Antisémitisme dans l’enseignement supérieur : 17 procédures disciplinaires pour actes ou propos antisémites sont en cours, précise Sylvie Retailleau

Dans le cadre de la mission d’information sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur la ministre Sylvie Retailleau était auditionnée par la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat. L’occasion pour la ministre de donner quelques statistiques concernant le suivi des procédures disciplinaires.
Henri Clavier

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« L’antisémitisme n’est pas une opinion, c’est un délit et pour nous c’est tolérance zéro », rappelle la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche en préambule de son audition au Sénat. Sylvie Retailleau a largement évoqué les différents cas d’antisémitisme et le malaise des étudiants juifs dans l’enseignement supérieur qui constate que les actions ont principalement eu lieu « à Sciences Po, ses campus délocalisés et les IEP ». Le lancement de la mission d’information fait d’ailleurs suite au blocage de Sciences Po en soutien à Gaza. Durant ces blocages, plusieurs témoignages ont fait état d’actes ou de propos antisémites, une étudiante a été empêchée d’entrer dans un amphithéâtre pour assister à une conférence. Dans le Parisien, l’administrateur temporaire de Sciences Po dévoile que huit étudiants font l’objet d’une procédure disciplinaire. La ministre a voulu rassurer les sénateurs sur la fermeté du gouvernement et la condamnation de « certains responsables politiques qui soufflent sur les braises ».

 « 76 actes antisémites ont été signalés »

Alors que les actes antisémites sont en forte hausse depuis les événements du 7 octobre, Sylvie Retailleau a livré un premier aperçu des statistiques relatives aux actes antisémites au sein des universités. « 76 actes antisémites ont été signalés, 17 font l’objet d’une enquête administrative, suivis de l’enclenchement d’une procédure disciplinaire, 9 d’un dépôt de plainte et 11 d’un signalement auprès du procureur de la République », rapporte Sylvie Retailleau. Des chiffres en hausse par rapport aux années précédentes, mais qui ne suivent pas non plus la même évolution que les actes antisémites en général puisque le président de France Université faisait état de 33 actes pour l’année 2022-2023 et de 11 saisines de commission disciplinaire. Les données restent néanmoins incomplètes puisque les conclusions des procédures et les sanctions ne sont pas encore connues. Un point qui étonne autant qu’il agace Max Brisson (LR), sénateur des Pyrénées-Atlantiques. « Est-on encore dans des phénomènes d’aller-retour et de procédure sans fin ? » interroge le sénateur qui demande plus d’informations sur la « nature, le nombre et l’ampleur des sanctions ».

Sans véritable réponse, la ministre affirme néanmoins souhaiter davantage de célérité dans le traitement des affaires. « Je vous rejoins dans le sens où, suivant les affaires, il faut qu’on accélère et qu’on mette les moyens, au niveau des actions, rien ne sera abandonné », assure la ministre.

La ministre veut unifier le système de signalement pour lutter contre un « climat de peur » avec une application ad hoc

Pour convaincre les sénateurs de son engagement, la ministre de l’enseignement supérieur a également détaillé les principales mesures mises en place pour améliorer la détection et la remontée des actes antisémites au sein des universités. Pour lutter contre ce « climat de peur inacceptable », Sylvie Retailleau rappelle que le gouvernement a mis en place un système de signalement ad hoc après le 7 octobre. « Ce sont 244 faits qui ont été remontés, dont 214 manifestations individuelles ou collectives favorables à la Palestine et susceptibles d’entraîner des troubles à l’ordre public et 30 actes de types intimidation, violence, menace, ou apologie du terrorisme et du nazisme », explique la ministre. Néanmoins, « toutes les manifestations pro palestiniennes sont recensées, il faut donc prendre des précautions avec ce chiffre élevé » tempère Sylvie Retailleau. Enfin, la ministre a détaillé le nouveau système globalisé de signalement qui doit être déployé à partir de janvier 2025 et doit permettre, à travers l’application « Dialogues », d’effectuer directement des témoignages pour les victimes de discriminations, d’actes ou de propos antisémites. Enfin, concernant le cadre des procédures disciplinaires, la ministre s’est refusée à envisager la modification de celui-ci puisqu’il a été créé en 2020.

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