Le Sénat a adopté jeudi, en la modifiant, la proposition de loi en faveur du volontariat des sapeurs-pompiers, qui consacre également l’un de ses volets aux centres de premiers secours. Pêle-mêle parmi les mesures retenues : une bonification de leur retraite, des promotions pour actes de bravoure ou encore l’expérimentation d’un numéro d’urgence unique.
Pompiers volontaires : que contient le texte adopté par le Sénat ?
Le Sénat a adopté jeudi, en la modifiant, la proposition de loi en faveur du volontariat des sapeurs-pompiers, qui consacre également l’un de ses volets aux centres de premiers secours. Pêle-mêle parmi les mesures retenues : une bonification de leur retraite, des promotions pour actes de bravoure ou encore l’expérimentation d’un numéro d’urgence unique.
Le Sénat a adopté jeudi à l’unanimité, mais après modification, la proposition de loi visant à « consolider notre modèle de sécurité civile et valoriser le volontariat des sapeurs-pompiers et les sapeurs-pompiers professionnels ». Ce texte, qui faisait largement consensus, tend à renforcer le modèle français de sécurité civile en se concentrant sur les services de lutte contre les incendies et ceux de premiers secours. Saluant le travail déjà réalisé par le Palais Bourbon, les sénateurs ont toutefois introduit une série de nouvelles mesures, concernant notamment les numéros d’urgence.
Des avantages sociaux et une plus grande reconnaissance des sacrifices réalisés par les pompiers
Afin de susciter des vocations, le texte prévoit une série d’avantages sociaux : une amélioration de la retraite des sapeurs-pompiers sous la forme de l’attribution de trois trimestres supplémentaires au bout de 10 ans d’engagement. Mais aussi un accès facilité au logement social.
La proposition de loi entend également mettre l’accent sur la reconnaissance des sacrifices réalisés par les membres de la sécurité civile. Elle envisage des promotions à titre exceptionnel pour les sapeurs-pompiers volontaires ou professionnels ayant commis des actes de bravoure ou mort durant leur service. Ainsi, une mention « mort pour le service de la République » est créée pour les pompiers professionnels appartenant à des corps ou entités exposés à des situations de danger, avec un statut de « pupille de la République » pour leurs orphelins.
Enfin, les sanctions pour le délit d’outrage contre un pompier sont renforcées, sur le modèle de celles encourues pour outrage à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique.
Une expérimentation autour d’un numéro d’urgence unique
La proposition de loi prévoit la mise en place du 112 comme numéro unique d’urgence, à la place des 13 numéros déjà existants. Si les sénateurs se montrent circonspects sur les modalités de ce dispositif, rappelant notamment l’opposition d’une partie des acteurs de la santé, ils se sont néanmoins prononcés en faveur d’une expérimentation, mais en y incluant les associations agréées de sécurité civile. « Le Sénat a voulu élargir cette question en réfléchissant à des plateformes communes pour que les médecins du Samu, les régulateurs et les sapeurs-pompiers puissent être sur des lieux communs, puissent travailler ensemble », fait valoir auprès de Public Sénat Loïc Hervé, corapporteur (UC) de ce texte.
Les élus ont également fait passer la durée de cette expérimentation de trois à deux ans, afin « d’aboutir plus rapidement à une généralisation de la solution retenue. »
L’épineuse question du statut de travailleur
Le Sénat réclame la suppression de l’article selon lequel l’activité d’un pompier volontaire « ne peut être assimilée à celle d’un travailleur ». Ils pointent la nullité de cette mention au regard du droit européen, et rappellent qu’en 2018 la Cour de Justice de l’Union européenne a reconnu à des sapeurs-pompiers volontaires un statut de travailleur, les plaçant du même coup sous les directives européennes relatives au temps de travail.
« Si cette jurisprudence est transposée à la France, on fera exploser notre modèle de sécurité civile. On ne pourra plus concilier activité professionnelle et engagement de pompier volontaire », alerte auprès de Public Sénat la sénatrice LR Françoise Dumont, corapporteure du texte. Pour rappel, sur les 250 000 pompiers de France, près de 80 % sont volontaires. En supprimant cet article, la chambre Haute espère donc pousser le gouvernement à apporter à ce problème une solution juridique efficiente, éventuellement à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne à partir du 1er janvier.
La délégation sénatoriale aux collectivités territoriales a retracé les multiples exonérations de fiscalité locale mises en œuvre depuis 40 ans, dans un rapport présenté le 8 juillet. Un manque à gagner que l’État ne compense que partiellement chaque année. Les sénateurs appellent à y remédier lors des prochaines discussions budgétaires.
Dans une note, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) appelle la France à ne pas laisser passer l’opportunité de devenir « un leader mondial » de l’hydrogène naturel. Les auteurs, le sénateur Michaël Weber et le député Gérard Leseul, demandent à l’Etat de financer des opérations de prospection, d’aider les entreprises à exploiter la ressource et de sensibiliser la population sur ces sujets.
Lutte contre la concurrence chinoise, soutien aux commerçants locataires, dynamisation des centres-villes… Dans un rapport rendu ce mercredi, plusieurs sénateurs formulent des propositions pour enrayer le déclin des commerces physiques. Bien que spectaculaire, cette « décommercialisation » n’est pas une fatalité, assurent-ils.
Les sénateurs ont adopté l’article 4 du projet de loi d’urgence agricole qui fixe de nouvelles exigences pour la restauration collective publique, en particulier l’interdiction de se fournir en dehors de l’Union européenne. Le dispositif a été recentré par rapport à la version sortie de l’Assemblée nationale au début du mois de juin, retirant des mesures « excessivement contraignantes » ou « difficiles à mettre en œuvre ».