un train a grande vitesse TGV Euro inOui
un train a grande vitesse TGV Euro inOui de la compagnie ferroviaire francaise SNCF se rend a Milan en Italie depuis Paris //07ALLILIMAGES_ALL_1959/Credit:Mourad ALLILI/SIPA/2210270935/Credit:Mourad ALLILI/SIPA/2210270954

Liaison Lyon-Turin : l’UE va verser une subvention de 765 millions d’euros

La Commission européenne a annoncé le 17 juillet qu’elle allait attribuer une subvention de 765 millions d’euros sur quatre ans en faveur du Lyon-Turin, le tunnel ferroviaire franco-italien. Le projet controversé de liaison ferroviaire à grande vitesse entre la France et l’Italie a été lancé il y a plusieurs décennies par Bruxelles. Pour le sénateur Les républicains du Rhône Etienne Blanc fervent partisan de cette liaison ferroviaire « c’est la manifestation renforcée de la volonté de l’Europe de faire avancer ce dossier ».
Flora Sauvage

Temps de lecture :

5 min

Publié le

C’est un projet qui est dans les cartons depuis 30 ans, mais il suscite toujours la controverse. Contesté par les écologistes pour qui la liaison ferroviaire Lyon-Turin est une aberration environnementale, le projet vise à créer une ligne ferroviaire entre la France et l’Italie, véritable alternative à la route. Ce nouvel axe doit faciliter les échanges et les déplacements. Un projet d’envergure dont le coût augmente sans cesse depuis son lancement, car il ne se limite pas à la création du plus grand tunnel européen entre Savoie et Piémont, il implique aussi la réalisation d’une ligne de fret et passagers entre Lyon et Saint Jean de Maurienne.

Un coût « pharaonique » selon les écologistes

Contesté par les militants écologistes qui dénoncent l’impact environnemental sur le massif des Alpes et son coût « pharaonique », le projet a été doté par la Commission européenne de 700 millions d’euros pour le tunnel en cours de creusement sous le Mont-Cenis et son raccordement futur aux voies à Saint Jean de Maurienne en France et à Suse en Italie, à la suite d’un appel à projet. Au total, le tunnel ferroviaire représentera 164 kilomètres de galeries avec un double tronçon de 57,5 kilomètres auquel s’ajoutent des voies de service et de communication. A ce jour, 37 kilomètres ont déjà été creusés, dont 13,5 kilomètres pour le tunnel de base.

Une subvention de 700 millions d’euros pour le percement du tunnel

Concrètement, la Commission européenne va verser la somme de 700 millions d’euros à TELT (Tunnel Euralpin Lyon-Turin), la société publique franco-italienne créée en 2015 en charge du percement du tunnel. Cette subvention européenne sur 2004-2027 est « le troisième plus important investissement sur les 134 projets sélectionnés », se réjouit la société. En outre, une enveloppe supplémentaire d’un montant de 64,5 millions d’euros sera affectée aux études des voies d’accès côté français afin de déterminer leur tracé entre Lyon et le tunnel.

Initialement les études sur les quelques 150 kilomètres de voies d’accès étaient peu financées par l’UE, « mais l’Europe considère qu’elles sont essentielles pour la connexion des réseaux ferroviaire européens, et c’est la raison pour laquelle elle a accepté d’en financer 50 % », analyse le sénateur LR du Rhône Etienne Blanc.

20% du tunnel de base déjà percé

Actuellement, le réseau ferroviaire existant est insuffisant, selon le sénateur Les Républicains du Rhône Etienne Blanc, pour absorber l’augmentation du fret. La gare de la Part Dieu est encombrée par un fret de transit, donc le projet du Lyon-Turin « c’est une meilleure connexion entre la région Auvergne Rhône Alpes et l’Italie du nord », mais c’est aussi pour la métropole de Lyon « une très belle opportunité de décharger le réseau ferroviaire actuel d’un trafic de fret qui s’il contourne Lyon permettra de mieux répondre à la mobilité au sein de la métropole », assure le sénateur LR du Rhône.

Aujourd’hui 20 % du tunnel de base ont déjà été percés, « ce qui signifie que ce chantier est absolument irréversible, donc dire on va l’arrêter, c’est impossible financièrement, car il faudrait rembourser les subventions de l’Europe », estime Etienne Blanc.

Réduire la pollution et le trafic routier

En France comme en Italie, le projet est soutenu par les autorités et par les acteurs économiques de la région au nom du développement du fret ferroviaire. Selon ses partisans, la ligne à grande vitesse permettra d’augmenter le fret ferroviaire à travers les Alpes, de réduire le nombre de camions et la pollution engendrée par le trafic routier. Cinq tunnels doivent être percés dans les Alpes pour acheminer les marchandises depuis le bassin de Lyon jusqu’au tunnel de base.

Mais les écologistes dénoncent un chantier néfaste pour l’environnement. En ligne de mire des opposants la question de la ressource en eau suscite des inquiétudes. Selon Mediapart, un document interne à EDF révèle que le creusement du tunnel a vidé de son eau tout un pan de montagne dans la vallée de la Maurienne en avril 2019. Pour le sénateur LR du Rhône Etienne Blanc, le tunnel ferroviaire est le meilleur moyen de répondre à la décarbonation du transport à travers les Alpes. Alors que les maires de Lyon et de Grenoble plaident pour moderniser la ligne historique suffisante à leurs yeux pour absorber le trafic de fret actuel.

Un coût en constante augmentation

Autre motif d’inquiétude pour les opposants au tunnel ferroviaire : le coût. En constante augmentation depuis son lancement, le projet global a été évalué en 2012 par la Cour des comptes à plus de 26 milliards d’euros. Aucun chiffrage global n’a été communiqué depuis. Le coût du tunnel de base s’élève à 9 milliards d’euros. L’Europe finance ce tunnel de base à hauteur de 50 % et la France et l’Italie financent l’autre moitié. La France participe à hauteur de 20 % et l’Italie à hauteur de 30 % car la France doit financer plus de voies d’accès que l’Italie. Selon Etienne Blanc, l’augmentation du coût du Lyon-Turin s’explique par « l’inflation et le renchérissement des matériaux ».

Ouverture de la ligne en 2032 ?

Le conseil d’orientation des infrastructures, sous la tutelle de l’Etat et du ministère des transports plaide pour un report à 2045 pour l’ouverture de la nouvelle ligne Lyon-Turin alors que la date de 2032 avait été annoncée initialement par la compagnie publique franco-italienne TELT en charge de sa mise en œuvre.

Partager cet article

Dans la même thématique

French Government Holds Press Conference on Measures to Address Rising Fuel Prices
5min

Économie

Annonces du gouvernement sur les aides au carburant : qui touchera quoi ?

Face à la persistance de la crise du détroit d'Ormuz et à la flambée des prix à la pompe, l'exécutif a annoncé ce mardi 22 septembre un paquet de mesures avec un coût total de 450 millions d'euros, articulé autour d'une « règle d'or » sur la fiscalité des carburants et d'un doublement de l'aide aux automobilistes les plus dépendants de leur véhicule.

Le

Liaison Lyon-Turin : l’UE va verser une subvention de 765 millions d’euros
7min

Économie

Énergie : Les Français doivent-ils craindre une pénurie de gaz cet hiver ?   

Des prix déjà très élevés, un marché mondial sous tension, et des stocks de gaz plutôt faibles au niveau européen : après le choc énergétique de 2022, l’Europe pourrait-elle connaître une nouvelle crise du gaz ? D’après certains experts, « aucune crainte de pénurie » mais « un effet prix » très important en France.

Le

FRA – PARIS – ELYSEE – CONSEIL DES MINISTRES
7min

Économie

Carburants : que cache la « règle d’or » promise par Sébastien Lecornu ?

Face à la flambée des prix des carburants et à la grogne sociale, Sébastien Lecornu propose d'inscrire dans le budget 2027 un mécanisme destiné à neutraliser d’éventuels surplus de TVA liés à la hausse des carburants. Mais derrière le terme de « règle d’or », le dispositif reste encore largement à définir.

Le

France EU China
5min

Économie

Carburants : Emmanuel Macron propose cinq mesures à Bruxelles pour amortir la crise 

Le président de la République a adressé un courrier à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Pour aider les consommateurs à faire face à l’envolée des prix à la pompe, il demande notamment le report de l’entrée en vigueur de certaines réglementations européennes, mais aussi un allégement des normes sur la qualité des carburants.

Le