Économie
Auditionné par la commission des finances du Sénat, David Amiel a une nouvelle fois répété que les six milliards d’euros qui pèsent sur le budget en raison de la guerre en Iran, devront être compensés ailleurs.
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Le premier mois de la guerre en Iran se fait nettement ressentir sur l’économie française. Le produit intérieur brut (PIB) est resté stable au premier trimestre, selon une première estimation communiquée par l’Insee ce 30 avril. Au quatrième trimestre, la richesse nationale avait augmenté de 0,2 %.
Il s’agit d’une mauvaise surprise. La Banque de France tablait il y a encore une quinzaine de jours sur une croissance pouvant atteindre « jusqu’à 0,3 % » au premier trimestre tandis que fin mars, l’Insee avait abaissé sa prévision initiale de 0,3 % à 0,2 %. La demande intérieure finale (hors stocks) « est atone », remarque l’Insee, avec une consommation des ménages qui « recule légèrement » (-0,1 % après + 0,4 % au quatrième trimestre) et l’investissement qui se replie (-0,4 % après + 0,3 %). Ce résultat semble montrer que l’économie était décevante dès avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.
Autre explication : la contribution du commerce extérieur pour sa part est « fortement négative » (-0,7 point après + 0,6 point au quatrième trimestre). Les exportations se replient « franchement » (-3,8 % après + 0,8 %), et les importations reculent de nouveau (-1,7 % après -0,8 %). Ce sont les variations de stocks qui empêchent le PIB de diminuer au premier trimestre.
Rappelons que la dernière prévision de croissance du gouvernement pour l’année 2026 est de 0,9 %. Il l’avait révisée à la baisse de 0,1 point il y a une quinzaine de jours pour tenir compte des effets inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient. La réalité des chiffres du premier trimestre rend très incertain son atteinte, car elle nécessiterait une croissance d’environ 0,3 % à chacun des trimestres suivants pour être réalisée.
En parallèle, l’inflation poursuit sa hausse. Les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 % sur un an en avril, après une hausse de 1,7 % en mars, qui s’explique par une forte accélération des prix de l’énergie, toujours selon l’Insee. Les prix de l’énergie, et en particulier ceux des produits pétroliers, ont augmenté de 14,2 % en avril sur un an, après 7,4 % en mars. Dans la zone euro, l’inflation s’est accélérée en mars à 2,6 %, son plus haut niveau depuis mi-2024, et elle pourrait monter à 3 % en avril, selon un panel d’économistes sondé par Factset.
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