Paris: weekly session of questions to the government
French minister of Public Action and Accounts Gabriel Attal during the weekly session of questions to the government at the French National Assembly. Paris, FRANCE-18/07/2023//01JACQUESWITT_qag051/Credit:Jacques Witt/SIPA/2307181744

Gabriel Attal à l’Education nationale : « Il y aura peut-être un vrai ministre rue de Grenelle »

Alors que Gabriel Attal remplace Pap Ndiaye à l’Education nationale, la droite sénatoriale se félicite de la sortie du gouvernement d’un ministre très critiqué par la majorité sénatoriale, et appelle le futur ministre à profiter de son poids politique pour « arrêter les zig zags. » À gauche, on espère que Gabriel Attal se saisira de la question de la mixité sociale dans le privé.
Louis Mollier-Sabet

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Le moins que l’on puisse dire c’est que Max Brisson était loin de porter Pap Ndiaye dans son cœur. Le sénateur LR, ancien inspecteur général de l’Education nationale et rapporteur d’une loi sur « l’École de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité » en avril dernier, ne mâche pas ses mots sur le désormais ex-ministre de l’Education nationale, « pire ministre » de ces dernières années d’après lui.

« Depuis un an, le ministère avait été délocalisé à l’Elysée »

Concernant son successeur, Gabriel Attal, Max Brisson ne veut « pas avoir d’a priori » et juger sur pièces. Le sénateur LR concède tout de même que l’ancien ministre des Comptes publics « aura plus de poids politique » que n’avait Pap Ndiaye. « On va pouvoir éviter que le Président de la République ne fasse toutes les annonces importantes. Depuis un an, le ministère avait été délocalisé à l’Elysée, peut-être qu’on aura maintenant un vrai ministre de l’Education nationale », estime-t-il.

Max Brisson espère tout de même que cette nomination marque la fin des « zigzags » de la politique scolaire d’Emmanuel Macron depuis 2017 : « Il est urgent que le ministre fixe un cap définitif à la politique d’éducation de ce gouvernement, parce qu’on ne pouvait pas avoir deux ministres aussi différents que Jean-Michel Blanquer et Pap Ndiaye. Le ministère de l’Education Nationale est victime du ‘en même temps’, avec deux ministres qui ont eu des visions diamétralement opposées. On peut penser que Gabriel Attal sera plus dans la ligne de Jean-Michel Blanquer, mais nous verrons. En tout cas il faudra se tenir à la ligne, parce qu’à force de faire un coup à gauche, un coup à droite, on finit par tomber dans le fossé. »

Ecole privée : « Pap Ndiaye a été bloqué par l’Elysée »

Pourtant, Gabriel Attal est un peu un spécialiste des coups de barre à gauche et à droite. « Un ancien camarade socialiste », plaisante Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine, où Gabriel Attal est conseiller municipal à Vanves depuis 2014. « Il y a du boulot », lâche Pierre Ouzoulias, qui cite notamment la réforme du bac, la jonction avec l’université et le rétablissement de la confiance avec les enseignants, entamé par le « caporalisme à la Blanquer. »

D’après lui, « Pap Ndiaye est resté trop peu longtemps » pour s’attaquer à ces chantiers. Et le sénateur communiste attend d’ailleurs le nouveau ministre sur un point en particulier : la question de l’enseignement privé. « Pap Ndiaye a abordé ça par le bon sens, et il a été complètement arrêté par l’Elysée qui a dit qu’on ne touchait pas à l’Ecole privée. » Mais le nouveau ministre, qui a passé toute sa scolarité à l’Ecole Alsacienne, en fera-t-il une priorité ?

« Il vient des Hauts de Seine comme moi », veut croire Pierre Ouzoulias. « Donc il doit savoir que l’indice de position sociale [IPS] des établissements de Neuilly c’est le double de Gennevilliers ou que celui de Vanves c’est le double de celui de Bagneux. Il faut une intervention de l’Etat là-dessus. » Et Pierre Ouzoulias d’ajouter, pour élargir la question au-delà du cas particulier de Gabriel Attal : « Les élites de droite comme de gauche ont déserté l’Ecole publique. »

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