Paris: The first national meeting “recruit differently through sport”
Patrick Martin. The first national meeting “recruit differently through sport”, initiated by the Agency for Education through Sport (APELS) and the French Business Movement (MEDEF) took place in the presence of the President of Medef Patrick Martin and French Minister for Sports and Olympics Amelie Oudea-Castera in Paris on April 24, 2024. //01JACQUESWITT_choixmedef030/Credit:Jacques Witt/SIPA/2404241649

Législatives : les milieux économiques entre « surprise » et « inquiétude » à la suite de la victoire du Nouveau Front Populaire

Si la Bourse de Paris se maintient ce lundi face à l’absence de majorité absolue pour l’alliance de gauche et le RN, les patrons de TPE et de PME font part de leur « inquiétude » à l’idée de voir le programme du Nouveau Front Populaire (NFP) appliqué. Dans un communiqué, le Medef a appelé les responsables politiques à « faire le choix du pays plutôt que celui des intérêts partisans ».
Alexis Graillot

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Ce lundi à 9h, de nombreux observateurs du monde économique scrutaient avec attention la réaction des marchés à la suite de la victoire surprise du Nouveau Front Populaire, lors du 2nd tour des élections législatives qui se sont tenues ce dimanche 7 juillet. Après avoir ouvert en légère baisse, le CAC40 est finalement reparti à la hausse. Un constat bien moins alarmant qu’après la dissolution de l’Assemblée nationale, où l’indice de Paris avait chuté de 6,2 % en une semaine.

A rebours de cette relative sérénité sur les marchés financiers, les chefs d’entreprise semblent quant à eux davantage inquiets de l’application du programme de la gauche. « Lignes rouges » pour les patrons, « l’augmentation du SMIC à 1600 euros », « l’indexation des salaires sur l’inflation », ou encore « la hausse des impôts ». Des réponses qui, pour le Medef, « auraient immanquablement des effets récessifs, plongeant la France dans une crise économique profonde et durable ». Même son de cloche du côté de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), pour qui « la crise économique qui s’ensuivrait serait sévère et préjudiciable à l’ensemble des Français ».

Quant au (toujours) ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, il a alerté sur le risque d’une « crise financière » et d’un « déclin économique de la France », dans un long texte publié sur le réseau social X, ce lundi matin.

« Dangers majeurs »

Regrettant l’« incertitude » consécutive à l’absence de majorité nette à la suite des élections législatives (NDLR : le NFP a réuni 182 sièges, loin des 289 sièges pour constituer une majorité absolue), les chefs d’entreprise martèlent que « l’ensemble des petites entreprises et des entreprises en règle générale ont besoin de stabilité et de visibilité », dixit le secrétaire national de la CPME, Jean-Eudes du Mesnil, sur Radio Classique. Même son de cloche du côté du Syndicat des Indépendants, pour qui « le programme économique de la coalition […] présente des dangers majeurs pour l’économie française ». Ce dernier appelle d’ailleurs dans un communiqué à un « front entrepreneurial », afin d’encourager « une voie soutenable économiquement et socialement pour nos 4 millions d’entreprises et autant de salariés ».

Dans le détail, l’ensemble des organisations patronales pointent la « réalité économique complexe » à laquelle sont confrontées les TPE/PME, et appellent à la prudence au regard des faibles marges de manœuvre budgétaires. « Toute aggravation des déficits ne sera pas sans incidence sur le coût de l’argent et l’augmentation des taux d’intérêt », alerte ainsi Michel Picon, président de l’U2P (Union des Entreprises de proximité) sur BFM Business, ce lundi matin. « . L’endettement de notre pays, qui est une des principales menaces actuelles, ne peut plus être considéré comme accessoire », abonde le Medef, dans un communiqué publié ce lundi après-midi.

La CPME se veut même encore plus offensive, appelant le futur gouvernement à disposer d’autres ambitions vis-à-vis de l’assurance-chômage ou de la réforme des retraites. « Notre pays doit donc inciter nos concitoyens à travailler davantage. Détricoter la réforme de l’assurance-chômage et revenir sur la réforme des retraites irait à l’inverse des mesures courageuses à prendre », assure le syndicat.

« Redonner confiance »

Pour autant, au-delà des discours inquiets et offensifs, le patronat appelle également à « redonner confiance » aux investisseurs et aux entrepreneurs, au risque d’une « mise sous tutelle de la France ». « La politique économique menée depuis 9 ans, qui a produit des résultats en termes de croissance et d’emplois doit se poursuivre et s’amplifier car elle est la bonne réponse pour affronter les défis des transitions écologique et numérique que le pays doit relever », défend de son côté le Medef.

Un constat partagé par la CPME, qui utilise peu ou prou le même argument : « Il est impératif de redonner confiance à ceux qui font la croissance et l’emploi, pour éviter que l’attentisme actuel ne se prolonge », met en garde la confédération. Avant d’ajouter : « Le pire serait que les investissements et les recrutements soient ajournés. La crise économique qui s’ensuivrait serait sévère et préjudiciable à l’ensemble des Français ».

« Simplifier » la vie des entreprises

Derrière cette notion de « confiance », c’est également un appel à poursuivre la simplification administrative, dont les entreprises dénoncent l’empilement des normes depuis des années. Votée au Sénat le 26 mars dernier à l’initiative du sénateur LR, Olivier Rietmann, la proposition de loi visant à rendre obligatoires les « tests PME », via la création d’un Conseil de surveillance et d’évaluation de la simplification pour les entreprises, qui serait chargé d’évaluer l’impact de l’introduction de toute nouvelle norme, en particulier pour les TPE/PME. Déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale, le texte n’avait pas encore été mis à l’ordre du jour. Et la dissolution ne devrait faire que retarder cet examen.

Quoi qu’il advienne, les chefs d’entreprise surveilleront de très près la suite des événements politiques, alors que le nombre de défaillances d’entreprises pourrait se chiffrer à 60 000 en 2024 d’après une étude Altares, « un taux jamais atteint depuis la crise financière [de 2008] », soulignait Thierry Milon, directeur des études chez cet institut, spécialiste de l’information économique et financière à destination des acteurs économiques, le 28 mars dernier.

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