« Le gouvernement fait du budget Attal son budget de départ », déclare Éric Coquerel

Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale (La France insoumise) considère que Michel Barnier « fait du budget Attal sont budget de départ », après avoir pris connaissance du contenu du document budgétaire transmis par Matignon.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Nous aurions dû les avoir sans discussion, cela reste un fait grave. » Le président (LFI) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, ne pardonne pas à l’exécutif d’avoir tardé à communiquer l’ébauche de budget pour 2025, malgré des demandes répétées ces derniers jours, et s’appuyant sur son pouvoir de contrôle.

Le tableau transmis ce 19 septembre par les services du Premier ministre aux deux commissions des finances permet aux parlementaires de « rentrer dans un certain nombre de détails importants », selon le député de Seine-Saint-Denis. Il s’agit du document que les commissions des finances auraient dû recevoir le 15 juillet, en temps normal. « C’est l’équivalent d’un tiré à part, intermédiaire, puisque le Premier ministre dit lui-même qu’il peut encore bouger », poursuit-il.

« À partir du moment où il nous envoie ce document, je considère donc que les lettres plafonds envoyées engagent ce nouveau gouvernement »

Le parlementaire interprète la transmission de ce document d’orientation comme la preuve que le contenu est assumé par le nouveau Premier ministre. « En réalité, le Premier ministre s’inscrit totalement, pour le moment, dans le budget qui a été construit cet été, il n’y a pas de différence. On va supposer que ce document, puisqu’il nous l’envoie, a un peu sa patte […] Pour l’instant, il n’y a aucun changement par rapport à ce qui a été concocté cet été. »

Selon Éric Coquerel, le budget de l’État va diminuer de « dix milliards d’euros », trois milliards de baisse en valeur, et sept sous l’effet de la non-prise en compte de l’inflation (attendue à 2 %). « Là, maintenant ce ne sont plus des baisses hypothétiques, mais des baisses réelles », en conclut-il. « À partir du moment où il nous envoie ce document, je considère donc que les lettres plafonds, qui ont été envoyées, engagent ce nouveau gouvernement et que ce gouvernement fait du budget Attal son budget de départ. »

Le député relève de nombreuses missions en baisse, comme le sport (-12,3 %), le travail (-8,8 %), l’agriculture (-7,8 %) ou encore l’enseignement et la recherche (-3,2 % en tenant compte de l’inflation). Il constate également que le tiré à part « intermédiaire » ne « reflète pas » la note du Trésor communiquée fin août. Celle-ci recommandait à 30 milliards d’euros l’effort budgétaire à mener pour respecter la trajectoire promise à l’Union européenne.

La commission des finances a l’intention d’auditionner le prochain ministre des Finances « possiblement la semaine prochaine » pour débattre de ce document.

Images : LCP-Assemblée nationale

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Retraite Agirc Arrco
5min

Économie

Retraite par capitalisation : quels pays européens ont franchi le pas ?

Plusieurs candidats à la présidentielle, à droite comme à gauche, proposent d’ajouter de la capitalisation pour financer les pensions de retraite, pour compléter le système par répartition déficitaire. Gros plan sur les pays européens qui ont déjà franchi le pas. 

Le

Panoramic of French ministry of finance an Pont de Bercy – Paris, France
7min

Économie

Dette publique : « Nous entrons dans une période de turbulences structurelles »

Depuis quelques jours, les taux d’intérêt à long terme s’envolent un peu partout. Aux États-Unis, le taux à 30 ans a dépassé 5 %. Au Japon, le taux à 10 ans frôle les 3 % alors qu’en France il a dépassé les 4 %, son plus haut niveau depuis 2008. Ces remontées spectaculaires pourraient entraîner des conséquences très concrètes dans notre quotidien. Explications avec Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste de BDO, docteure en sciences économiques et professeure d'économie à la Sorbonne.

Le

Facturation électronique : après le piratage du Fisc, le gouvernement veut rassurer les entreprises sur les standards de sécurité
5min

Économie

Facturation électronique : après le piratage du Fisc, le gouvernement veut rassurer les entreprises sur les standards de sécurité

Le ministre des Comptes publics David Amiel a réuni ce mercredi les plateformes chargées de réceptionner les factures sous forme dématérialisée des entreprises, un système qui va s’imposer à partir du 1er septembre d’abord pour les plus grandes. Bercy insiste sur ses exigences de sécurité, « les plus élevées d’Europe ».

Le