Nouvel effort budgétaire : Amélie de Montchalin veut annuler des dépenses, en reporter ou faire « plus d’économies »

« On va réduire de 5 milliards d’euros de plus notre dépense, sur ce que nous pensions faire au départ », explique la ministre des Comptes publics. Une partie de ces économies viendra de « la réserve de précaution », mais certains budgets seront aussi impactés.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Deux mois après l’adoption dans la douleur du budget 2025, le gouvernement prépare une nouvelle série d’économies. Alors que les tensions commerciales sont à leur comble, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a annoncé ce mercredi matin sur RMC/BFMTV un effort supplémentaire de réduction de la dépense publique de 5 milliards d’euros.

« Plus d’économies pour financer par exemple un peu plus d’efforts sur la défense »

Il s’agit de passer du « quoi qu’il en coûte » au « quoi qu’il arrive », c’est-à-dire tenir « notre ligne de désendettement », quels que soient les événements, a expliqué Amélie de Montchalin au micro de Public Sénat, en marge des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

« On va réduire de 5 milliards d’euros de plus notre dépense, sur ce que nous pensions faire au départ », explique la ministre, avec à la clef des économies sur certains « budgets, qui seront présentées dans les prochains jours ». Mais « une partie, c’est de l’argent mis de côté », via « la réserve de précaution » de 9,1 milliards d’euros, « c’est-à-dire de l’argent qu’on n’utilise pas ». « Donc on va utiliser une partie de cette réserve », précise Amélie de Montchalin, qui évoque aussi « des mesures techniques ».

« Le but, c’est qu’il y ait des dépenses qu’on pensait faire, qu’on ne va pas faire, des dépenses qu’on fera plus tard, et aussi des endroits où on fera plus d’économies pour financer par exemple un peu plus d’efforts sur la défense. Notre but à la fin, c’est de tenir le déficit et sans augmenter les impôts et donc en réduisant nos dépenses », résume Amélie de Montchalin.

Conséquences de la hausse des droits de douane : « Nous n’avons pas de projet de relancer le quoi qu’il en coûte, nous n’en avons pas les moyens »

Quant aux entreprises touchées par la hausse de 20 % des droits de douane décidée par Donald Trump, « à ce stade », le gouvernement n’entend pas mettre en place d’aide financière. « Nous accompagnons les entreprises pour d’abord les informer, les aider à trouver de nouveaux marchés », explique-t-elle. Mais « nous n’avons pas de projet de relancer le quoi qu’il en coûte. Nous n’en avons pas les moyens. Et ce n’est pas ce que nous cherchons. Nous cherchons un commerce international qui fonctionne bien », soutient la ministre des Comptes publics.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration facade et entree d une Mairie.
5min

Économie

Collectivités locales : 5,5 milliards d’euros d’exonérations fiscales n’ont pas été compensés par l’État en 2024, révèle un rapport du Sénat

La délégation sénatoriale aux collectivités territoriales a retracé les multiples exonérations de fiscalité locale mises en œuvre depuis 40 ans, dans un rapport présenté le 8 juillet. Un manque à gagner que l’État ne compense que partiellement chaque année. Les sénateurs appellent à y remédier lors des prochaines discussions budgétaires.

Le

FRANCE PONTPIERRE HYDROGEN
6min

Économie

Hydrogène naturel : « La France pourrait devenir un leader mondial de cette ressource »

Dans une note, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) appelle la France à ne pas laisser passer l’opportunité de devenir « un leader mondial » de l’hydrogène naturel. Les auteurs, le sénateur Michaël Weber et le député Gérard Leseul, demandent à l’Etat de financer des opérations de prospection, d’aider les entreprises à exploiter la ressource et de sensibiliser la population sur ces sujets.

Le

Commerces dans un village
7min

Économie

« 62% des communes ne comptent plus aucun commerce » : les propositions du Sénat pour enrayer le déclin des commerces de proximité

Lutte contre la concurrence chinoise, soutien aux commerçants locataires, dynamisation des centres-villes… Dans un rapport rendu ce mercredi, plusieurs sénateurs formulent des propositions pour enrayer le déclin des commerces physiques. Bien que spectaculaire, cette « décommercialisation » n’est pas une fatalité, assurent-ils.

Le

Loi d’urgence agricole : le Sénat vote une préférence européenne pour l’approvisionnement des cantines publiques
6min

Économie

Loi d’urgence agricole : le Sénat vote une préférence européenne pour l’approvisionnement des cantines publiques

Les sénateurs ont adopté l’article 4 du projet de loi d’urgence agricole qui fixe de nouvelles exigences pour la restauration collective publique, en particulier l’interdiction de se fournir en dehors de l’Union européenne. Le dispositif a été recentré par rapport à la version sortie de l’Assemblée nationale au début du mois de juin, retirant des mesures « excessivement contraignantes » ou « difficiles à mettre en œuvre ».

Le