Taxes américaines : « Notre objectif, c’est le retour au libre-échange », répond le ministre de l’Économie

Interpellé par le sénateur Jean-Baptiste Lemoyne sur les conséquences de l’entée en vigueur des droits de douane américains, Éric Lombard a assuré que le gouvernement maintenait le dialogue avec Washington. Il a également annoncé que l’Union européenne s’engageait dans une « réponse très vigoureuse ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Là où Donald Trump passe, le commerce trépasse. » Comme plusieurs autres de ses collègues élus dans des régions viticoles, le sénateur Renaissance de l’Yonne, Jean-Baptiste Lemoyne, assiste avec stupeur à l’installation des droits de douane supplémentaires aux États de 20 % sur les produits européens et français. « Heureusement, notre Union européenne n’est plus l’idiot utile du village global, ouvert à tous les vents. Elle s’est armée et réarmée en matière de politique commerciale », a considéré l’ancien ministre en charge des PME, ce 9 avril au moment des questions au gouvernement. Il a interrogé le ministre de l’Économie et des Finances sur la contre-offensive européenne mais aussi sur le plan du gouvernement pour protéger les filières françaises touchées.

« Comment nous allons protéger l’Union européenne ? D’abord par une réponse très vigoureuse », a clamé le ministre de l’Économie Éric Lombard. Ce matin, un premier paquet de mesures a été adopté par les États membres, visant 22 milliards d’euros d’importations américaines. Les représailles visent une série de produits américains, comme les motos, le soja ou encore la volaille. Ces derniers seront taxés à hauteur de 25 %, une réponse directe aux taxes américaines de 25 % décrétées sur l’acier et l’aluminium décidées par la Maison Blanche mi-mars.

« Nous allons dialoguer sans limite »

« Nous travaillons avec l’Union européenne sur un deuxième paquet, qui non seulement va porter les sur droits de douane, mais aussi d’autres droits que nous pourrons imposer », a ajouté le ministre. Ce deuxième volet, en riposte aux surtaxes générales signées le 2 avril, seront calibrées lors d’un conseil des ministres des Finances des Vingt-sept en fin de semaine. Éric Lombard précise que l’objectif est « de nous mettre à la table de discussion, puisqu’évidemment nous souhaitons naturellement aboutir à la baisse de ces droits ».

« Notre objectif, c’est effectivement le retour au libre-échange, et pour cela, nous allons dialoguer sans limite, et de façon très assidue, pour qu’avec les Américains, l’ensemble de nos partenaires du monde – et il faudra veiller aux équilibres mondiaux – nous puissions revenir à la normale », a-t-il déclaré.

Le ministre a en outre souligné que Bercy allait continuer de travailler « pour augmenter nos parts de marché ailleurs » et trouver de nouveaux débouchés commerciaux. Les Etats-Unis représentent 15 % des exportations françaises, a-t-il rappelé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Taxes américaines : « Notre objectif, c’est le retour au libre-échange », répond le ministre de l’Économie
2min

Économie

Tourisme : « 65 000 emplois saisonniers n’ont pas été pourvus en 2025 », alerte Nathalie Delattre

Non, il ne faut pas ralentir la fréquentation ; À l’heure où certaines destinations sont saturées par la fréquentation touristique, notamment Paris et sur la Côte d’Azur, d’autres régions voient à travers le tourisme une chance de développement. Comme dans la petite commune de Cabrerets dans le Lot, où l’Hôtel des Grottes reste l’une des seules activités de la commune. À l’heure où l’on parle des dégâts du « surtourisme » sa gérante témoigne de l’importance de ne pas sacrifier la filière et de ses difficultés de recrutement dans l’émission Dialogue citoyen présentée par Quentin Calmet.

Le

Taxes américaines : « Notre objectif, c’est le retour au libre-échange », répond le ministre de l’Économie
6min

Économie

Bercy gèle 4 milliards d’euros de crédits : « Une première salve, si la guerre perdure des mesures supplémentaires seront nécessaires », avertit David Amiel 

Pour financer les mesures d’aide liées à la crise au Moyen-Orient, l’Etat s’apprête à suspendre 4 milliards d’euros de crédits, auxquels doivent s’ajouter un peu plus de 2 milliards économisés sur les allégements de cotisations sociales aux entreprises. Devant les sénateurs, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, invoque la nécessité de maintenir le déficit public à 5% d’ici la fin de l’année.

Le

SoftBank CEO Masayoshi Son Meets French President Emmanuel Macron at Elysee Palace
8min

Économie

Choose France : « Une des grandes réussites d’Emmanuel Macron, c’est de faire venir des investisseurs étrangers », reconnaît la sénatrice LR Sophie Primas

Avec 93 milliards d’euros de nouveaux investissements annoncés par le chef de l’Etat, à l’occasion de Choose France, c’est « indéniablement une réussite, il ne faut pas bouder son plaisir », salue l’ancienne ministre Sophie Primas, qui reste cependant « prudente sur le taux d’exécution ». « Sur le papier, ça s’annonce très prometteur. Mais le bilan reste lui très mitigé et très contrasté », met en garde le président de la délégation aux entreprises du Sénat, Olivier Rietmann.

Le