Voilà une semaine que députés et sénateurs attendent le détail des près de 6 milliards d’euros d’économies à dégager pour compenser les surcoûts occasionnés par la guerre en Iran, et respecter la trajectoire budgétaire. Auditionné les 28 et 29 avril devant les commissions des finances, le ministre des Comptes publics David Amiel avait assuré que le détail des annulations ou des gels de crédits serait communiqué sous deux semaines.
Le délai de courtoisie sénatoriale est expiré. Le mois de mai file vers sa fin et les parlementaires restent dans le flou. Les déclarations hier du Premier ministre devant l’hémicycle de l’Assemblée nationale ont achevé de fissurer la patience au sein de la commission des finances du Sénat. « Je pense que les six milliards d’euros que nous avons documentés devront être remis à jour dans les temps qui viendront, cela va sans dire », avait indiqué Sébastien Lecornu ce mardi.
Or, « tandis que le gouvernement tarde à agir, les indicateurs économiques se dégradent et les tensions sur nos comptes publics sont de plus en plus fortes », avertit ce mercredi le rapporteur général Jean-François Husson (LR), dans un communiqué. La remontée brutale des taux souverains la semaine dernière, aux alentours de 4 %, accroît la charge de la dette et limite la « capacité de l’État à financer les politiques prioritaires », alerte-t-il.
« Il est désormais impératif que le gouvernement agisse, dans un contexte où le maintien du cadre budgétaire adopté en loi de finances initiale pour 2026 n’est plus crédible », poursuit le sénateur de Meurthe-et-Moselle, appelant l’exécutif à « présenter sans délai un projet de loi de finances rectificative, seul instrument permettant au Parlement d’actualiser les hypothèses macroéconomiques et les équilibres budgétaires en cours d’exercice, tant en recettes qu’en dépenses ».