« C’est évidemment une bonne nouvelle car cela montre que les efforts collectifs commencent à payer. J’insiste sur le commence, car la tâche est encore devant nous. » Pas de triomphalisme à Bercy après la publication des données budgétaires définitives de l’année 2025, qui font état d’un déficit moins massif que prévu : 5,1 %, selon l’Insee, au lieu de 5,4 % du PIB. Le ministre des Comptes publics David Amiel a fait preuve de prudence en appelant à ne pas relâcher les efforts budgétaires dans les prochains mois. « 5,1 % de déficit, c’est encore très élevé, c’est encore beaucoup trop élevé », a mis en garde l’ancien député Renaissance.
Une partie du gouvernement – ministres de Bercy, ministres du Travail et de la Santé, ou encore des Collectivités locales – était réunie ce matin autour du Premier ministre pour faire le point sur les conséquences économiques et budgétaires de la guerre au Moyen-Orient. L’incertitude sur la durée du conflit, et les perturbations importantes de l’économie mondiale qu’elle entraîne, a largement pris le pas sur la bonne nouvelle du jour sur le front du budget 2025.
« Pas de mesures générales »
« Notre tâche, c’est de continuer à réduire la dépense quoiqu’il arrive, c’est ce que le Premier ministre a tenu à rappeler », a enchaîné le ministre des Comptes publics, soulignant qu’il y avait désormais « des crises internationales tous les ans ou presque ». « Pour autant, nous devons continuer à réduire les déficits pour retrouver des marges de manœuvre et précisément être capable d’investir dans l’avenir », a-t-il insisté.
Alors que des réponses seront apportées dans les prochaines heures aux professions les plus affectées par la hausse des cours du pétrole, le gouvernement a fait passer un message très clair : 2026 ne sera pas 2022, année qui avait marqué le point de départ de soutiens massifs face à la crise énergétique. Les annonces seront « ciblées, circonstanciées dans le temps », a prévenu le ministre de l’Économie Roland Lescure. Bref, « pas de mesures générales qui feraient croire à nos concitoyens qu’on pourrait avoir une pluie de milliards d’euros que nous n’avons pas », a développé David Amiel.
Bercy veut se monter inflexible sur le respect de l’objectif 2026, ramener le déficit à 5 %. « Pour toute aide ciblée, supplémentaire, pour toute dépense publique nouvelle qui pourrait être rendue nécessaire par la crise, il y aura une annulation d’une dépense prévue à l’euro près », a annoncé le ministre des Comptes publics.