Frédéric Merlin, président de SGM Family, propriétaire du BHV, a tenu à replacer son action dans une trajectoire personnelle et économique assumée. « Merci de me donner l’occasion de m’exprimer. C’est un honneur et une responsabilité », a-t-il d’emblée déclaré, estimant que les sujets abordés sont « trop complexes pour se contenter de raccourcis ».
Se définissant comme un « commerçant provincial », il a rappelé que son rapport au commerce s’est construit autour du centre-ville, perçu non seulement comme un lieu d’achat mais comme un espace de vie et d’emplois. Derrière chaque enseigne, a-t-il insisté, il y a des femmes, des hommes et une responsabilité sociale : « On ne sauve pas une filière par posture. » Selon lui, le débat dépasse largement le cas du BHV et touche à l’avenir des centres-villes, des usages et de l’emploi local.
Affirmant que « le client reste roi », Frédéric Merlin revendique une adaptation aux évolutions de la consommation dans le strict respect du “cadre légal”. C’est dans cette logique qu’il a justifié le partenariat avec Shein, présenté non comme un choix idéologique mais comme une expérimentation. « Shein n’est pas une cause, c’est une conséquence des arbitrages économiques des Français », a-t-il souligné, rappelant que des millions de consommateurs achètent déjà sur ces plateformes. La question centrale serait donc, selon lui, de savoir si ces flux doivent mieux exister hors des villes et des règles françaises, ou au contraire “à l’intérieur, dans un cadre fiscalisé, visible et régulé”. Plus de deux mois après le lancement de l’expérimentation, Frédéric Merlin estime être en mesure de dresser un premier bilan « serein », ouvrant la voie à une extension prochaine du dispositif en province. Il déplore toutefois un débat médiatique parfois « excessif », déconnecté des réalités de terrain, alors même que les magasins continuaient d’accueillir quotidiennement des milliers de clients.
Pour sortir des postures, le président de SGM Family a annoncé la création d’un think tank consacré à l’avenir du commerce et des centres-villes. Ce lieu de réflexion réunira experts, élus locaux, économistes et urbanistes, avec pour objectif d’établir un diagnostic d’intérêt général. « Le point de départ n’est ni Shein ni le BHV, mais l’affaiblissement structurel du commerce de centre-ville », a-t-il insisté, comparant les grands magasins à de véritables infrastructures de centralité urbaine, au même titre qu’une gare ou un hôpital.
« Je suis un commerçant français, provincial de culture et de formation », a conclu Frédéric Merlin, affirmant sa volonté de continuer à entreprendre, investir et prendre des risques, tout en contribuant à une réflexion collective « utile, lucide et responsable », avant de se dire prêt à répondre aux questions.