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Direct. Shein : devant les sénateurs, Frédéric Merlin assume la stratégie du BHV

Direct. Shein : devant les sénateurs, Frédéric Merlin assume la stratégie du BHV

Après avoir décliné plusieurs convocations de l’Assemblée nationale, le porte-parole de Shein France, Quentin Ruffat, et le président du groupe exploitant le BHV, Frédéric Merlin, sont entendus ce matin par la commission des Affaires économiques du Sénat. Suivez sur Public Sénat l’audition ce mercredi à 9h45.
Aglaée Marchand

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Le représentant en France de la plateforme asiatique d’ultrafast-fashion Shein, Quentin Ruffat, répondra finalement aux questions de la commission des Affaires économiques du Sénat. Après plusieurs convocations refusées à l’Assemblée nationale en novembre et en décembre, il est attendu au Sénat ce mercredi matin. A ses côtés, sera également entendu le représentant du grand magasin BHV, Frédéric Merlin, à partir de 9 heures 45 au palais du Luxembourg. Ces convocations s’inscrivent dans la continuité de la découverte de la vente sur le site Shein de poupées pédopornographiques, et de l’installation du géant asiatique au BHV.

10h10

« Shein n’est pas une cause, c’est une conséquence des arbitrages économiques des Français » : Frédéric Merlin assume la stratégie du BHV

Frédéric Merlin, président de SGM Family, propriétaire du BHV, a tenu à replacer son action dans une trajectoire personnelle et économique assumée. « Merci de me donner l’occasion de m’exprimer. C’est un honneur et une responsabilité », a-t-il d’emblée déclaré, estimant que les sujets abordés sont « trop complexes pour se contenter de raccourcis ».
Se définissant comme un « commerçant provincial », il a rappelé que son rapport au commerce s’est construit autour du centre-ville, perçu non seulement comme un lieu d’achat mais comme un espace de vie et d’emplois. Derrière chaque enseigne, a-t-il insisté, il y a des femmes, des hommes et une responsabilité sociale : « On ne sauve pas une filière par posture. » Selon lui, le débat dépasse largement le cas du BHV et touche à l’avenir des centres-villes, des usages et de l’emploi local.
Affirmant que « le client reste roi », Frédéric Merlin revendique une adaptation aux évolutions de la consommation dans le strict respect du “cadre légal”. C’est dans cette logique qu’il a justifié le partenariat avec Shein, présenté non comme un choix idéologique mais comme une expérimentation. « Shein n’est pas une cause, c’est une conséquence des arbitrages économiques des Français », a-t-il souligné, rappelant que des millions de consommateurs achètent déjà sur ces plateformes. La question centrale serait donc, selon lui, de savoir si ces flux doivent mieux exister hors des villes et des règles françaises, ou au contraire “à l’intérieur, dans un cadre fiscalisé, visible et régulé”. Plus de deux mois après le lancement de l’expérimentation, Frédéric Merlin estime être en mesure de dresser un premier bilan « serein », ouvrant la voie à une extension prochaine du dispositif en province. Il déplore toutefois un débat médiatique parfois « excessif », déconnecté des réalités de terrain, alors même que les magasins continuaient d’accueillir quotidiennement des milliers de clients.
Pour sortir des postures, le président de SGM Family a annoncé la création d’un think tank consacré à l’avenir du commerce et des centres-villes. Ce lieu de réflexion réunira experts, élus locaux, économistes et urbanistes, avec pour objectif d’établir un diagnostic d’intérêt général. « Le point de départ n’est ni Shein ni le BHV, mais l’affaiblissement structurel du commerce de centre-ville », a-t-il insisté, comparant les grands magasins à de véritables infrastructures de centralité urbaine, au même titre qu’une gare ou un hôpital.
« Je suis un commerçant français, provincial de culture et de formation », a conclu Frédéric Merlin, affirmant sa volonté de continuer à entreprendre, investir et prendre des risques, tout en contribuant à une réflexion collective « utile, lucide et responsable », avant de se dire prêt à répondre aux questions.
10h07

« S’agissant de Shein, il s’agit d’une expérimentation », affirme le propriétaire du BHV

Dans son propos liminaire, Frédéric Merlin justifie la vente de produits Shein au BHV à Paris en précisant qu’il s’agit d’une expérimentation. Le patron du BHV réitère son intention d’ouvrir « très prochainement des magasins en province ».

10h02

Dominique Estrosi-Sassone évoque une association SHEIN-BHV « qui a pu suspendre »

L’audition débute. La présidente de la commission, Dominique Estrosi Sassone, rappelle le contexte dans lequel prend part cette audition. La société des grands magasins (SGM) a été fondée en 2001 par Frédéric Merlin, à l’origine pour « redonner vie aux centres commerciaux urbains ». La société, dont le chiffre a été évalué à 430 millions d’euros en 2024, regroupe aujourd’hui 20 grands magasins et centres commerciaux, dont le fonds de commerce du BHV Marais depuis 2023. Dominique Estrosi Sassone indique que le BHV « a souffert du commerce en ligne au cours des dernières années ». Il a accueilli la première boutique physique mondiale de Shein le 5 novembre dernier, « une association qui a pu suspendre, compte tenu du positionnement haute gamme qui était devenu celui du BHV jusque-là ». Néanmoins, deux mois après l’ouverture de ce premier magasin, celle d’autres boutiques en province a été repoussée.

Quant à Shein, « souvent qualifié d’ultrafast-fashion », le site est l’un des « plus consultés du monde », rappelle la sénatrice LR. Son modèle économique repose sur « la production massive et rapide de vêtements à bas coûts, et le renouvellement constant de ses collections ». La marque « soulève de fortes inquiétudes en matière d’hyper consommation, de qualité des produits et d’impact environnemental ». Elle est aussi accusée de « faire subir des conditions de travail difficiles, de plagier la concurrence et de pratiques commerciales trompeuses ». Plus récemment, l’entreprise a été pointée du doigt pour ses difficultés « à se conformer aux réglementations françaises et européennes », et pour « la vente de produits illicites et dangereux », qui « interroge sur sa volonté à coopérer avec les autorités publiques ».

10h00

Annoncée en octobre, l’arrivée de Shein, géant chinois de l’ultra fast-fashion, dans plusieurs centres-villes en France, via un accord avec plusieurs magasins Galeries Lafayette gérés par le groupe SGM Family, a déclenché une vive polémique dans le secteur français du prêt-à-porter. Cette annonce intervient alors que les parlementaires français tentent de légiférer depuis plusieurs mois contre l’impact écologique de la mode express. Retrouvez notre article :

>> Fast-fashion : « Avec les Galeries Layafette, le géant Shein s’achète une particule »

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