Alors que le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran s’enlise, Sébastien Lecornu a annoncé l’élargissement des dispositifs d’aides pour faire face à la flambée des prix du carburant. D’ici la semaine prochaine, le gouvernement, qui a déjà mis en place des mécanismes de soutien à l’attention de certains secteurs et des rouleurs les plus précaires, devrait donc procéder à de nouvelles annonces. Pour l’heure, l’exécutif compte bien rester dans son cadre budgétaire en poursuivant sa politique de ciblage.
Mais l’absence de perspective au Moyen-Orient laisse craindre une nouvelle aggravation de la situation économique. « Je crois que la situation actuelle au Proche-Orient, qui est loin d’être terminée, va entraîner une récession mondiale, qui va toucher la France comme elle va toucher tous les autres pays » commente au micro de Public Sénat Claude Malhuret, chef de file du groupe Les Indépendants qui rassemble les soutiens d’Edouard Philippe au Palais du Luxembourg. Je suis étonné que personne n’en parle encore, mais c’est bien évident que la chose va arriver. »
« Cette guerre stupide, sans objectif, sans but, que Trump a déclenchée »
« Demain, ce n’est pas seulement le prix de l’essence ou les subventions à certaines catégories de Français qui vont être en cause, c’est le retentissement sur l’ensemble de l’économie : sur les engrais, donc sur l’agriculture, sur le prix du kérosène, donc sur le tourisme, etc., et sur l’inflation bien entendu », alerte l’élu. « Le sujet se pose déjà, mais il va s’aggraver dans les semaines qui viennent à la suite de cette guerre stupide, sans objectif, sans but, que Trump a déclenchée au Moyen-Orient. »
Moins alarmiste, Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a estimé en début de semaine que la France devrait « éviter la récession » jusqu’à fin 2027, malgré une croissance nulle au premier trimestre et une inflation passée de 1,1 % à 2,5 % entre février et avril.
Un jeu à somme nulle
Claude Malhuret fustige « l’absence de stratégie » du président américain, qui a agi de façon « absolument irréfléchie ». L’hypothèse d’un accord sur le nucléaire iranien, pierre d’achoppement du conflit, lui semble peu probable à ce stade. « On voit bien que l’on ne s’achemine pas du tout vers cela. »
« Maintenant, je n’exclus pas que Trump fasse semblant ou trouve un semblant d’accord qui, en fait, nous remettrait, dans le meilleur des cas, dans la situation antérieure, celle qu’il a lui-même cassée en 2018 », pointe-t-il. Pour mémoire : durant son premier mandat, le milliardaire avait dénoncé l’accord conclu par son prédécesseur, Barack Obama, qui visait à encadrer le développement d’un programme nucléaire civil iranien. Il avait du même coup rétabli un important régime de sanctions économiques contre Téhéran.