France Farmers’ Protest Continues in Central Paris
Images from the ongoing farmers’ demonstration in Paris, shot this morning in front of the National Assembly and showing a tractor on Avenue de la Bourdonnais, Paris, France, January 08th 2026. French farmers gathered in central Paris to protest current agricultural policies and economic pressures.//SOTTOSAMUEL_sipa.42219/Credit:Samuel Sotto/SIPA/2601081526

Mercosur : le calendrier d’adoption se resserre, malgré les réticences françaises

Désormais forte du soutien de l’Italie, la Commission européenne s'apprête à signer le traité de libre-échange avec plusieurs pays d’Amérique du Sud. La France, travaillée par la grogne de ses agriculteurs, continue de réclamer des réajustements.
Romain David

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Des dizaines de tracteurs se pressaient aux portes de la capitale ce jeudi, certains sur les Champs-Elysées ou au pied de la Tour Eiffel. Une fois de plus, l’inquiétude du monde paysan s’est muée en colère : les agriculteurs dénoncent l’inflation normative, la politique d’abattage déployée face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), mais aussi le Mercosur, l’accord de libre-échange entre l’UE et plusieurs pays d’Amérique du Sud, qui doit faire l’objet d’un vote à Bruxelles ce vendredi. Les exploitants redoutent que le Mercosur soit source de concurrence déloyale, et viennent mettre en difficultés plusieurs filières. Le gouvernement continue de réclamer des gages à Bruxelles ; mais avec ou sans l’appui de la France, la signature du Mercosur devrait avoir lieu en début de semaine prochaine.

Après une réunion des ministres de l’Agriculture des 27 Etats membres mercredi, les ambassadeurs communiqueront à Bruxelles, vendredi 9 janvier, la position officielle de leurs gouvernements respectifs sur ce traité. Cette réunion pourrait être suivie d’un vote, au cours duquel la France devrait vraisemblablement voter contre ou s’abstenir.

La position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le président, a indiqué la porte-parole du gouvernement. Mais à ce stade, les voyants semblent toujours au rouge. Paris réclame notamment l’instauration de clauses de sauvegarde et de clauses miroirs, ainsi qu’un renforcement des contrôles des produits importés. « Il faut que le vote français soit non, bien sûr, c’est la parole du gouvernement qui n’a pas changé depuis des semaines », a indiqué Laurent Panifous, le ministre des Relations avec le Parlement.

L’Italie, initialement opposée au traité, pourrait finalement donner son feu vert, selon l’agence Bloomberg. Une volte-face qui empêcherait la France et les autres opposants au Mercosur, à savoir la Pologne et la Hongrie, de former une minorité de blocage (au moins 35 % de la population de l’Union européenne) nécessaire pour obtenir le rejet de l’accord. Paris se retrouvera alors sensiblement isolé au sein de l’UE.

45 milliards d’euros supplémentaires en faveur de la PAC

Si le vote de vendredi s’avère concluant, Ursula von der Leyen, la présidente de la commission européenne, devrait procéder à la signature de l’accord lundi 12 janvier, au Paraguay. Mi-décembre, les réticences de la France, de la Pologne, de la Hongrie, et à l’époque de l’Italie, avaient poussé la présidente de la commission à annuler un déplacement prévu en Amérique latine.

Depuis, Ursula von der Leyen a proposé de débloquer, dès 2028, 45 milliards d’euros supplémentaires en faveur de la politique agricole commune, une initiative saluée par Emmanuel Macron. « La France pourra ainsi garantir le maintien du niveau actuel de ces aides jusqu’en 2034. C’est le résultat de notre mobilisation déterminée et de mon engagement constant pour nos agriculteurs », a-t-il commenté sur X. Afin d’apaiser le secteur agricole, la commission européenne s’est également engagée à baisser les droits de douane sur l’engrais azoté et l’ammoniac, et à suspendre la taxe carbone aux frontières sur les engrais.

La signature du Mercosur ne concernera que l’entrée en vigueur des dispositions commerciales, qui dépendent de la compétence exclusive de l’UE. L’accord prévoit aussi un volet de coopération, en faveur du dialogue politique entre les pays, moins polémique et qui relève aussi de la compétence des Etats membres.

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