Négociations commerciales entre grande distribution et industrie agroalimentaire : « Ça va être la guerre des prix habituelle », prédit Michel-Edouard Leclerc

Distributeurs et industriels viennent de lancer leurs négociations commerciales annuelles. Un rendez-vous souvent marqué par d’importantes tensions, mais qui sera cette fois encadré par une nouvelle charte destinée à assurer le bon déroulement des discussions. « On va aller chercher des baisses de prix pour les consommateurs français », promet Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc.
Théodore Azouze

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Seront-elles moins tumultueuses cette fois-ci ? Les négociations commerciales annuelles entre la grande distribution et l’industrie agroalimentaire, qui viennent tout juste de débuter, s’étaleront jusqu’au 1ᵉʳ mars 2026. Des discussions essentielles pour déterminer les prix et les conditions de vente de milliers de produits, mais qui font régulièrement l’objet d’importantes tensions entre les différentes parties. Sur la proposition du gouvernement, distributeurs et industriels se sont toutefois mis d’accord sur la signature d’une charte destinée à assurer le bon déroulement des négociations. 

Malgré cette initiative, « ça va être la guerre des prix habituelle », prédit Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc. Invité de la matinale de Public Sénat ce lundi 8 décembre, le patron compte en tout cas « chercher des baisses de prix pour les consommateurs français » lors de ces échanges. « La restructuration de la distribution française, la répartition des enseignes actuelles, vont jouer dans le même sens », détaille-t-il, en référence notamment au récent rachat de centaines de magasins Casino par différents groupes concurrents. 

Michel-Edouard Leclerc anticipe « une période légèrement déflationniste »

La grande distribution, à la recherche de prix compétitifs, reproche au secteur agroalimentaire de tirer vers le haut les tarifs négociés avec les centrales d’achat. « Les grands industriels qui ont trop ramassé, trop vite, comprennent aujourd’hui que s’ils ne se réalignent pas sur le pouvoir d’achat des consommateurs français, ils vont perdre du marché au détriment des marques de distributeurs », développe Michel-Edouard Leclerc. « On va aller chercher des grandes marques moins chères et à défaut, nos marques de distributeurs de toute façon seront moins chères. »

L’homme d’affaires anticipe « une période légèrement déflationniste » l’an prochain dans le domaine de la « grande consommation ». « On va casser ce mouvement d’inflation structurelle, qui était très spéculatif », poursuit Michel-Edouard Leclerc. « Je pense qu’on va pouvoir manger et mieux vivre la consommation courante en 2026 (…) dans des conditions plus agréables. » Interviewé ce week-end dans La Tribune dimanche, le patron du groupement Les Mousquetaires/Intermarché, Thierry Cotillard, se voulait moins optimiste, tablant sur « une hausse contenue » des prix après les négociations. 

De manière plus générale, Michel-Edouard Leclerc a par ailleurs dénoncé le climat politique général des derniers mois, marqué par l’instabilité gouvernementale et l’incertitude de l’issue du débat budgétaire au Parlement. « Il y a une chape de plomb sur la société française », déplore-t-il. « Les émissions politiques, on baisse le son, on ne sait plus où on en est. » Le responsable note la construction d’une « épargne de précaution » par les Français. Une tendance expliquée, selon lui, par le fait « que beaucoup de jeunes pensent qu’ils ne toucheront jamais leur retraite ». 

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