Impôt sur le revenu 2026 : les sénateurs réindexent la première tranche sur l’inflation

Ce 28 novembre 2025, les sénateurs se sont opposés au gel intégral du barème de l'impôt sur le revenu en 2026. Ils ont décidé de revaloriser la première tranche de l'impôt sur le revenu.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La potion sera moins amère pour les contribuables concernés par l’impôt sur le revenu. Les sénateurs ont décidé d’indexer le point d’entrée de la première tranche du barème sur le niveau de l’inflation (environ 1 %) pour la déclaration de l’an prochain. Selon l’article adopté par le Sénat ce 28 novembre, les 11 612 premiers euros (pour une part) ne seront donc pas imposés, contre 11 497 euros dans la dernière loi de finances. Pour rappel, le texte initial prévoyait le gel de l’ensemble des tranches, ce qui signifie qu’une revalorisation, qui aurait seulement suivi l’évolution des prix, se serait traduite par un impôt plus élevé.

Cette modification, proposée par les sénateurs LR, et leurs alliés de l’Union centriste, ainsi que le groupe RDPI (Rassemblement des démocrates progressistes et indépendants), à majorité Renaissance, permettra d’éviter l’entrée de 200 000 nouveaux foyers fiscaux dans l’impôt sur le revenu. Le gouvernement s’est dit favorable à cette modification.

La majorité du Sénat, comme le gouvernement, n’ont cependant pas souhaité soutenir les amendements de gauche qui prévoyaient de revaloriser également la deuxième tranche (à 11 %, pour les revenus de 11 498 à 29 315 euros) et la troisième tranche (à 30 %, pour les revenus de 29 316 à 83 823 euros). Rappelons que l’Assemblée nationale avait voté en faveur d’un dégel intégral, ce qui aurait signifié une revalorisation du niveau des tranches les plus élevées, celle imposée à 41 % (83 824 euros à 180 294 euros) et celle imposée à 45 % (fraction des revenus supérieure à 180 294 euros).

Des recettes fiscales qui diminuent de moitié, à un milliard d’euros, sous l’effet de l’amendement

« Chaque point d’inflation non compensé peut représenter 150 à 350 euros d’impôt supplémentaire par an pour un foyer moyen. C’est un impôt déguisé, silencieux, mais lourd », a averti Michel Masset (RDSE). Pour la socialiste Isabelle Briquet, une revalorisation des tranches intermédiaires évite « que les ménages, qui ne gagnent pas davantage en termes réels, ne soient poussés artificiellement dans une tranche supérieure ».

La commission des finances, représentée par son rapporteur général Jean-François Husson (LR), a estimé que la revalorisation du seuil de la seule première tranche était « une mesure ciblée, responsable et juste ». Selon la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, ce choix est un « bon compromis », qui couvre « 82 % des ménages ». Bercy précise que seulement 17 % des foyers fiscaux sont concernés par la tranche à 30 %, et près de 1,2 % par les tranches à 41 % et 45 %. Cette modification réduira d’un milliard d’euros l’économie attendue au départ le gouvernement sur le gel du barème de l’impôt sur le revenu. « Cela en coupe la moitié », a précisé la ministre.

« Faire payer les classes moyennes, ça n’est pas possible », s’est exclamé en réaction le sénateur Grégory Blanc, du groupe écologiste, face au refus de relever les tranches intermédiaires.

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Économie

Filière automobile française : « On va vers un crash, si rien n’est fait », alerte un rapport du Sénat

Pourtant « pilier de l’industrie française », la filière automobile est en « crise profonde » depuis plusieurs mois, s’alarme la commission des Affaires économiques du Sénat. Leur rapport pointe du doigt des difficultés rencontrées pour répondre aux règles européennes et pour faire face à la concurrence de la Chine, et formule une vingtaine de recommandations.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
4min

Économie

« Le surtourisme transforme les villes en musées », alerte Daniel Salmon, sénateur écologiste 

Avec plus de 10 millions de visiteurs par an, Montmartre est devenu l’un des sites les plus visités de France. Une surfréquentation qui ne va pas sans poser de problèmes pour les quelques 27 000 habitants qui résident à l’année dans ce quartier de la capitale. Anne Renaudie, habitante de Montmartre, raconte les difficultés de cette cohabitation dans l’émission Dialogue Citoyen présentée par Quentin Calmet.

Le

Impôt sur le revenu 2026 : les sénateurs réindexent la première tranche sur l’inflation
6min

Économie

Grande distribution : l’injuste prix de notre alimentation 

Les Français passent de plus en plus de temps dans les rayons des supermarchés, à comparer les prix de leur alimentation. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que si manger sain et frais est plus cher, c’est parce que la grande distribution a tendance à surmarger fortement sur ces produits. 81% de marge en plus en moyenne sur le bio que sur le conventionnel, selon UFC que choisir. Des prix chers, qui ne profitent pas non plus aux agriculteurs. Un système “perdant/perdant”, que la sénatrice Antoinette Guhl dénonce dans le rapport de la commission d’enquête sur les marges. Dans un documentaire, Public Sénat nous plonge dans cette enquête sénatoriale marquée par de nombreuses auditions et révélations.

Le

Commerces dans un village
7min

Économie

« 62% des communes ne comptent plus aucun commerce » : les propositions du Sénat pour enrayer le déclin des commerces de proximité

Lutte contre la concurrence chinoise, soutien aux commerçants locataires, dynamisation des centres-villes… Dans un rapport rendu ce mercredi, plusieurs sénateurs formulent des propositions pour enrayer le déclin des commerces physiques. Bien que spectaculaire, cette « décommercialisation » n’est pas une fatalité, assurent-ils.

Le