Mercosur : « On continue de se mobiliser pour avoir une minorité de blocage », assure Benjamin Haddad

La France continue de s’opposer à l’accord de libre-échange du Mercosur, conclu par la Commission européenne avec plusieurs pays d’Amérique du Sud en décembre. « On continue de se mobiliser avec nos partenaires pour avoir une minorité de blocage et refuser cet accord en l’état », a indiqué Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, ce mercredi lors de sa visite au Salon de l’Agriculture. Selon lui, plusieurs pays, dont l’Italie et la Pologne, « partagent les préoccupations » françaises sur le texte.
Théodore Azouze

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Un blocage du Mercosur toujours espéré par le gouvernement. Le ministre délégué chargé de l’Europe Benjamin Haddad confirme ce mercredi 26 février à Public Sénat que la France tente toujours de réunir d’autres États membres pour faire capoter l’accord de libre-échange conclu par la Commission européenne avec plusieurs pays d’Amérique du Sud. « On continue de se mobiliser avec nos partenaires pour avoir une minorité de blocage et refuser cet accord en l’état, qui ne protège pas nos agriculteurs », a précisé à Public Sénat le responsable, lors de sa visite au Salon de l’agriculture à Paris. 

Le texte fait l’objet d’une rare unanimité contre lui de l’ensemble de la classe politique française, y compris du gouvernement qui tente de trouver suffisamment d’alliés pour empêcher sa ratification. « Je constate qu’on est rejoint par des partenaires polonais, italiens, d’autres… qui partagent nos préoccupations et qui veulent protéger nos agriculteurs », souligne Benjamin Haddad. « C’est la condition de la souveraineté alimentaire de notre continent. » Pour être adopté au Conseil européen, l’accord Mercosur doit être validé à la majorité qualifiée, c’est-à-dire par au moins 15 États membres représentant 65% de la population.  

« Protéger nos intérêts contre la concurrence déloyale »

« La France ne s’oppose pas à tous les accords de libre-échange, mais dit qu’il faut qu’on puisse protéger nos intérêts contre la concurrence déloyale », poursuit Benjamin Haddad. Les syndicaux agricoles français sont aussi opposés à la signature de l’accord. Plusieurs d’entre eux ont manifesté en fin d’année 2024 pour contester les nouvelles règles en vigueur si celle-ci venait à être confirmée. Des craintes partagées par le ministre délégué. « On ne peut pas demander à nos agriculteurs de respecter des normes, des standards et après importer des produits [de pays] qui ne les respectent pas. »

En plus de son approbation par les États, l’accord doit aussi être approuvé par le Parlement européen. Là aussi, le camp français pousse pour réunir des voix contre le texte. Son adoption ou non « se jouera à quelques voix », estimait lundi sur Public Sénat Bernard Guetta, eurodéputé Renew, le groupe européen auquel appartiennent les élus du parti fondé par Emmanuel Macron. D’après lui, « un blocage » du texte dans l’hémicycle « semble une hypothèse plus grande » qu’une minorité de blocage trouvée contre l’accord au Conseil européen.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Menaces », « relations commerciales brutales » : la commission d’enquête du Sénat sur les marges étrille la grande distribution dans son rapport
5min

Économie

« Fébrilité », « perte de sang-froid » : face à l’offensive de la grande distribution sur ses marges, le Sénat persiste et signe

Le torchon brûle entre le Sénat et la grande distribution, qui a lancé ce lundi une campagne de « transparence » sur ses prix. Des chiffres d’une « mauvaise foi absolue », dénoncent Antoinette Guhl et Anne-Catherine Loisier les sénatrices écologiste et centriste qui avaient mené la commission d’enquête sur les marges de la grande distribution. Elles présenteront une proposition de loi à la rentrée.

Le

Mercosur : « On continue de se mobiliser pour avoir une minorité de blocage », assure Benjamin Haddad
3min

Économie

Retraites : le président du Cercle des économistes appelle à des « transferts massifs » des revenus des retraités vers les jeunes

Invité de notre matinale, Jean-Hervé Lorenzi a appelé à mettre à plat la fiscalité française en organisant des transferts de revenus des retraités vers les jeunes. L’organisateur des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence s’est aussi dit favorable à la participation du RN à l’événement - une opinion minoritaire au sein du Cercle des économistes.

Le

Mercosur : « On continue de se mobiliser pour avoir une minorité de blocage », assure Benjamin Haddad
4min

Économie

Accord Etats-Unis / Iran : « Ça va se répercuter à la pompe très vite », promet le ministre Serge Papin, après la nouvelle décrue sur le marché du pétrole

Invité de Public Sénat, le ministre chargé des PME estime que l’on est « en train de tourner la page » d’un « épisode de crise », après la signature mercredi soir du protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran. Il se dit optimiste pour la croissance française. « On sent que la reprise est en route », affirme-t-il.

Le

La sélection de la rédaction

Viande de bœuf, poulet, fromage, automobiles…. Quels sont les produits concernés par l’accord UE-Mercosur
7min

International

Viande de bœuf, poulet, fromage, automobiles…. Quels sont les produits concernés par l’accord UE-Mercosur ?

Le texte de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, finalisé le 6 décembre, a été dévoilé cette semaine par la Commission européenne. Il prévoit une réduction drastique, voire la suppression des droits de douanes sur des quotas de produits fabriqués de part et d’autre de l’Atlantique. La France continue de s’opposer à ce texte, alors que les volumes de denrées agricoles concernés soulèvent l’inquiétude de nombreuses filières.

Le