PARIS, Banque de France, Hotel de Toulouse
PARIS, Banque de France, Hotel de ToulouseThe Hotel de Toulouse, a private mansion built in the center of Paris, in the 17th century, according to the plans of Francois Mansart, a renowned architect, became the headquaters of the Bank de France in 1808.L'Hotel de Toulouse, hotel particulier construit au centre de Paris, au XVII eme siecle, selon les plans de Francois Mansart, architecte de renom, est devenu le siege de la Banque de France des 1808. //HOUPLINERENARD_HOU0512/Credit:HOUPLINE-RENARD/SIPA/2412121459

Economie : la Banque de France revoit sa projection de croissance à la baisse à 0,9% en 2025 

Dans ses projections trimestrielles, la Banque de France prévoit une baisse de la croissance pour 2025. Malgré de nombreuses incertitudes liées à l’instabilité politique nationale et au contexte international, l’inflation devrait diminuer et permettre « un retour de gain de pouvoir d’achat sur les salaires ». Cependant, un pic de chômage est attendu pour 2025 autour de 8%.
Henri Clavier

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Le constat n’est pas aussi sévère que celui dressé par les agences de notation, mais les projections macroéconomiques de la Banque de France pour la période 2024-2027 se dégradent par rapport à septembre. Les estimations restent cependant susceptibles d’évoluer, compte tenu des nombreuses incertitudes, notamment politiques. En effet, les prévisions révélées par la Banque de France à l’occasion d’une conférence de presse ce lundi 16 décembre ont été arrêtées au 27 novembre, avant la chute du gouvernement dirigé par Michel Barnier. Par conséquent, les chiffres s’appuient sur les équilibres budgétaires proposés par le projet de loi de finances présenté en conseil des ministres le 10 octobre. Un scénario qui reprend donc un déficit public compris entre 5 % et 5,5 % du PIB, une réduction de l’investissement public ainsi que l’augmentation de certaines taxes comme celle sur l’électricité. Le directeur général, en charge des statistiques, des études économiques et des relations internationales, Olivier Garnier, insiste également sur les « incertitudes sur les politiques suivies par la nouvelle administration américaine ». L’une des principales interrogations concerne la politique commerciale de Donald Trump et l’augmentation des droits de douane sur les produits européens.  

Compte tenu de ces « risques encore plus élevés qu’à l’habitude », la Banque de France table sur un léger recul de l’activité économique en France pour 2025 tout en maintenant une trajectoire positive à l’horizon 2027.  

Une croissance inférieure à 1 % pour 2025  

La Banque de France confirme ses projections de septembre et prévoit un taux de croissance de 1,1 % pour 2024, en partie tiré par le commerce extérieur. On observe également un ralentissement de l’activité au quatrième trimestre après l’impact positif des Jeux Olympiques et paralympiques sur le troisième trimestre. Néanmoins, la Banque de France revoit ses prévisions de croissance pour 2025 à la baisse avec une diminution de 0,3 point par rapport aux données de septembre. L’institution anticipe désormais une croissance de 0,9 % du PIB. Des perspectives que la Banque de France a tenu à maintenir malgré la chute du gouvernement de Michel Barnier. La Banque de France estime que l’effet sur la demande d’une modération de l’effort budgétaire serait compensé par une moindre réduction de l’incertitude sur les finances publiques. 

Par ailleurs, la progression devrait se poursuivre en 2026 (1,3 %) et en 2027 (1,3 %) à des niveaux similaires à ceux de la zone euro. Un recul par rapport aux dernières prévisions qui intègre le ralentissement de la demande publique ainsi qu’une « moindre contribution positive du commerce extérieur ». Malgré la croissance, le niveau de dette rapporté au PIB continue de progresser et pourrait atteindre 117 % de la richesse nationale en 2027, contre 112 % actuellement. Une progression due au déficit primaire, c’est-à-dire des dépenses supérieures aux recettes avant le paiement des intérêts sur la dette.  

« L’inflation est vraiment le grand changement par rapport aux deux, trois dernières années »  

Malgré des perspectives budgétaires peu rassurantes, la consommation et le pouvoir d’achat devraient progresser. « L’inflation est vraiment le grand changement par rapport aux deux, trois dernières années », note Olivier Garnier. Une inflation estimée à 2,4 % pour 2024 mais en dessous de 2 % à partir du deuxième semestre. Une tendance qui devrait se prolonger selon la Banque de France qui prévoit une stabilisation de l’inflation en dessus de 2 % (1,6 % en 2025, 1,7 % en 2026 et 1,9 % en 2027). Dans le même temps, les salaires devraient augmenter et progresser plus rapidement que l’inflation et se stabiliser autour de 2,8 % d’augmentation. Principale conséquence, « un retour de gain de pouvoir d’achat sur les salaires ».  

Selon l’institution, ce regain du pouvoir d’achat doit s’accompagner d’une légère progression de la consommation et d’un renforcement de l’investissement privé.  

Vers une hausse du chômage  

L’économie française devrait néanmoins subir un effet de rattrapage sur le travail avec une progression du chômage revue à la hausse pour 2025 et 2026. Confrontée à une vague de plans sociaux, l’économie française subit également un certain « tassement de l’activité ». Le pic de chômage, d’abord estimé aux alentours de 7,5 % devrait finalement atteindre près de 8 % en 2025 pour se stabiliser autour de 7,25 % de la population active en 2027. 

Des projections qui pourraient encore évoluer dans l’hypothèse d’un conflit commercial avec les Etats-Unis. En effet, alors que Donald Trump a évoqué une augmentation de 20 % des droits de douane pour les produits importés aux Etats-Unis, les effets sur l’économie européenne pourraient être amplifiés. Néanmoins, sur ce point la France reste moins vulnérable que ses voisins européens puisqu’elle ne réalise que les exportations vers les Etats-Unis représentent seulement 1,7 % de son PIB contre 4,2 % pour l’Allemagne. 

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