Déficit : la France doit suivre l’exemple de l’Italie, estime cette eurodéputée de droite italienne

Alors qu’au Parlement européen, les eurodéputés sont très attentifs à la situation dégradée des finances publiques de la France, certains à droite lui préconisent une baisse drastique du déficit comme l’a fait l’Italie l’an dernier. La France, en crise politique et budgétaire, vue par ses voisins européens, c’est le débat de la semaine de l’émission Ici l’Europe sur France 24, LCP et Public Sénat (diffusée le samedi à 16h30 sur le canal 8 de la TNT).
Alexandre Poussart

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Quand on se compare on s’inquiète… Si on regarde le niveau de dette publique des Etats-membres de l’Union européenne, on constate que la France est le troisième plus mauvais élève européen, derrière l’Italie et la Grèce. La dette française atteint désormais 115 % de notre richesse nationale. En comparaison, l’Allemagne a une dette qui ne représente que 62 % de son PIB.

Au sein du Parlement européen, la situation financière de la deuxième puissance économique de l’Union est observée de très près et on s’inquiète des répercussions sur la zone euro. « Cette situation est assez agaçante pour les voisins et les partenaires de la France c’est évident. Nous sommes dans une communauté de destin, nous avons intérêt à ce que tout le monde réussisse », estime l’eurodéputé luxembourgeois Charles Goerens, membre du groupe centriste Renew, interrogé dans l’émission Ici l’Europe sur France 24, LCP et Public Sénat. « Je n’ai pas de leçon à donner à la France sur ses choix politiques mais ce pays a une obligation de résultats et nous devons le rappeler. »

Déficit : la France loin de la règle européenne des 3 %

A une dette élevée s’ajoute un déficit budgétaire conséquent qui éloigne la perspective d’un redressement rapide des finances publiques. Là encore, la France fait partie des mauvais élèves de l’Union avec un déficit très important, 5,8 % de son PIB au printemps dernier, c’est moins bien l’Allemagne qui est en dessous de la barre des 3 %, la limite de déficit fixée par le Pacte de stabilité européen. Mais pour l’eurodéputée italienne Letizia Moratti, membre du parti Forza Italia, au sein de la coalition des droites au pouvoir en Italie, la France peut s’en sortir si elle suit l’exemple de son voisin transalpin qui a fait des économies. « L’Italie a réussi à réduire son déficit en une année de 7,2 % de son PIB à 3,4 %. Cela a donné confiance aux marchés », explique-t-elle. En effet, pour réduire le déficit italien, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a fait des coupes budgétaires drastiques notamment en supprimant en 2023 le revenu de citoyenneté qui avait permis de sortir de la pauvreté 1 million de personnes. Si la note italienne donnée par les agences de notation s’est améliorée contrairement à la note française, l’Italie connaît néanmoins des difficultés économiques de fond et une productivité faible : 65 euros par heure, selon l’OCDE en 2024, contre 90 euros par heure pour la France.

« La France doit réussir ce défi budgétaire mais sans perdre sa cohésion sociale »

A Bruxelles, on s’inquiète aussi de la crise politique française. L’absence de majorité pour gouverner rend compliqué le vote d’un budget et un redressement des comptes publics. Pour l’eurodéputé social-démocrate allemand Tobias Cremer, la France doit améliorer sa situation financière mais sans oublier d’autres objectifs. « Le défi budgétaire de la France doit prendre en compte le contexte géopolitique actuel. Dans cette guerre hybride, notre sécurité dépend des chars et des drones mais aussi de notre cohésion sociale donc la France doit préserver son système social, peut-être en le rendant plus efficace mais aussi maintenir à niveau ses dépenses de défense. »

Pour certains observateurs européens, la France devrait relancer sa croissance grâce à son industrie militaire et à la hausse des dépenses de défense dans le cadre du plan de réarmement de l’Europe.

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