Epargne : le gouvernement « réfléchit à la possibilité » de créer « un fonds investissement industriel » avec Bpifrance

Sur le modèle du fonds Bpifrance défense, créé en 2025, le ministre chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a « demandé » à Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, « de voir comment » pourrait être développé un nouveau fonds visant à attirer l’épargne des Français vers l’industrie.
François Vignal

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Alors que la désindustrialisation continue de toucher la France, avec un secteur qui représente aujourd’hui 10 % du PIB, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a été auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat, ce mardi.

Pour tenter d’enrailler ce mouvement, l’Etat pourrait s’armer d’un nouvel outil, avec l’idée d’attirer l’épargne dormante des Français. « Sur les questions d’épargne, Bpifrance a lancé le fonds Bpifrance défense, créé en 2025, dont l’objectif est de collecter environ 450 millions d’euros. Il est orienté spécifiquement défense. Je réfléchis à la possibilité, en s’appuyant peut-être sur l’expérience du fonds défense, qu’on puisse avoir aussi un fonds investissement industriel en France, car aujourd’hui, on a une surépargne des Français », met sur la table Sébastien Martin.

Le ministre de l’Industrie explique en avoir déjà parlé avec le directeur général de Bpifrance. « J’ai eu un échange il y a trois semaines avec Nicolas Dufourcq, et je lui ai demandé de voir comment Bpifrance pourrait développer d’autres types de produits », précise le ministre aux sénateurs.

« Nous défendons la préférence européenne »

Sur le plan européen, le réarmement passera par « l’industrial accelerator act », qui sera présenté par la Commission européenne « le 25 février » prochain. « Au cœur de ce document figure la préférence européenne. Désormais, si vous voulez avoir une subvention pour acheter un véhicule électrique ou une pompe à chaleur, vous devez exiger des critères de contenu local, à l’intérieur de ces productions. Pareil, pour avoir des avantages fiscaux », explique Sébastien Martin, qui ajoute que cette « part de contenu local » sera exigée « dès lors que vous pouvez bénéficier des marchés publics ». Il y voit « une forme de rupture ». Et d’insister : « Nous défendons la préférence européenne ».

Répondant à une question sur Brandt, dont la liquidation judiciaire a été prononcée en décembre, Sébastien Martin assure être « encore très mobilisé. Mais j’ai toujours dit que je ne vendrai pas du rêve », mais « il est important que nous puissions continuer à avancer sur le dossier ».

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