« Ne pas lâcher une seconde ! » : Sophie Primas espère toujours réunir une minorité de blocage contre le Mercosur

L’annonce d’Ursula von der Leyen sur la fin des négociations de l’accord Mercosur, vendredi, est intervenue alors que la France est toujours farouchement opposée à sa mise en œuvre. La ministre démissionnaire déléguée au commerce extérieur, Sophie Primas, enjoint désormais « à ne pas lâcher une seconde » pour trouver une minorité de blocage avec d’autres pays européens afin d’empêcher la ratification du texte.
Théodore Azouze

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Elle ne perd pas espoir. Sophie Primas, ministre démissionnaire déléguée au commerce extérieur et aux Français de l’étranger, assure qu’il est encore temps d’agir pour empêcher la mise en œuvre du traité de libre-échange Mercosur entre l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique du Sud. « Il ne faut pas lâcher une seconde » pour trouver une minorité de blocage, enjoint la responsable, invitée de la matinale de Public Sénat ce mardi 10 décembre.

Vendredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait indiqué avoir mis fin aux négociations sur le texte de cet accord. « C’est une grosse déception pour les agriculteurs », a certes reconnu Sophie Primas ce matin. La dirigeante européenne a profité d’un déplacement au sommet des pays du Mercosur à Montevideo (Uruguay) pour annoncer la nouvelle. « Elle a profité du fait que la France ne soit pas en grande forme politique », a pointé Sophie Primas, alors que Paris est fermement opposé au texte en l’état.

Convaincre les eurodéputés de voter contre

Malgré tout, la ratification de l’accord reste selon elle « encore loin d’être appliquée ». La fin des négociations ouvre désormais une série de nouveaux rendez-vous européens avant la mise en œuvre de l’accord. Ursula von der Leyen doit d’abord présenter le contenu du Mercosur, mais aussi faire valider l’accord par la majorité qualifiée des États membres de l’UE, c’est-à-dire au moins quinze pays, représentant au moins 65 % de la population européenne. D’où la volonté française d’attirer de nouveaux alliés dans son camp.

Sophie Primas précise que les discussions menées ces derniers mois présagent de possibles changements de position de certains d’États membres sur l’accord commercial. « Il y a aujourd’hui des pays qui se posent des questions [au sujet du texte], qui ne s’en posaient pas », souligne la ministre démissionnaire. Qui pourrait concrètement voter contre ? « La Pologne s’est positionnée clairement, l’Italie a dit plus que ses doutes, la Belgique, l’Autriche, la Lituanie… », cite Sophie Primas.

La question du vote de ratification au niveau du Parlement européen pourrait aussi permettre d’empêcher la mise en application du traité. Les équipes du gouvernement français tentent de convaincre les eurodéputés de s’opposer au texte. « On fait ça un par un : on a pris un mapping de l’hémicycle européen et on cherche des alliés par parti, par pays. Les signaux ne sont pas mauvais », confirme ainsi Sophie Primas. Après l’annonce d’Ursula von der Leyen, l’Élysée avait elle aussi qualifié d’« inacceptable » l’accord négocié par la Commission européenne.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Ne pas lâcher une seconde ! » : Sophie Primas espère toujours réunir une minorité de blocage contre le Mercosur
4min

Économie

Aides pour les agriculteurs : « Le quoi qu'il en coûte n'est plus possible compte tenu de l'état de nos finances », lance Annie Genevard

La crise énergétique, liée à la situation géopolitique au Moyen-Orient, continue de toucher de plein fouet les agriculteurs français. Plusieurs mesures ont déjà été annoncées par le gouvernement pour les soutenir. Mais celui-ci dit détenir une marge de manœuvre limitée, « d’où le choix (...) de conduire des aides ciblées », indique sur Public Sénat la ministre de l’Agriculture Annie Genevard ce jeudi 16 avril.

Le

« Ne pas lâcher une seconde ! » : Sophie Primas espère toujours réunir une minorité de blocage contre le Mercosur
4min

Économie

Grande distribution : « Egalim est-il aujourd’hui pleinement efficace ? Non » tranche Annie Genevard, qui raconte les « pressions et menaces » sur les entreprises

Devant les sénateurs, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a présenté sa vision d’une réforme de la loi Egalim, qui passe par « améliorer la structuration des filières à l’amont », « en finir avec la culture du prix le plus bas » ou « faire bouger Bruxelles sur l’affichage des origines des denrées alimentaires ».

Le

« Ne pas lâcher une seconde ! » : Sophie Primas espère toujours réunir une minorité de blocage contre le Mercosur
3min

Économie

Prix des carburants : en envisageant d’encadrer les marges des distributeurs, le gouvernement « tape à côté du problème », déplore Manuel Bompard

Face à la flambée des prix du carburant, le gouvernement réfléchit à encadrer les marges des distributeurs, sans avoir à ce stade « tranché » la question. Invité de la matinale de Public Sénat ce mercredi, Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, estime de son côté que « les marges qui sont abusives aujourd’hui ne sont pas à la distribution », mais au niveau du « raffinage ». Pour lui, les cortèges du 1er mai peuvent être l’occasion d’une mobilisation « pour le blocage des prix ».

Le

« Ne pas lâcher une seconde ! » : Sophie Primas espère toujours réunir une minorité de blocage contre le Mercosur
6min

Économie

« Il faudra bien trouver des voies d'apaisement » : Serge Papin estime que le cadre des relations entre grande distribution et fournisseurs est arrivé « au bout »

Le ministre des PME et du Commerce plaide pour un développement des négociations commerciales sur le long terme. Celles-ci sont actuellement annuelles, concentrées sur trois mois, et sources de tensions. « Il faudrait que l’on trouve des voies nouvelles », a-t-il reconnu devant la commission d’enquête du Sénat.

Le

La sélection de la rédaction