“Faute de places en crèche, nous avons renoncé à avoir un troisième enfant”, déplore cette maman 

Les places en crèche sont-elles un levier décisif pour relancer la natalité ? C’est en tout cas parce qu’ils avaient essuyé des refus pour chacun de leurs deux enfants qu’une jeune maman et son conjoint ont renoncé à avoir un troisième enfant. En cause : le coût très élevé d’une garde effectuée par une assistante maternelle. Sur le plateau de l’émission Dialogue Citoyen, la jeune mère demande aussi aux sénateurs que la transparence des critères d’attribution des places devienne obligatoire.
Guillemette Halard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Comme beaucoup de parents, pour faire garder ses enfants avant leur entrée à l’école, Céline Tisserand rêvait d’une place en crèche. « Tout d’abord parce que je trouve que cela facilite la sociabilité de l’enfant”, met-elle en avant, mais aussi parce que ce système est plus accessible financièrement. Après des appels et courriers répétés, elle se heurte à deux refus. Le couple se tourne alors vers des assistantes maternelles. Une solution qui leur coûte au minimum 1250 euros par mois, soit 1/5 ème de leurs salaires, et les oblige à de nombreux sacrifices non seulement financiers, comme partir en vacances, mais aussi très personnels. « Nous voulions un troisième enfant, mais avec mon mari, regrette la jeune femme, nous avons renoncé à ce projet. Financièrement, nous ne pouvons pas nous le permettre. »

Travailler peut-il être un désavantage pour avoir une place en crèche ?

Un refus inexpliqué de la part de la mairie, et qui laisse Céline Tisserand désemparée. « Nous n’avons jamais eu de réponse officielle. Seulement une personne, au téléphone, en off, parce que j’insistais, qui m’a expliqué que nous étions au-dessus des tarifs de la CAF, que nous n’étions pas prioritaires, et que le fait de travailler tous les deux était même limite un handicap. Mais je ne comprends pas : comment cela peut-il être un facteur négatif ? Dans mon monde, ce sont les personnes qui travaillent qui ont justement besoin d’une garde à plein temps. Faut-il arrêter de travailler pour avoir la chance d’avoir une place en crèche ? Pourquoi ne rend-on pas obligatoire la transparence des critères d’attribution des places ? »

La transparence des critères d’attribution des places en question

Face au récit de Céline, les sénateurs acquiescent. “Mme Tisserand a raison, opine la sénatrice (LR) du Lot-et-Garonne Christine Bonfanti-Dossat. C’est lorsque les deux parents travaillent qu’ils ont le plus besoin de faire garder leurs enfants, tout cela est à revoir.” Le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli va même plus loin. “C’est une évidence qu’il faut une transparence concernant ces attributions, certaines collectivités organisent d’ailleurs des commissions d’attribution avec des citoyens, des élus de l’opposition, etc. Par ailleurs je pense effectivement que nous devons nous engager, au niveau de l’État, pour avoir un référentiel national sur l’attribution des places.” Davantage de berceaux dans les crèches pourraient-ils être le levier le plus efficace pour enrayer la baisse de la natalité et pour “réarmer démographiquement” la France, comme le souhaitait le président ? Dans le cas de Céline et son époux, cela aurait en tout cas été décisif.

Retrouvez l’intégralité de l’émission en replay ici.

Partager cet article

Dans la même thématique

“Faute de places en crèche, nous avons renoncé à avoir un troisième enfant”, déplore cette maman 
4min

Éducation

« Les écrans créent une rupture empathique dans la société » alerte Gilles Vernet, le banquier devenu instituteur

J.P. Morgan, UBS, il avait une carrière toute tracée dans la banque, avant de tout abandonner pour devenir prof. Un enseignant qui a tiré de son expérience auprès des enfants des films et des livres. Autant de réflexions sur notre rapport au numérique et à l’avidité du monde. Gilles Vernet était l’invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission « Un monde, un regard ».

Le

Compte personnel de formation : les modalités d’utilisation et les exigences de qualité dans le viseur du Sénat et du gouvernement
8min

Éducation

Compte personnel de formation : les modalités d’utilisation et les exigences de qualité dans le viseur du Sénat et du gouvernement

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou veut réformer les règles dans l’emploi du CPF, cette enveloppe dont dispose chaque salarié pour financer des formations. Il souhaite privilégier des formations menant à un emploi. Un récent rapport du sénateur Emmanuel Capus (Horizons) appelle aussi à s’appuyer sur des mesures de régulation « pour orienter les travailleurs vers les formations utiles à la Nation ».

Le

UNIVERSITE TOULOUSE 1
5min

Éducation

Universités : vers une hausse des frais d'inscription ?

Un rapport remis au gouvernement mercredi suggère plusieurs pistes pour éviter « l'appauvrissement » des universités, notamment multiplier par cinq les frais d'inscription pour les étudiants français. La hausse des frais d'inscription figurait déjà parmi les pistes d'une mission d'information du Sénat rendue publique l'année dernière et avait divisé les élus.

Le