Mercosur : « Nous serons dans une fermeté absolue pour défendre les intérêts de nos agriculteurs », assure Benjamin Haddad

Alors que les agriculteurs haussent le ton contre l’absence de clarté dans la position de la France sur le traité de libre-échange, signé entre le Mercosur et l’Union européenne fin 2024, le sénateur centriste Franck Menonville a interpellé le gouvernement sur les garanties envisagées, pour accepter l’accord.
Aglaée Marchand

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Emmanuel Macron s’est dit « plutôt positif », sur le Mercosur jeudi 6 novembre, depuis Belém, au Brésil. Ce week-end, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a tempéré cette sortie, évoquant le refus de tout accord qui « condamnerait nos agriculteurs ». Un flou règne alors. Il n’en fallait pas plus aux syndicats agricoles pour monter au front. Ils sont près de 250 agriculteurs à manifester à Toulouse ce mercredi, où s’est rendu le président de la République.

Le sénateur centriste Franck Menonville s’est saisi de la séance des questions d’actualité au gouvernement, pour interpeller l’exécutif : « Nos agriculteurs ont besoin d’être rassurés ». En réponse, le ministre délégué chargé de l’Europe a défendu la position de la France : « Notre seule boussole, c’est la défense de nos intérêts agricoles ».

« Aujourd’hui, le compte n’y est pas »

Benjamin Haddad a précisé : « Nous avons formulé trois exigences à la Commission européenne, et aujourd’hui, le compte n’y est pas ». La première demande, une « clause de sauvegarde robuste, effective et activable pour protéger contre les déstabilisations dans nos marchés agricoles », repose sur « un mécanisme de surveillance […] et de réaction rapide pour pouvoir bloquer les importations, si on voit que nos filières sont déstabilisées ». Pour celle-ci, la « Commission européenne nous a entendus et a fait une proposition dans ce sens, qu’il convient d’examiner ».

Dans un second temps, le gouvernement français souhaite un « agenda ambitieux de mesures miroirs sur la dimension des pesticides et de l’alimentation animale ». Le ministre y voit une « mesure de bon sens » : « On ne peut pas demander à nos agriculteurs de respecter des normes et des standards dans la production, et aller ensuite importer des produits qui ne [les] respectent pas ». Enfin, troisième réclamation : « Des contrôles effectifs sur le plan sanitaire et phytosanitaire sur les produits importés, et dans les pays exportateurs pour assurer un contrôle effectif de nos normes européennes ».

« C’est à l’aune de ces trois exigences que la France se déterminera sur cette question du Mercosur », a poursuivi Benjamin Haddad. Et de conclure : « Que ce soit sur le Mercosur ou sur les négociations de la politique agricole commune, nous serons dans une fermeté absolue pour défendre les intérêts de nos agriculteurs ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Mercosur : « Nous serons dans une fermeté absolue pour défendre les intérêts de nos agriculteurs », assure Benjamin Haddad
9min

Économie

« Une volonté de contourner les lois françaises ? » : audition sous pression au Sénat de la centrale d’achat européenne de Leclerc

La commission d’enquête sénatoriale a entendu ce 11 février deux représentants de la centrale d’achat Eurelec, créée par Leclerc en association avec deux autres distributeurs étrangers. Celle-ci revendique la volonté de peser face aux géants mondiaux de l’agroalimentaire. Les sénateurs s’interrogent sur les conséquences d’une coopérative opérant hors de France.

Le

Mercosur : « Nous serons dans une fermeté absolue pour défendre les intérêts de nos agriculteurs », assure Benjamin Haddad
7min

Économie

Grande distribution : « On a des hausses de tarifs qui ne sont pas forcément fondées », épingle le patron d’Intermarché au Sénat

Le président du groupement Les Mousquetaires, Thierry Cotillard, s’en est pris aux prix demandés par certains grands fournisseurs de l’industrie agro-alimentaire, mettant en cause un « monde de transparence opaque ». « Il faut vraiment corriger ça », a-t-il plaidé devant la commission d’enquête du Sénat sur les marges dans la grande distribution et l’industrie.

Le

Mercosur : « Nous serons dans une fermeté absolue pour défendre les intérêts de nos agriculteurs », assure Benjamin Haddad
4min

Économie

Malgré la dégradation des chiffres du chômage, le directeur général de France Travail salue un taux d’emploi « quasiment historique »

Alors que le chômage a atteint 7,9 % fin 2025, s'éloignant de l'objectif de plein emploi, le directeur général de France Travail, Thibaut Guilluy, a défendu un bilan contrasté devant le Sénat ce mercredi 11 février. Malgré une conjoncture marquée par 70 000 défaillances d'entreprises, il préfère mettre en lumière un taux d'emploi qui dépasse les 69%, et l'impact des récentes réformes sur l'accompagnement des seniors.

Le