French President Emmanuel Macron gestures and looks during the Nutrition for Growth summit in Paris, on March 27, 2025.//04SIPA_SIPA0494/Credit:ELIOT BLONDET-POOL/SIPA/2503272119
Droits de douane : Emmanuel Macron dénonce une « décision brutale et infondée » de Donald Trump
Autour des secteurs les plus exportateurs aux Etats-Unis, comme l’aéronautique, l’automobile ou encore la viticulture, réunis à l’Elysée, le Président de la République a ouvert la réunion de crise en dénonçant la décision de Donald Trump de surtaxer les produits européens.
Emmanuel Macron a dénoncé jeudi une « décision brutale et infondée » après une nouvelle hausse des droits de douane annoncés mercredi par Donald Trump. Le Président de la République juge ces « mesures d’une extrême gravité pour l’économie européenne ».
« Une chose est sûre, avec les décisions de cette nuit, l’économie américaine et les Américains, qu’il s’agisse des entreprises ou des citoyens, sortiront plus faibles qu’hier, et plus pauvres », a également déclaré Emmanuel Macron, qui a appelé les Européens à « rester uni » et met en garde contre la tentation de « jouer solo ».
Le chef de l’Etat a appelé les entreprises françaises engagées aux Etats-Unis à y suspendre tous leurs projets d’investissements jusqu’à ce que l’annonce de Donald Trump sur la hausse massive des droits de douane à l’encontre de l’Union européenne soit « clarifié ».
« Ce qui est important, c’est (..) que les investissements à venir ou annoncés ces dernières semaines soient un temps, suspendus tant qu’on n’a pas clarifié les choses avec les Etats-Unis d’Amérique », a lancé le président lors d’une réunion à l’Élysée avec les dirigeants des filières affectées par ces droits de douane et les principaux ministres concernés.
La ministre des Familles Stéphanie Rist a annoncé ce lundi un plan d'urgence de 90 millions d'euros pour la petite enfance destiné à soutenir le financement des crèches, aider les assistantes maternelles et mieux adapter les établissements aux fortes chaleurs, après les épisodes de canicule du printemps et de l’été.
À rebours de la plupart de ses voisins, la France n’envisage pas, pour le moment, de toucher aux taxes sur les carburants pour limiter la hausse des prix, privilégiant plutôt des mesures ciblées. L’Espagne, souvent citée en exemple, pratique une baisse de 20 centimes sur le prix du litre de diesel. L’Allemagne, qui a annoncé la semaine dernière réduire le niveau de son accise sur les carburants, réfléchit à un mécanisme de plafonnement des prix, qui pourrait s’inspirer du système belge.
Dans un courrier adressé à ses ministres, le chef du gouvernement demande que les dépenses l’an prochain soient fixées « strictement au même niveau » de celles en vigueur pour 2026. En plein renchérissement du coût de la dette, Matignon cherche à garder des « marges de manœuvre » pour le débat parlementaire.
La France emprunte à des taux jamais vus depuis 2008. Le phénomène de tension sur les marchés obligataires est mondial, mais la France est particulièrement fragilisée avec ses finances publiques dégradées et l’approche de la présidentielle. Explications.