Le nouveau taux du livret A était attendu. Il va baisser à 1,5 % à compter du mois prochain, a annoncé jeudi le ministre de l’Economie Roland Lescure. Pas vraiment une surprise. C’est la conséquence logique du ralentissement de l’inflation.
« Le Livret A est un support d’épargne privilégié pour les Français. Avec ce nouveau taux supérieur à l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages est préservé », a déclaré jeudi le ministre dans un communiqué.
Inflation à 0,8 %
Aujourd’hui à 1,7 %, le rendement de ce produit d’épargne très populaire, détenu par 57 millions de Français, est calculé chaque semestre par la Banque de France et son gouverneur, François Villeroy de Galhau, qui le transmet pour validation à Bercy. Il tient compte d’une part d’un taux dépendant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et d’autre part de l’inflation hors tabac du deuxième semestre 2025, mesurée à 0,8 % en décembre par l’Insee. C’est cette deuxième composante qui plombe aujourd’hui le taux du Livret A, car la hausse des prix a considérablement ralenti en France, au bénéfice du pouvoir d’achat des Français.
« Nous avons appliqué la formule en l’arrondissant à la hausse », a précisé Roland Lescure lors d’un échange avec la presse. Le gouverneur de la Banque de France et le ministre de l’Economie disposent en effet d’un pouvoir de dérogation au strict calcul de la formule. Sans cet arrondi, le taux du Livret A serait tombé encore plus bas, à 1,4 %.
Une bonne nouvelle pour les assurances vie
C’est est une maigre consolation pour les épargnants, qui ont vu le taux du Livret A, aussi valable pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), divisé par deux en à peine un an. Il avait commencé 2025 à 3 %, avant d’être ramené à 2,4 % puis à 1,7 % au cours de l’année dernière. Il faut remonter à juillet 2022 pour retrouver un taux inférieur.
La baisse du rendement du Livret A, même légèrement amortie, permettra parallèlement aux acteurs du logement social, dont les conditions d’emprunt sont indexées sur son taux, de se financer moins cher. C’est également une aubaine pour les banques, qui rémunèrent une partie de l’épargne réglementée et commercialisent des produits concurrents plus lucratifs pour elles. Les assureurs se réjouissent aussi de voir leurs assurances vie encore plus compétitives face au Livret A.
Le taux du LEP fixé à 2,5 %
La Banque de France et Bercy ont comme à l’habitude mis l’accent sur le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux épargnants modestes, qui bénéficie d’un geste en sa faveur encore plus important que le Livret A. « J’ai tenu à conserver un avantage marqué pour les plus modestes », a souligné le ministre de l’Economie, en fixant le nouveau taux du LEP à 2,5 % le 1er février, contre 2,7 % aujourd’hui.