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Chômage : le nombre d’inscrits à France Travail en hausse en 2025

Au quatrième trimestre de 2025, France Travail constate une forte hausse du nombre d’inscrits, en particulier parmi les personnes sans emploi. Un essor à mettre en perspective avec les changements de règles administratives.
Rédaction Public Sénat

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D’après les chiffres du ministère du Travail, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A) inscrits à France Travail a augmenté de 2,6 % au quatrième trimestre de 2025, par rapport au précédent, et de 6,8 % sur un an. Les jeunes figurent parmi les plus concernés, avec une hausse de 23,6 % en catégorie A. Quant aux inscrits de longue durée, la hausse est plus modérée (+ 7,8 % sur un an), mais ils représentent 44,9 % des inscrits sans activité (A) ou en activité partielle (B et C).

Des chiffres alarmants à première vue, mais qui traduisent les effets des changements de règles intervenues en 2025. Sans celles-ci, les estimations de la Dares montrent que l’augmentation se limiterait à 1,7 % sur un an pour les catégories A, soit 40 000 inscrits supplémentaires. Sur X, Jean-Pierre Farandou s’est réjoui que le taux d’emploi se maintienne « à un niveau historiquement élevé ».

Influence des nouvelles règles sur les chiffres ?

Dans un communiqué, la Dares nuance ces chiffres, rappelant des évolutions réglementaires et statistiques intervenues l’année passée. Depuis l’entrée en vigueur de la loi pour le plein-emploi, l’inscription à France Travail est automatique pour l’ensemble des personnes sans emploi. Ce changement de périmètre aurait particulièrement influencé le nombre de jeunes inscrits, notamment pour ceux déjà suivis par les missions locales.

Cet essor relèverait aussi de la réforme du régime des sanctions. Depuis la publication d’un décret en juin dernier, ces sanctions prennent souvent la forme d’une « remobilisation » et d’un « réengagement », plutôt qu’une radiation. Ce dispositif « a donc accru le stock de demandeurs d’emploi inscrits, indépendamment de la conjoncture économique », d’après la Dares.

Eric Heyer, directeur du département Analyse et Prévention de l’OFCE, délivre une lecture différente auprès de l’AFP : « C’est une forte dégradation au quatrième trimestre et elle n’est pas liée à la loi plein-emploi, elle est vraiment liée à une dégradation du marché du travail ». Et d’ajouter : « Globalement, il y avait une baisse du nombre de demandeurs d’emploi continue de 2015 jusqu’à 2022, puis de 2022 à mi-2024, cela s’est stabilisé et depuis le troisième trimestre 2024, il y a un retournement ». L’économiste s’alarme plus particulièrement de l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi de longue durée : « Ce qui laisse entendre que plus longtemps vous restez demandeur d’emploi, plus il vous est difficile de retourner sur le marché du travail ».

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