ECOLE DE LANTA
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Education : les sénateurs vont réduire de 4.000 à 2.000 le nombre de suppressions de postes

Dans le cadre du budget, le sénateur (apparenté LR) de l’Oise, Olivier Paccaud, va défendre la division par deux du nombre de postes supprimés l’an prochain dans l’enseignement. Une mesure qu’il finance en piochant 74 millions d’euros dans le pacte enseignant. L’amendement est soutenu à l’unanimité par la commission des finances du Sénat.
François Vignal

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C’est l’une des mesures d’économie du budget les plus remarquées : la suppression de 4.000 postes dans l’Education nationale l’an prochain. Une coupe jugée trop forte par les sénateurs, qui vont diviser par deux le nombre de postes supprimés. Et la droite porte la mesure.

« Plus raisonnable pédagogiquement et territorialement », défend Olivier Paccaud

Le sénateur (apparenté LR) de l’Oise, Olivier Paccaud, va en effet défendre un amendement qui fait « passer de 4.000 à 2.000 suppressions de postes ». Soutenu par le rapporteur général du budget, le sénateur LR Jean-François Husson, il a déjà été adopté jeudi dernier en commission des finances à l’unanimité, avec le soutien de la gauche. Un amendement similaire de la commission de la culture et de l’éducation va aussi dans le même sens. Reste maintenant à le présenter et à adopter formellement cet amendement en séance, dans l’hémicycle.

Olivier Paccaud, qui a négocié directement avec Matignon et le ministère de l’Education, défend « une position responsable ». « On ne peut pas ne pas tenir compte de la natalité et de la démographie scolaire en chute. Vouloir zéro suppression de poste serait démagogique et irresponsable. Mais adapter la mesure avec une moindre baisse nous semble beaucoup plus raisonnable pédagogiquement. Cela permet de continuer à améliorer le taux d’encadrement. Et ça nous semble beaucoup plus raisonnable territorialement. Car la baisse du nombre de professeurs concernerait avant tout la ruralité », avance le rapporteur spécial de la commission des finances sur la mission éducation.

« Limiter la casse »

Avec les 4.000 suppressions de postes, « trois fermetures de classes sur quatre sont en zone rurale. C’est pour limiter la casse ». Le sénateur de l’Oise met en garde contre les conséquences :

 Les fermetures de classes auraient des effets politiques terribles, ça nourrit le carburant des démagogues, il ne faut pas se raconter d’histoire. 

Olivier Paccaud, sénateur (apparenté LR) de l'Oise.

Le sénateur finance la mesure en allant chercher « 74 millions d’euros » sur le pacte enseignant, qui voit son budget progresser de 100 millions d’euros, de 700 à 800 millions d’euros. Si bien que la mesure « ne coûte rien » globalement. Avec la création de 2.000 postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), prévue par le gouvernement, « cela ferait un solde de zéro dans l’Education nationale », se félicite Olivier Paccaud.

Quelle sera la position du gouvernement ?

Reste à voir quelle sera la position du gouvernement, où deux lignes semblent s’opposer. La ministre de l’Education nationale, Anne Genetet, avait estimé dans La Tribune Dimanche que des « évolutions » étaient possibles lors du « débat parlementaire », assurant s’être « battue pour augmenter les moyens de l’école ». En présentant son amendement, Olivier Paccaud pourrait ainsi donner un coup de main aux ministres de la rue de Grenelle et leur rendre service, en faisant ce qu’ils ne peuvent pas faire, à savoir aller contre l’arbitrage rendu. Pas sûr en revanche que Matignon soit enchanté.

Si l’amendement est bien adopté au Sénat, ce qui devrait être le cas, et qu’il est conservé en CMP, ce qui est possible aussi, son sort sera scellé par le gouvernement lors du probable 49.3. Il faudra voir si le gouvernement est prêt à assumer de rester sur sa ligne des 4.000 suppressions de postes, décision de plus en plus critiquée.

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