Coût des billets, amélioration des dessertes… De nombreux défis restent à relever sept ans après la loi ouvrant le train à la concurrence

À l’occasion d’une table ronde organisée par la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable au Sénat, les acteurs du secteur ferroviaire ont pu faire un bilan d’étape de l’ouverture à la concurrence des lignes françaises, prévue par la loi pour un nouveau pacte ferroviaire adoptée en 2018. Malgré des premiers objectifs atteints, plusieurs défis restent à relever pour convaincre les voyageurs.
Clarisse Guibert

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Le chemin est encore long. Sept ans après la loi pour un nouveau pacte ferroviaire adoptée en 2018, initiant l’ouverture à la concurrence des lignes dites « voyageurs » en France, la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat a organisé une table ronde ce mercredi 29 janvier, pour réaliser un premier bilan. Au programme : les questions du coût des billets pour les usagers, de l’amélioration de la disserte ou encore des lignes non rentables. Les principaux opérateurs que sont la SNCF Voyageurs, Trenitalia France, Transdev ou encore Renfe Operadora et leurs présidents ou directeurs respectifs ont répondu aux questions des parlementaires.

De premiers objectifs atteints pour les opérateurs ferroviaires

Dès le début de leurs interventions, les opérateurs ferroviaires ont mis en avant les points positifs de l’ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires françaises. Le Président-Directeur général de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet a d’abord souligné le succès de l’opération. En effet, aujourd’hui, les quatre opérateurs en présence prouvent que « le réseau est bien ouvert et qu’il est attractif », a-t-il scandé. Une observation reprise par Alix Lecadre, directrice ferroviaire France de Transdev, qui appelle à une structuration du marché pour attirer de nouveaux acteurs, et « pérenniser » ainsi l’ouverture.

Parmi les objectifs de cette ouverture à la concurrence, les entreprises ferroviaires ont listé la baisse des coûts, la diversification des offres ou encore l’augmentation de la fréquentation des usagers. Et ils ont en partie été atteints. Christophe Fanichet a par exemple parlé des 10% usagers supplémentaires en Ile-de-France entre 2023 et 2024. Des hausses confirmées par le Président de Trenitalia France, Marco Caposciutti. Néanmoins, comme l’a rappelé Paloma Baena, Directrice générale de la stratégie globale de Renfe Operadora : « l’ouverture à la concurrence n’est pas sans défi ».

Des risques persistent pour les utilisateurs

Les sénateurs membres de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable ont souligné les manques que l’ouverture à la concurrence des lignes françaises peut engendrer, et en particulier pour les voyageurs. A propos du coût des billets, le PDG de SNCF Voyageurs a admis la hausse à hauteur de 8% des billets pour les trains à grande vitesse (TGV), et ce depuis cinq ans. Du côté de Trenitalia, si le sénateur centriste Stéphane Demilly souligne la baisse de 10% du coût des billets de la ligne Paris-Lyon depuis l’arrivée de l’opérateur italien, l’élu s’inquiète de la durabilité de tels prix. Comme le souligne Christophe Fanichet, « le ferroviaire a un coût ».

Ce bilan d’étape a également permis d’évoquer la menace qui plane sur certaines lignes ferroviaires déficitaires ou la question d’une meilleure desserte pour les usagers. À ce sujet, le PDG de la SNCF Voyageurs se dit contraint par la fabrication de trains qui tardent : « C’est parce que je n’ai pas de trains que je ne peux pas faire plus de dessertes » a-t-il répondu. Une seconde table ronde doit avoir lieu au Sénat pour poursuivre l’évaluation de l’ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires avec d’autres acteurs, a précisé le président Union centriste de la Commission, Jean-François Longeot.

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