L’inflation remonte à 2,2 % en avril, croissance nulle au premier trimestre en France
Crédit : Sebastien Salom-Gomis / SIPA / 2604161130

L’inflation remonte à 2,2 % en avril, croissance nulle au premier trimestre en France

Plombée par la demande intérieure et les exportations, l’économie française montre des signes d’essoufflement avec un produit intérieur brut qui n’a pas progressé sur les trois premiers mois de l’année. L’inflation continue d’augmenter, conséquence de la hausse des cours du pétrole, à 2,2 % au mois d’avril, selon les chiffres de l’Insee publiés ce jeudi.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le premier mois de la guerre en Iran se fait nettement ressentir sur l’économie française. Le produit intérieur brut (PIB) est resté stable au premier trimestre, selon une première estimation communiquée par l’Insee ce 30 avril. Au quatrième trimestre, la richesse nationale avait augmenté de 0,2 %.

Il s’agit d’une mauvaise surprise. La Banque de France tablait il y a encore une quinzaine de jours sur une croissance pouvant atteindre « jusqu’à 0,3 % » au premier trimestre tandis que fin mars, l’Insee avait abaissé sa prévision initiale de 0,3 % à 0,2 %. La demande intérieure finale (hors stocks) « est atone », remarque l’Insee, avec une consommation des ménages qui « recule légèrement » (-0,1 % après + 0,4 % au quatrième trimestre) et l’investissement qui se replie (-0,4 % après + 0,3 %). Ce résultat semble montrer que l’économie était décevante dès avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Autre explication : la contribution du commerce extérieur pour sa part est « fortement négative » (-0,7 point après + 0,6 point au quatrième trimestre). Les exportations se replient « franchement » (-3,8 % après + 0,8 %), et les importations reculent de nouveau (-1,7 % après -0,8 %). Ce sont les variations de stocks qui empêchent le PIB de diminuer au premier trimestre.

Les prix à la consommation continuent leur hausse

Rappelons que la dernière prévision de croissance du gouvernement pour l’année 2026 est de 0,9 %. Il l’avait révisée à la baisse de 0,1 point il y a une quinzaine de jours pour tenir compte des effets inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient. La réalité des chiffres du premier trimestre rend très incertain son atteinte, car elle nécessiterait une croissance d’environ 0,3 % à chacun des trimestres suivants pour être réalisée.

En parallèle, l’inflation poursuit sa hausse. Les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 % sur un an en avril, après une hausse de 1,7 % en mars, qui s’explique par une forte accélération des prix de l’énergie, toujours selon l’Insee. Les prix de l’énergie, et en particulier ceux des produits pétroliers, ont augmenté de 14,2 % en avril sur un an, après 7,4 % en mars. Dans la zone euro, l’inflation s’est accélérée en mars à 2,6 %, son plus haut niveau depuis mi-2024, et elle pourrait monter à 3 % en avril, selon un panel d’économistes sondé par Factset.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

L’inflation remonte à 2,2 % en avril, croissance nulle au premier trimestre en France
4min

Économie

Accord Etats-Unis / Iran : « Ça va se répercuter à la pompe très vite », promet le ministre Serge Papin, après la nouvelle décrue sur le marché du pétrole

Invité de Public Sénat, le ministre chargé des PME estime que l’on est « en train de tourner la page » d’un « épisode de crise », après la signature mercredi soir du protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran. Il se dit optimiste pour la croissance française. « On sent que la reprise est en route », affirme-t-il.

Le

L’inflation remonte à 2,2 % en avril, croissance nulle au premier trimestre en France
2min

Économie

Travail le 1er mai : « Les interventions de Gabriel Attal ont fait qu’un texte qui devait être débattu a disparu », regrette Annick Billon (UC), autrice de la proposition de loi

La proposition de loi d’Annick Billon (UC) et Hervé Marseille (UC) avait été adoptée au Sénat en juillet 2025. Mais face à l’obstruction parlementaire et la mobilisation des syndicats, le gouvernement a renoncé à convoquer la commission mixte paritaire, et a mis sur la table un projet de loi plus restreint adopté hier par le Sénat. La sénatrice centriste regrette que Gabriel Attal ait fait de son texte « un totem politique. »

Le

Accord Iran-États-Unis : « Le marché pétrolier mondial ne va pas retrouver son état normal avant plusieurs mois, au minimum »
9min

Économie

Accord Iran-États-Unis : « Le marché pétrolier mondial ne va pas retrouver son état normal avant plusieurs mois, au minimum »

En une semaine, les cours du baril de brut ont reculé de plus de 15 %, la perspective d’un accord entre Téhéran et Washington ayant fait passer le baril de Brent, coté à Londres, sous les 80 dollars pour la première fois depuis mars. À court et moyen terme, plusieurs éléments pourraient limiter la poursuite de la baisse et le retour à la normale, avertissent des spécialistes.

Le