Illustration Airbnb
Credit:LODI Franck/SIPA/2008181208

Régulation d’Airbnb : « Le gouvernement continue de procrastiner », regrette le sénateur Max Brisson

La remise à plat de la fiscalité dans la location n’aboutira pas avant 2024. Le sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques, qui veut en finir avec l’avantage dont bénéficient les locations touristiques saisonnières, redoute une nouvelle occasion manquée dans le projet de loi de finances.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La proposition loi transpartisane encadrant davantage les meublés touristiques, de type Airbnb, pourrait faire son retour à l’agenda la fin de l’année. Ce texte, visant à « remédier aux déséquilibres du marché locatif en zone tendue », aurait dû être débattu à l’Assemblée nationale en juin. Jugée « pas aboutie » par la majorité présidentielle, elle avait été déprogrammée.

Une partie de ses auteurs étaient reçus ce 30 octobre au ministère du Logement, comme les députés Christophe Plassard (Horizons, Charente-Maritime), Iñaki Echaniz (PS, Pyrénées-Atlantiques), mais aussi Julien Bayou (EELV, Paris) ou encore le sénateur Max Brisson (LR, Pyrénées-Atlantiques). L’objet de la rencontre était notamment d’aborder l’avenir de ce texte, mais également le futur de la fiscalité applicable aux meublés touristiques, dans un contexte de raréfaction des logements pour les habitants des zones dites tendues. Pour rappel, le texte vise à élargir les compétences des élus locaux pour mieux réglementer l’implantation de locations saisonnières et supprimer l’avantage fiscal octroyé aux logements de tourisme. L’ambition était aussi de conditionner une location touristique à la réalisation d’un diagnostic de performance énergétique.

« Le ministre nous a annoncé qu’il espérait fortement que la proposition de loi d’Annaïg Le Meur et d’Iñaki Echaniz soit débattue à l’Assemblée nationale en décembre », relate Max Brisson, au lendemain de cette entrevue. Autre annonce : une mission parlementaire chargée d’étudier la question de la fiscalité liée au logement va être lancée.

Car c’est bien sur le régime fiscal des meublés touristiques que les discussions coincent toujours. « Je n’ai pas senti le ministre très ouvert à la suppression de tout avantage fiscal lié aux locations saisonnières par rapport aux locations de longue durée », regrette le sénateur Max Brisson.

Un premier rééquilibrage dans le projet de loi de finances jugé insuffisant

Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2024, le gouvernement a bien introduit un amendement dans le texte adopté, après l’engagement de sa responsabilité (article 49.3 de la Constitution). Il prévoit de réduire l’abattement dont bénéficient les meublés touristiques dans les zones tendues de 71 % à 50 %, avec une limite de 77.700 € de revenus annuels. Comme c’est le cas pour les meublés classiques. L’abattement à 71 % ne subsisterait que dans les zones rurales.

Mais ce premier pas est loin d’être suffisant pour Max Brisson, dont le département est particulièrement touché par la reconversion de logements à temps plein en meublés touristiques. Et surtout, le calendrier qui semble se profiler, n’est pas satisfaisant à ses yeux. « La proposition de loi pourrait arriver au printemps, ce qui permettrait d’insérer les conclusions de la mission parlementaire […]  Il est bien dommage que le gouvernement continue de procrastiner et n’utilise pas le projet de loi de finances, qui est par excellence le meilleur véhicule fiscal annuel. »

Le sénateur LR se déjà prêt à redéposer des amendements pour mettre fin à l’asymétrie fiscale entre les locations touristiques et les locations de long terme. L’an dernier, il avait fait adopter au Sénat un amendement excluant les locations de meublés touristiques en milieu urbain du régime des abattements de 71 % ou 50 %.

Partager cet article

Dans la même thématique

French Government Holds Press Conference on Measures to Address Rising Fuel Prices
5min

Économie

Annonces du gouvernement sur les aides au carburant : qui touchera quoi ?

Face à la persistance de la crise du détroit d'Ormuz et à la flambée des prix à la pompe, l'exécutif a annoncé ce mardi 22 septembre un paquet de mesures avec un coût total de 450 millions d'euros, articulé autour d'une « règle d'or » sur la fiscalité des carburants et d'un doublement de l'aide aux automobilistes les plus dépendants de leur véhicule.

Le

Régulation d’Airbnb : « Le gouvernement continue de procrastiner », regrette le sénateur Max Brisson
7min

Économie

Énergie : Les Français doivent-ils craindre une pénurie de gaz cet hiver ?   

Des prix déjà très élevés, un marché mondial sous tension, et des stocks de gaz plutôt faibles au niveau européen : après le choc énergétique de 2022, l’Europe pourrait-elle connaître une nouvelle crise du gaz ? D’après certains experts, « aucune crainte de pénurie » mais « un effet prix » très important en France.

Le

FRA – PARIS – ELYSEE – CONSEIL DES MINISTRES
7min

Économie

Carburants : que cache la « règle d’or » promise par Sébastien Lecornu ?

Face à la flambée des prix des carburants et à la grogne sociale, Sébastien Lecornu propose d'inscrire dans le budget 2027 un mécanisme destiné à neutraliser d’éventuels surplus de TVA liés à la hausse des carburants. Mais derrière le terme de « règle d’or », le dispositif reste encore largement à définir.

Le

France EU China
5min

Économie

Carburants : Emmanuel Macron propose cinq mesures à Bruxelles pour amortir la crise 

Le président de la République a adressé un courrier à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Pour aider les consommateurs à faire face à l’envolée des prix à la pompe, il demande notamment le report de l’entrée en vigueur de certaines réglementations européennes, mais aussi un allégement des normes sur la qualité des carburants.

Le