thématique

Immobilier, La Defense, Paris.
7min

Économie

Paris s’apprête à doubler la taxe sur les logements vacants « pour remettre environ 20 000 appartements sur le marché »

Pour lutter contre la pénurie de logements à Paris, la ville va appliquer à partir de 2027 les plafonds de la nouvelle taxe sur les logements vacants, un dispositif inscrit dans la dernière loi de finances. Emmanuel Grégoire a fait de la résorption du parc inoccupé le principal axe de sa politique en matière de logement. À terme, la majorité municipale espère aussi intervenir sur les résidences secondaires.

Le

Budget de la Sécu : le Sénat renforce l’encadrement tarifaire des transports de malades
7min

Économie

« Les hausses de prix ne reflètent pas un enrichissement des industriels », assure au Sénat Mondelez, propriétaire des biscuits LU

Face à la commission d’enquête du Sénat sur la construction des prix dans la distribution et l’industrie, la multinationale spécialiste du goûter a insisté sur la dégradation de ses marges au fil des dernières années. « Nos coûts liés au marché français ont augmenté deux fois plus vite que nos prix de cession négociés avec nos clients », a exposé sa présidente.

Le

Budget de la Sécu : le Sénat renforce l’encadrement tarifaire des transports de malades
5min

Économie

« Vous êtes sous serment ! » : accroc durant l’audition de la centrale d’achat internationale de Carrefour et de Coopérative U, au Sénat

L’une des réponses apportées devant la commission d’enquête du Sénat sur les marges dans la grande distribution et ses fournisseurs, le 4 mars dernier, était manifestement contradictoire avec les éléments dont disposait la rapporteure. Eureca, la centrale d’achat européenne, de plusieurs enseignes dont Carrefour et Coopérative U, était interrogée sur ses pratiques en matière de négociations commerciales.

Le