« Personne n’investit, personne n’embauche » : Sophie Primas s’inquiète des effets de la crise politique sur l’économie

Invitée de la matinale de Public Sénat ce mardi 10 décembre, la ministre démissionnaire déléguée au commerce extérieur Sophie Primas appelle à nommer rapidement un Premier ministre pour rassurer les acteurs économiques en France. « Personne ne bouge, personne n’embauche, personne n’investit. Tout le monde est terrorisé et paralysé », s’est-elle inquiétée.
Théodore Azouze

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Un Premier ministre pour limiter les effets de la crise politique sur l’économie française. Ministre démissionnaire déléguée au commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Sophie Primas appelle le président de la République à nommer « mercredi » ou « au plus tard jeudi » une personnalité à Matignon pour remplacer Michel Barnier, censuré par le RN et la gauche à l’Assemblée nationale la semaine dernière.

Pour l’ex-sénatrice (LR), invitée de la matinale de Public Sénat ce mardi 10 décembre, il devient urgent de clarifier la situation gouvernementale pour rassurer les acteurs économiques. « Les investissements étrangers qui arrivent en France, les chefs d’entreprise, les syndicats d’entreprises… Personne ne bouge, personne n’embauche, personne n’investit, avance-t-elle. Tout le monde est terrorisé et paralysé. Pendant ce temps-là, on prend du retard. » En attendant, le projet de loi spéciale de finances pour assurer la continuité des services publics sera en tout cas présenté mercredi en conseil des ministres.

L’hypothèse d’une nouvelle dissolution

Malgré cette Assemblée nationale fragmentée, « il faut absolument faire des économies sur le fonctionnement de l’État dans les budgets qui vont arriver », soutient Sophie Primas. « Cette situation d’entre-deux au Parlement est très compliquée » car elle « empêche de faire des choix structurants » pour « faire baisser notre endettement ». Il faut dire que les résultats du pays en la matière sont alarmants : au deuxième trimestre, la dette française s’élevait à 3 228,4 milliards d’euros, soit 112 % du PIB du pays.

Un accord de non-censure pourrait-il constituer une solution afin de s’extraire de cette situation figée ? « Pas sur le long terme », réfute la ministre démissionnaire. Pour elle, l’hypothèse d’une nouvelle dissolution, théoriquement possible à partir de l’été prochain, est une option pour sortir de la crise. « Je ne vois pas comment on peut rester avec une Assemblée aussi difficile », expose ainsi Sophie Primas.

La responsable regrette la configuration politique du moment, qui aurait conduit à cette impasse pour avancer et mener un projet clair pour la France. « Depuis l’idée qu’on peut gouverner dans une espèce de conglomérat qui n’est ni à gauche ni à droite, pas très clair sur ces idées, on aboutit à la situation que j’avais toujours combattue en restant aux Républicains, assure Sophie Primas. […] Mon objectif était de dire, qu’il y avait une gauche, une droite et que tout hypercentrisme menait au développement des extrêmes : on y est aujourd’hui. »

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