Cinq ans après la mort de Samuel Paty et deux ans après celle de Dominique Bernard, l’émotion reste vive dans le monde enseignant. Ces hommages interviennent alors que le malaise dans la profession demeure profond. Le ministre de l’Éducation nationale a précisé que, durant la semaine, « un temps d’analyse et de réflexion avec les élèves pourra également être organisé ». Sa forme et sa durée seront laissées « à l’appréciation des équipes pédagogiques, en fonction de leurs situations respectives ».
Samuel Paty et Dominique Bernard, symboles de la liberté d’enseigner
Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, 47 ans, professeur d’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), était assassiné et décapité par Abdoullakh Anzorov, un jeune homme radicalisé d’origine tchétchène. Avant son acte, le meurtrier avait revendiqué son crime sur X (anciennement Twitter) en déclarant : « J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad [Mahomet], calme tes semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment. »
Presque trois ans plus tard, le 13 octobre 2023, Dominique Bernard, professeur de français âgé de 57 ans au collège Gambetta-Carnot d’Arras (Pas-de-Calais), était à son tour tué de plusieurs coups de couteau dans l’enceinte de son établissement par l’un de ses anciens élèves.
Une profession en crise
Selon l’enquête TALIS (Teaching and Learning International Survey), « enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage » publiée le 7 octobre par l’OCDE, le malaise enseignant reste alarmant. Seuls 4 % des professeurs français estiment être valorisés par la société, contre 20 % en moyenne dans les autres pays membres de l’organisation. Ce chiffre, déjà faible est en réelle baisse depuis les autres années.
Le Sénat formule 38 recommandations pour mieux protéger les enseignants
Un an plus tôt, le sénateur Pierre Ouzoulias avait déposé une proposition de loi visant à accorder de plein droit la protection fonctionnelle aux enseignants qui en font la demande. Dans le même temps, une commission d’enquête du Sénat s’est intéressée aux menaces et agressions dont sont victimes les personnels de l’Éducation nationale. Remis en mars 2024, son rapport final formule 38 recommandations destinées à renforcer la sécurité et la protection des enseignants. Ce qui a donné naissance à la proposition de loi visant à « protéger l’école de la République et les personnels qui y travaillent », portée par Laurent Lafon, président centriste de la commission de la culture et de l’éducation du Sénat. Adoptée au Sénat, elle n’a toujours pas été votée par l’Assemblée nationale.