Marché de l’électricité : EDF et l’Etat s’accordent sur un prix de vente « autour de 70 euros le mégawattheure »

L’ensemble de la production d’électricité issue des centrales nucléaires sera vendu à 70 euros le mégawattheure en moyenne à partir de 2026. Selon le gouvernement, ce nouveau mécanisme doit permettre de garantir la compétitivité française en matière d’énergie, tout en permettant à EDF de dégager les marges nécessaires à son développement.
Romain David

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Après des mois de tractations, le gouvernement et EDF sont enfin parvenus à s’entendre sur le prix de l’électricité nucléaire. « Nous avons conclu ce matin un accord entre l’Etat et EDF, il pose les bases de la nouvelle régulation nucléaire française et fait entrer EDF dans le XXIe siècle. Cet accord garantit un niveau de prix autour de 70 euros le mégawattheure pour l’électricité nucléaire », a annoncé Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, lors d’une conférence de presse ce mardi 14 novembre.

Le mécanisme actuellement en vigueur d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) doit disparaître à la fin de l’année 2025. Mis en place en 2011, l’ARENH oblige EDF à vendre à un tarif réglementé une partie de l’électricité produite par le parc nucléaire aux autres fournisseurs, pour garantir la mise en concurrence des différents acteurs du marché, conformément aux règles européennes. Aujourd’hui, le montant de l’ARENH est de 42 euros le mégawattheure, mais ce tarif ne concerne qu’un tiers de la production électrique, le reste étant soumis aux aléas du marché. En revanche le nouvel accord concerne l’intégralité de la production.

« Une protection qui ne porte que sur une partie de la production est une protection lacunaire, inefficace », a pointé Bruno Le Maire, se félicitant de la mise en place d’une « protection permanente » pour les consommateurs et les entreprises. Le nouveau tarif se dote d’un système de taxation par seuil, destiné à amortir les éventuelles hausses du marché. Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, a salué la mise en place d’un « mécanisme anti-crise, permettant d’éviter une explosion des prix similaires à celle de 2022. »

« Nous ne sommes pas en Union soviétique, ce n’est pas parce que EDF est nationalisée que EDF doit fonctionner à perte »

« Il fallait rassembler dans cette décision l’ensemble des enjeux économiques et électriques de notre pays. C’est une décision exigeante pour EDF », a commenté Luc Rémont, le PDG d’EDF. Auditionné la semaine dernière au Sénat, le dirigeant avait évoqué la nécessité d’élaborer un système de prix qui « donne de la pérennité, de la stabilité et de la visibilité à tout le monde », afin notamment de garantir la compétitivité française en matière d’électricité.

Endettée à hauteur de 65 milliards d’euros, EDF doit relever un double défi : stabiliser son déficit, mais surtout parvenir à dégager des marges d’investissement pour financer, avec le soutien de l’Etat, la relance du programme nucléaire français, qui prévoit la construction de six EPR pour 50 milliards d’euros, et la pérennisation des installations existantes, estimée à 65 milliards d’euros.

« Avec cet accord nous avons réussi à trouver un équilibre vital entre la compétitivité de notre industrie, la stabilité des ménages et la rentabilité d’EDF. EDF doit être rentable. Nous ne sommes pas en Union soviétique, ce n’est pas parce que EDF est nationalisée que EDF doit fonctionner à perte. EDF doit dégager des marges », a martelé le ministre de l’Economie. Il a également annoncé l’extension des tarifs réglementés à l’ensemble des très petites entreprises, celles de moins de 10 salariés.

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