retrait des billets de banque dans un distributeur
Photo illustration retrait des biellets de banque dans un distributeur//07ALLILIMAGES_IMG_20230426_170115_1/Credit:Mourad ALLILI/SIPA/2305040910

Inclusion bancaire : le Sénat adopte un texte pour protéger les personnes en situation de « fragilité financière » 

Mercredi 3 mai, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe socialiste, le Sénat examinait une proposition de loi relative à l’accessibilité et l’inclusion bancaire. Une version modifiée du texte a été adoptée, retenant plusieurs mesures, notamment sur le volet social de la proposition de loi qui bénéficie aux personnes en situation de fragilité financière.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

En inscrivant ce texte à l’ordre du jour, le groupe socialiste a voulu faire avancer plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat. L’objectif annoncé par les sénateurs socialistes est de garantir, à toute la population, la proximité avec un distributeur de billets, de rendre les offres de crédits plus accessibles ou encore d’encadrer les frais d’intervention des banques dans les cas de découvert. L’idée était notamment d’approfondir certains dispositifs existants comme le droit au compte ou l’offre spécifique qui plafonne certains frais pour les clients en situation de fragilité financière. Néanmoins, une large partie du texte a suscité l’opposition de la majorité sénatoriale ne permettant que l’adoption d’une version partielle du texte initial.

Le « volet social » adopté mais remanié 

Face à l’inflation, notamment sur les denrées alimentaires et de premières nécessités, les sénateurs socialistes proposent de faciliter l’accès au crédit pour les personnes les plus vulnérables. Initialement, le groupe socialiste souhaitait renforcer la capacité de découvert des personnes en situation fragile en créant une autorisation de découvert sans frais et proportionnée aux revenus pour les clients bénéficiant de l’offre spécifique. Actuellement, l’offre spécifique permet de plafonner à 20 euros par mois et à 4 euros par intervention les frais bancaires liés à un découvert. La majorité sénatoriale a estimé que le dispositif présentait le risque de créer une spirale de l’endettement et a modifié le texte pour une formulation plus minimaliste expliquant que « la souscription de l’offre spécifique ne peut à elle seule faire obstacle à l’ouverture ou au maintien d’une autorisation de découvert ». 

La proposition de loi visait également à proportionner certains plafonds bancaires aux revenus des clients. Une disposition rejetée par la majorité sénatoriale qui introduit cependant la possibilité de plafonds « réduits de moitié lorsque la moyenne semestrielle des sommes portées chaque mois au crédit du compte est inférieure à un montant fixé par arrêté du ministre chargé de l’économie ».

Assurer l’effectivité du droit au compte

Enfin, le Sénat a atténué plusieurs mesures visant l’effectivité du droit au compte, qui permet, normalement, à tout individu de pouvoir ouvrir un compte dans un établissement bancaire. Si les sénateurs socialistes voulaient faciliter la prononciation de sanctions contre les établissements bancaires faisant obstacle à l’effectivité du droit au compte, la majorité sénatoriale a opté pour une facilitation de l’accès effective à l’ouverture d’un compte en banque. 

Opposition sur les distributeurs à billet

Dans un communiqué de presse, le groupe socialiste a fait savoir qu’il « regrette que la majorité sénatoriale, avec le soutien du Gouvernement, ait refusé l’engagement d’une politique publique ambitieuse à la matière, refusant une nouvelle fois de prendre de vraies mesures pour soutenir les territoires ruraux et populaires ». En effet, toute la première partie du texte, jugée inutile, a été supprimée. Les deux premiers articles consistaient à confier à La Poste la mission de garantir l’accès en quinze minutes à un distributeur automatique de billets. La mesure, financée en partie par le prélèvement d’une taxe sur la fermeture des distributeurs automatiques de billets et une taxe sur les bénéfices des établissements bancaires, n’a pas convaincu les sénateurs.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration facade et entree d une Mairie.
5min

Économie

Collectivités locales : 5,5 milliards d’euros d’exonérations fiscales n’ont pas été compensés par l’État en 2024, révèle un rapport du Sénat

La délégation sénatoriale aux collectivités territoriales a retracé les multiples exonérations de fiscalité locale mises en œuvre depuis 40 ans, dans un rapport présenté le 8 juillet. Un manque à gagner que l’État ne compense que partiellement chaque année. Les sénateurs appellent à y remédier lors des prochaines discussions budgétaires.

Le

FRANCE PONTPIERRE HYDROGEN
6min

Économie

Hydrogène naturel : « La France pourrait devenir un leader mondial de cette ressource »

Dans une note, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) appelle la France à ne pas laisser passer l’opportunité de devenir « un leader mondial » de l’hydrogène naturel. Les auteurs, le sénateur Michaël Weber et le député Gérard Leseul, demandent à l’Etat de financer des opérations de prospection, d’aider les entreprises à exploiter la ressource et de sensibiliser la population sur ces sujets.

Le

Commerces dans un village
7min

Économie

« 62% des communes ne comptent plus aucun commerce » : les propositions du Sénat pour enrayer le déclin des commerces de proximité

Lutte contre la concurrence chinoise, soutien aux commerçants locataires, dynamisation des centres-villes… Dans un rapport rendu ce mercredi, plusieurs sénateurs formulent des propositions pour enrayer le déclin des commerces physiques. Bien que spectaculaire, cette « décommercialisation » n’est pas une fatalité, assurent-ils.

Le

Loi d’urgence agricole : le Sénat vote une préférence européenne pour l’approvisionnement des cantines publiques
6min

Économie

Loi d’urgence agricole : le Sénat vote une préférence européenne pour l’approvisionnement des cantines publiques

Les sénateurs ont adopté l’article 4 du projet de loi d’urgence agricole qui fixe de nouvelles exigences pour la restauration collective publique, en particulier l’interdiction de se fournir en dehors de l’Union européenne. Le dispositif a été recentré par rapport à la version sortie de l’Assemblée nationale au début du mois de juin, retirant des mesures « excessivement contraignantes » ou « difficiles à mettre en œuvre ».

Le