En marge du sommet sur l’IA qui se tient à Paris, Emmanuel Macron a annoncé 109 milliards d’euros d’investissements privés dans l’intelligence artificielle, notamment venus des Emirats arabes unis.
En marge du sommet sur l'IA qui se tient à Paris, Emmanuel Macron a annoncé 109 milliards d'euros d'investissements privés dans l'intelligence artificielle, notamment venus des Emirats arabes unis.

IA : ce que l’on sait des 109 milliards d’investissements privés, annoncés par Emmanuel Macron

L’ouverture du sommet sur l’intelligence artificielle à Paris s’accompagne d’une pluie d’investissements privés, français et étrangers. Invité de France 2 ce 9 février, le président de la République a dévoilé un montant de 109 milliards d’euros « dans les prochaines années ». Parmi les premiers investisseurs annoncés : les Emirats arabes unis et le Canada.
Rose-Amélie Bécel

Temps de lecture :

4 min

Publié le

La France rivalisera-t-elle bientôt avec les Etats-Unis et la Chine en matière d’intelligence artificielle ? C’est en tout cas l’ambition affichée par Emmanuel Macron, en ouverture du sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, organisé à Paris les 10 et 11 février. La veille, sur France 2, le président de la République a annoncé 109 milliards d’euros d’investissements « privés français et étrangers » pour des projets de développement de l’IA, « dans les prochaines années ».

« C’est l’équivalent de ce que les Etats-Unis ont annoncé avec « Stargate ». C’est le même rapport », a pointé le chef de l’Etat. Mi-janvier, Donald Trump avait en effet annoncé le lancement de son propre plan pour l’IA, baptisé Stargate, avec un investissement colossal de 500 milliards de dollars. En parallèle, la start-up chinoise DeepSeek bouleverse le secteur, avec son IA générative qui concurrence directement ChatGPT avec seulement 6 millions de dollars d’investissements.

La start-up française Mistral AI parmi les investisseurs

« On veut en être et on veut inventer, sinon on va dépendre des autres », a souligné Emmanuel Macron. Pour faire de la France une place forte de l’IA dans le monde, le président de la République entend d’abord miser sur la construction de data centers, pour stocker l’immense quantité de données nécessaires pour l’entraînement et l’utilisation de ces technologies.

La ministre déléguée chargée de l’IA, Clara Chappaz, a ainsi déjà annoncé que 35 sites étaient « prêts à l’emploi » sur le territoire, pour accueillir ces centres de données. « Certains seront prêts tout de suite, d’autres le seront d’ici 18 à 24 mois », a précisé le président de la République. La localisation de ces sites devrait être annoncée dans la semaine.

Fleuron de l’intelligence artificielle en France, Mistral AI construira son propre centre de données en région parisienne. Sur le plateau de TF1 ce 9 février, le patron de la start-up Arthur Mensch affirme vouloir « investir plusieurs milliards d’euros dans un cluster qui sera installé en Essonne, pour pouvoir entraîner des systèmes encore plus performants ». Quelques jours plus tôt, Mistral AI a lancé une version application de son robot conversationnel « Le Chat », un moteur d’IA générative semblable à ChatGPT.

Le plus grand data center d’Europe, financé par les Emirats arabes unis

Du côté des investisseurs étrangers, les Emirats arabes unis figurent parmi les plus gros financeurs déjà annoncés. Ce 6 février, Emmanuel Macron et son homologue émirati Mohammed ben Zayed Al-Nahyane ont annoncé la construction en France d’un « campus » axé sur l’IA, doté d’un data center « géant », le plus grand d’Europe. Un projet qui nécessite « des investissements d’un ordre de grandeur de 30 à 50 milliards d’euros », affirme l’Elysée.

La localisation de ce data center géant n’est pas encore connue, mais un second projet est sur les rails à Cambrai. La ville du Nord devrait accueillir un data center financé par le fonds d’investissement canadien Brookfield, à hauteur de 20 milliards d’euros. Avec une puissance de calcul maximale d’un gigawatt, le projet canadien devrait faire jeu égal avec le gigantesque data center émirati.

La course est donc bel et bien lancée. Pour le moment, la France se classe à la 6ème position des pays comptant le plus de centres de données. Les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Chine occupent les premières places.

Partager cet article

Dans la même thématique

French Government Holds Press Conference on Measures to Address Rising Fuel Prices
5min

Économie

Annonces du gouvernement sur les aides au carburant : qui touchera quoi ?

Face à la persistance de la crise du détroit d'Ormuz et à la flambée des prix à la pompe, l'exécutif a annoncé ce mardi 22 septembre un paquet de mesures avec un coût total de 450 millions d'euros, articulé autour d'une « règle d'or » sur la fiscalité des carburants et d'un doublement de l'aide aux automobilistes les plus dépendants de leur véhicule.

Le

IA : ce que l’on sait des 109 milliards d’investissements privés, annoncés par Emmanuel Macron
7min

Économie

Énergie : Les Français doivent-ils craindre une pénurie de gaz cet hiver ?   

Des prix déjà très élevés, un marché mondial sous tension, et des stocks de gaz plutôt faibles au niveau européen : après le choc énergétique de 2022, l’Europe pourrait-elle connaître une nouvelle crise du gaz ? D’après certains experts, « aucune crainte de pénurie » mais « un effet prix » très important en France.

Le

FRA – PARIS – ELYSEE – CONSEIL DES MINISTRES
7min

Économie

Carburants : que cache la « règle d’or » promise par Sébastien Lecornu ?

Face à la flambée des prix des carburants et à la grogne sociale, Sébastien Lecornu propose d'inscrire dans le budget 2027 un mécanisme destiné à neutraliser d’éventuels surplus de TVA liés à la hausse des carburants. Mais derrière le terme de « règle d’or », le dispositif reste encore largement à définir.

Le

France EU China
5min

Économie

Carburants : Emmanuel Macron propose cinq mesures à Bruxelles pour amortir la crise 

Le président de la République a adressé un courrier à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Pour aider les consommateurs à faire face à l’envolée des prix à la pompe, il demande notamment le report de l’entrée en vigueur de certaines réglementations européennes, mais aussi un allégement des normes sur la qualité des carburants.

Le